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Tome trente-deuxième.
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» Donnerois-je saumoné à im homme» qui chante après que les vents ont mist> son vaisseau en pieces ? Ne chantes-tu,, pas toi-même dans le même temps que„ ce tableau qui est à ton col , te re-„ présente parmi les débris de ton nau-* frage » ?

Les autres alloicnt consacrer ce mêmetableau dans le temple du dieu auquelils s’étoient adrestès dans le péril, & ausecours duquel ils croyoient devoir leursalut.

Cette coutume passii plus avant , lesavocats voulurent s’en servir dans le bar-reau , pour toucher les juges par la vuede la misere de leurs parties & de ladureté de leurs ennemis, n Je n’approu-» verai pas , dit Quintilien , /. VI. c. j.» ce que l’on faisoit autrefois, & ce que» j’ai vu pratiquer moi-même lorsque l’on„ mettoit au-dessus de Jupiter, un tableau», pour toucher les juges par l’énormité« de faction qn’on y avoir dépeinte ».

Ce n’est pas encore tout ; ceux quiétoient guéris de quelque maladie , alloientconsacrer un tableau dans le temple dudieu qui les avoir secourus, & c'est ceque nous fait entendre ce paíîàge de Ti-Jpuile. Eleg. I. livre I.

Nunc , dea , nuncsucurre mihi , nam pojsemedeiì

Vicia docet templis multa tabella tuis.

», Déeste , secourez-moi maintenant ; car„ tant de tableaux qui sont dans vos tem-» pies , témoignent bien que vous avezv le pouvoir de guérir ».

C’est fur cela que les premiers chré-tiens , lorsqu’ils se relevoient de maladie ,offroient au saint dont ils avoient éprouvéle secours, quelques pieces d’or ou d’ar-gent, fur lesquelles étoit gravée la partiequi avoir été malade. Et cette même cou-tume dure encore aujourd'hui ; car onvoit des gens qui, après être relevés demaladie, se font peindre eux-mêmes dansle triste état où ils étoient, Lt qu’ils dé-dient ce tableau au saint par l’interceslionduquel ils ont obtenu leur guérison.

Récapitulons en deux mots les sujetsdes tableaux votifs. Ceux qui s’étoient

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sauvé? du naufrage, fuioient représenterleur avanture sur un tableau qu’iis confa-croient dans le temple du dieu à qui ilscroyoient devoir leur íùlut ; ou bien ilsle portoient pendu à leur col, pour attirerla compassion & les charités du public.Les avocats employoient aussi quelquefoisce moyen pour toucher les juges , en leurexposant la misere de leurs parties , & lacruauté de leurs ennemis. Enfin ceuxqui relevoient de quelque fâcheuse ma-ladie , consacraient souvent un tableau audieu à qui ils attribuoient leur guérison.

Comme Diagoras étoit dans un templede Neptune , on lui montra plusieurs ta-bleaux , monumens de reconnoissanceofferts par des personnes échappées dunaufrage. Douterez-vous, après cela , luidisoit-on , de 1 heureuse puislànce de cedieu ? Je ne vois point , reprit—il , lestableaux de ceux qui ont péri malgré toutesleurs promesses. Autre réflexion.

Tant de tableaux votifs de voyageurséchappés au naufrage , dévoient défigurerétrangement les autels de Neptune ; maisde telles institutions étoient nécessairespour maintenir les hommes fous la puis-sance des divinités. Horace se moquoit dece que lui dit Egnatia, que l’encens brûloir& fumoir de lui-même fur une pierresacrée ; mais ce prétendu miracle en im-posoit utilement aux imaginations foiblesde la populace. ( D. J. )

Tableau , ( Litterat. ) ce font desdescriptions de passions , d’événemens , dephénomènes naturels qu’un orateur ou unpoète répand dans fa composition , oùleur elFet est d’amuset , ou d’étonner,ou de toucher , ou d’effrayer, ou d’i-miter , &c.

Tacite fait quelquefois un grand tableauen quelques mots ; Boíîùet est plein dece genre de beautés ; il y a des tableauxdans Racine & dans Voltaire ; on entrouve même dans Corneille. Sans fartde faire des tableaux de toutes sortes decaractères , il ne faut pas tenter un poèmeépique ; ce talent essentiel dans tout genred’éloquence & de poésie, est indispensableencore dans l’épique.

TABLEAU , (Musique.) Ce mcts’em-ploie souvent en musique pour désigner