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Tome trente-deuxième.
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deux à deux ? Ce qui peut confirmer cetteprésomption , c’est qu’il n’y a pas de mu-sicien qui n’ait éprouvé qu’il sentoit très-bien, & qu il avoir méme de la peine àdétourner de son esprit la bafie d’un chantqui lui paroissoit bien fait. La mélodie seuletait donc souvent pour nous l’cffct del’harmonie. M. Rameau paroît dans tousses écrits en avoir été convaincu. Or, siun chant bien fait nous fait sentir fa baise,quoique chanté fans accompagnement , àplus forte raison doit-on croire qu’il serasentir la note fondamentale. Car puisquecette baise fait fur nous à peu près le mê-me eíFet qu’elle feroit fi nous l’entendions,il s’enfuit qu’elle doit nous rendre sensiblele troisième son produit dans l’expériencede M. Tartini. 11 est vrai que ce troisièmeson ou cette note fondamentale fera assezsouvent incertaine dans un commence-ment , & peut-être même dans tout lecours d’unc piece. Qu’un chant , parexemple, commence par ces notes/o/, si,re , il me paroît certain que f oreille déci-dera d'abord que la fondamentale est fol& non pas ut ; f accompagnement, s’il yen a , favorisera encore ce préjugé" : maisquand dans la fuite de la piece , on enten--L _ T _ -L

dra ut , mi , la , & c. toutes notes qui nepeuvent point se trouver dans Téchelle har-monique de/òhquand le chant montera oudescendra par intervalles diatoniques ouchromatiques , je crois qu’alors l’oreillesera surprise ;■ la fondamentale qu’elfe auradéterminée d’abord lui deviendra pour lemoins incertaine, & c’est par là principale-ment que la tonique , qui, dans toute lapiece , sera constamment décidée , auraplus d'empire fur l’oreille que la fondamen-tale ; mais cela n’empëchera pas, que lafondamentale ne fasse aussi qtielqii’imprçf-sion , & c’est ce qui sera bien établi, si , dequelque mode que ce soit, on peut pastèrd’une maniéré tròs-agréable pour l’oreilleau genre dans lequel est la tonique.

11 nous paroît donc nécessaire d’éludernon-seulement le caractère propre à cha-que mode pris séparément ou d’une ma-niéré isolée , mais encore de s’appliquer àconnoîtrc leurs effets quand ils fe succèdentpu quand ils sont comparés entr’eux. Tçl

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mode paroîtra très-brillant s’il est précédéd’un certain mode , & le paroitroit moinss’il étoit précédé d’un autre. Ce qui ,je crois, ne pourra être attribué qu’á lafondamentale , qui fe fera sentir dans lenouveau mode plus ou moins que dans leprécédent.

Les modes peuvent être regardés commeanalogues eiitr’eux,lorsque les toniques for-ment un intervalle consonnant,ou quand ilsc trouve dans leurs échelles plusieurs inter-valles semblables ; car plus les toniques for-meront un intervalle consonnant, & plusil se trouvera d’intervalles semblables dansles deux échelles. Par exemple , l’inter-valle le plus consonnant est fans doute l’oc-tave,& tous les intervalles du genre diatoni-que fe retrouvent exactement dans le genrechromatique. Ainsi ces genres , se diato-nique & se chromatique,sont très-analoguesentr’eux. On peut donc passer du diatoni-que au chromatique, fans que ce passagefasse fur l’oreille une impression très-vive.n Les Grecs ( dit M. de Monrucla ) chan-» geoient dans une même piece de genre,„ en passant du diatonique au chromati-„ que, à l’enharmoniquc, &c. » Après legenre chromatique , le mode 1e plus ana-logue au genre diatonique est le mode defol, parce qu’après l’intervalle d octave ,celui de quinte est le plus consonnant. Onretrouve effectivement dans le mode ác solles principaux intervalles du mode d'ut. Laquinte sol, re f , la tierce majeure sol ,Ji f,la sixte sol : mi f , la tierce mineure Jì re&c. font tous des intervalles qui fe retrou-vent dans le genre diatonique , & qui enfont les principaux. Après le mode de solle plus analogue au genre diatonique est lemode de mi , ensuite le mode de , lesautres modes ne paroisient avoir aucuneanalogie avec ut , & par-là méme ils meparoissent plus propres à certaines expres-sions.

Dsef on peut donc passer en sol ou enmi , mais moins naturellement , on en ,mais moins naturellement encore ; & dechacun de ces trois modes on peut reve-nir à la fondamentale ou au genre. Voilàtout ce que je crois pouvoir dire assez légi-timement fur la modulation Ne connois-fant pas le caractère propre à chacun des