Band 
Tome trente-deuxième.
Seite
537
JPEG-Download
 

T A I

tique da Jardinage , d’après la physiquedes végétaux.

I. M. de la Quintinie parlant de la tailledes arbres , dit, tout le monde coupe , maispeu savent tailler. La taille des arbres estcontre nature. Ils ne furent point faits ori-ginairement pour être troublés & arrêtésdans leur action de végéter, & par consé-quent pour être coupés, tailladés, raccour-cis, élagués, ébottés & tourmentés en mille& mille maniérés. Ces opérations toujoursdouloureuses pour eux dans un sens , &ces incisions dérangent à coup sûr, & trou-blent Tordre St le mécanisme de leurs par-ties organiques ; elles dérangent aussi lacirculation St le mouvement de la seve , àqui on fait prendre un cours tout opposéà celui qui est réglé par la nature. Ainsidonc en abattant toutes les branches dudevant St du derriere d’un arbre en espa-lier , réduisant un arbre en buiílbn , en luifaisant prendre une forme évasée horizon-talement , ou-bien encore en réduisant lesbranches de tout arbre que ce puisse être àune certaine longueur seulement : enfin enles supprimant les unes ou les autres , onforce la feve qui alloit vers ces branches ,ou taillées ou supprimées, de fe porter dé-formais vers celles qui restent, & à pousserde nouvelles branches , à la place de cellesqu’on lui ravit.

Les arbres des forêts St ceux de la plu-part des vergers ne font point taillés ; desuns St des autres la feule nature prendfoin. Cette sage mere pourvois à leur re-nouvellement par quantité de moyens qu’ilferoit trop long de rapporter ici.

II. Les seuls maîtres Lt les modelés lesplus parfaits que nous ayons pour la tailleainli que pour la culture des arbres fontles gens de Montreuil, proche d-- Parisau-dessus de Vincennes. Là est un nomméFepin , le plus expert, fans contredit pourla taille St le régime des arbres de toutenature , pour les raisins chafTehs St pourtout ce qui est du ressort de T agriculturejardiniere. Leurs altesses madame la Prin-cesse de Conti St le prince son fils, ont faitThonneur à ce grand agriculteur de visiterses arbres ; ils ont été émerveillés de leurvaste étendue, ainsi que de la beauté Stde la quantité des fruits. Jamais les Girar-Tome XXXII,

T AI 537

dot , qui furent en leurs temps si renom-més , St les copistes de Montreuil, ne pouf-fèrent íi loin la capacité St la perfection ence genre.

I\ e .st nécessaire de dire ici, que tous lesjardiniers vulgaires qui s’ingerent de parlerde Montreuil, n’en savent pas le premiermot, pas davantage que fauteur du traitéde la culture des pêchers , le plus novicede tous , tant pour les arbres , que pour cequi concerne le travail de Montreuil. II estdans les habitans de ce lieu un goût innéSt une physique instrumentale & expéri-mentale pour la taille &c la culture des ar-bres , qui font tels qu’il n’y a que ceux quifont initiés aux grands mystères de la végé-tation , qui puislènt y connoître quoi quece soit ; c’est Talcoran pour tous les autres.

III. On doit considérer principalementdeux choses dans la taille des arbres ; savoir,le matériel St le formel. Le premier con-siste dans faction de la taille , qui est deraccourcir St d’ampurer les branches , cepourquoi il ne faut que des bras' St un ins-trument en main. Le deuxieme est le mo-dus ou fart, findustrie , le goût , TordreSt la méthode de raccourcir St d’amputer ;ce point est fart des arts.

On peche , quant à faction de tailler lesarbres , en quantité de maniérés. Jetiezles yeux fur tous les arbres de tous les jar-dins. Qu’apperçoit-on autre chose que deschicots , des argots , des onglets, des boismorts, des mousses, des gales, de vieillesgommes cariant les arbres de fruit à noyau ,des chancres , de vieilles plaies non recou-vertes & desséchées , des faux bois , desbranches chiffonnes, à quoi ajoutez lescoupes défectueuses ?

Le plus grand nombre des jardiniers esttellement accoutumé à voir toutes ces cho-ies , qu’ils ne les apperçoivent point, & lecommun des hommes qui ne s’y connoit pas ,n’y prend point garde. Mais pour douterune idée de toutes ces choses , qui font lasource de la ruine & de finíécondité desarbres : voici en abrégé ce cm’elîes font

Chicots. On appelle ainsi l es restes ‘desbranches , soit mortes, soit vivantes, qui,

a / u , ll . e iyl etr , e C , 0U i PeeS près de í’écorce , ontete laissees de la longueur d’un pouce plus

ou moins, ct jamais la feve ne peut re—

Y y y