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quel font subordonnées les différentes par-ties qui le composent.
On.peut remarquer dans les ouvrages desphilosophes trois sortes de principes , d’oùí'e forment trois sortes de systèmes. Les unsfont des maximes générales ou abstraites.On exige qu’ils soient íi évidens ou si biendémontrés , qu’on ne les puistè révoqueren doute. La vertu que les philosophes leurattribuent eít si grande , qu’il étoit naturelqu’on travaillât à les multiplier. Les méta-physiciens se sont en cela distingués. Des-cartes , Mallebranche , Leibnitz, &c. cha-cun à s envi nous en a prodigué ; & nousne devons plus nous en prendre qu’à nous-mêmes, si nous ne pénétrons pas les chosesles plus cachées. Les principes de la secondeespece sont des suppositions qu’on imaginepour expliquer les choses dont on ne sauraitd’ailleurs rendre raison. Si les suppositionsne parodient pas impossibles , & si ellesfournissent quelque explication des phéno-mènes connus, les philosophes ne doutentpas qu’ils n’aient découvert les vrais restòrtsde la nature. Une supposition qui donnedes dénouemens heureux , ne leur paroîtpas pouvoir être fausse. De-là cette opinionque l’explication des phénomènes prouvela vérité d’une supposition , & qu’on nedoit pas tant juger d’un fy flème par ses prin-cipes , que par la maniéré dont il rend rai-son des choses. C’est l’inl'ustisance des maxi-mes abstraites qui a obligé d avoir recoursà ces sortes de suppositions. Les métaphy-siciens ont été aussi inventifs dans cette se-conde espece de principes que dans la pre-mière. Les troisièmes principes font desfaits que l’expérience a recueillis, qu’elle aconsultés & constatés. C’est fur les princi-pes de cette derniere espece que sont son-dés les vrais systèmes , ceux qui mérite-raient seuls d’en porterie nom. Conséquem-ment à cela Rappellerai systèmes abstraitsceux qui ne portent que sur des systèmesabstraits ; hypothèses , ceux qui n’ont quedes suppositions pour fondement ; & vraissystèmes , ceux qui ne s’appuyent que furdes faits bien prouvés.
M.. 1 abbé de Condillac , dans son traitédçsjystemcí , s’est appliqué sur-tout à dé-crire tous les jf 'yflèmes abstraits. Selon lui,U y a trois fortes de principes abstraits en
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usage. Les premiers font des propositionsgénérales exactement vraies dans tous lescas. Les seconds font des propositionsvraies par les côtés les plus frappans ; &que pour cela on est porté à supposer vraiesà tous égards. Les derniers font des rap-ports vagues qu’on imagine entre des cho-ses de différente nature. Les premiers neconduisent à rien. Qu’un géomètre , parexemple , médite tant qu’il voudra cesmaximes , le tout est égal à toutes Jes par-ties j à des grandeurs égales , ajoute^ desgrandeurs égales , les tous feront égaux jajoutig-en d’inégales , ils feront inégaux :aura-t-il là de quoi devenir un profondgéomètre ? S’il n’est donné à aucun hommede devenir , après quelques heures de mé-ditation , un Coudé , un Turenne, un Ri-chelieu , un Colbert ; quoique fart mili-taire , la politique & les finances aient,comme toutes les autres sciences,leurs prin-cipes généraux , dont on peut en peu detemps découvrir toutes les conséquences :pourquoi un philosophe deviendroit-il tout-à-coup un homme savant, un homme pourqui la nature n’a point de secrets ; & celapar le charme de deux ou trois proposi-tions ? Ce seul parallèle suffit pour fairevoir combien s’abuíent ces philosophesspéculatifs , qui apperçoivent une si grandefécondité dans les principes généraux. Lesdeux autres ne menent qu’à des erreurs.Et c’est ce que fauteur du traité dessystèmes prétend prouver , par les différonssystèmes qu’il parcourt. Bayle , Descartes,Mallebranche , Leibnitz , fauteur de l’ac-tion de Dieu fur la créature , & Spinosa ,lui fouijustent des exemples de ce qu’ilavance. En général le grand défaut dessystèmes abstraits, c’est de rouler fur desnotions vagues & mal déterminées, fur desmots vuides de sens , fur des équivoquesperpétuelles. M. Loke compare ingénieu-sement ces faiseurs de systèmes à des hom-mes qui, fans argent òé fans connoiíïàncedes especes courantes , compteroient degrosses sommes avec des jetons, qu’ils ap-pelleraient louis , livre , écu. Quelquescalculs qu’ils rissent, leurs sommes ne fe-raient jamais que des jetons : quelquesraisonnemens que fastènt des philosophes àsystèmes abstraits , leurs conclusions ne