TAC
temps que nous n’employons, pour ac-quérir la même connoiíïànce des objetsqui nous environnent. Mais la nature apourvu suffisamment à nos besoins , ennous accordant les puissances de corps& d’esprit convenables à notre destina-tion. Dites-moi que! seroit l’avantaged’un toucher plus étendu, plus délicat,plus rafiné , fi toujours tremblans nousavions fans cesse à craindre que les dou-leurs & les agonies ne s’mtroduihstênten nous par chaque pore ? C est Popequi fait cette belle réflexion dans le lan-gage des dieux ;
Say w ah t the use , were finer senses given
And touch , iftremblingly aUve ail o’er
To smart and agonixe at ev'ry pore ?{Le chevalier de J a ucouRT. )
Tact des insectes, ( ílist. nat.)la plupart des infectes semblent erre douésd’un seul sens, qui est celui du tacl , cari!^ ne parodient pas avoir les organesdes autres sens. Les limaçons , les écre-vistes, les cancres se servent du toucherpour suppléer au défaut des yeux.
Ce sens unique & universel, quel qu’ilsoit dans les insectes , est fans comparaiíonplus lin & plus exquis que le nôtre. Quoi-qu’il s’en trouve plusieurs qui ont f usagede l’odarat, de la vue & de louie , ilest aisé de comprendre que la délicatessede leur tacl peut suffire à toutes leursconnoislances ; l’exhalaifon de la main quis’avance pour prendre une mouche , peutrecevoir par le mouvement une alérationcapable d'assecter cet infecte d’une maniéréqui l’oblige à s’envoler. D ailleurs on alieu de douter qu'une mouche voit la mainqui, s’approche , parce que de quelquecôté qu’on l’avance, elle lent également,& qu’il n’y a pas plus de facilité à laprendre par -derrière que- par-devant.Quand un papillon fe jette dans la flammed une chandelle , il y est peut-étre plutôtattiré par la chaleur que par la lumière ;enfin, parmi les insectes qui excellent dansla subtilité du toucher, on doit compterles fourmis & les mouches ; je croiraismême que la subtilité du tacl de la mouchel’emporce sur celui de f araignée ç en
TAC $ot'
échange, la mouche ne paraît avoir nîgoût fin , ni odorat subtil. Il est du moinsconstant qu’on empoisonne les mouchesf Vec î otpin minéral, dont l’odeur &le goût font assez forts pour devoir dé*tourner cet infecte d’en goûter. {D. 7.)
! A / CT en ^ llrar g ie , de la gue’rison desmaladies par le tacl. Les auteurs ancienè& modernes rapportent comme une éhosemerveilleuse , & en même-temps commeun fait positif la guérison de plusieursmaladies incurables ou opiniâtres, par leseul attouchement. Le roi Pyrrhus passoit'.pour avoir la vertu de guérir les mteleuxen pvessaht doucement de son pié droìcle viscère des malades couchés fur le dos ,après avoir fait le sacrifice d’un coq blanc.On lit dans Plutarque qu’il n’y avoit pointd’homme íi pauvre ni si abject auquel ilne fit ce remede, quand il en étoit prié jpour toute reconnoistânce il prenoit le cOcgmême qui avoit été sacrifie ,, & ce présentlui étoit très-agréable. Suétone attribuapareillement aux empereurs Adrien &c Ves-paíìen la vertu de guérir plusieurs mala-dies ; & Dion rapporte qu’Agrippa faisoitdes cures singulières par le pouvoir d’uaanneau qui avoit appartenu à Auguste.Des naturalistes ne voyant aucun rapportentre la cause & fesser prétendu ,, ont•regardé ces oeuvres comme des illusionsSe des prestiges dont le diable étoit f opé-rateur, par la raison que ces princes étoientpayens, & qu il est impossible au diablede faire de vrais puiracles. 'C est une desraisons que donhér Gaspard à Rejés dansson livre, intitule : Elyfias jucundarun »quceftioniim campas. JVIais cet auteur 'qui’n'a point de principòs. ■ fixes , prétendailleurs que la vanité- dos princes , labastésse des courtisans 6c la superstitiondes peuples ont été la source des singu-lières prérogatives qu’on a attribuées auxmaîtres du monde qui vouloienc exciter 11 admiration en s’élevant au-dessús de facondition humaine. Bientôt après il changed opinion , òc cioit que la nature opérédes merveilles en faveur de ceux qui doi-vent commander aux autees hommes, &que Dieu a pu accorder, mime à desprinces payens, des dons & des privilègesextraordinaires. C’est ainsi , dic-il, quç