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Tome trente-deuxième.
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aux gourmands ne peut absolument refluerdans les branches fructueuses quand on abatles premiers.

La raison en est simple. La seve qui passedans les gourmands étant groíìiere , nondigérée & affinée , i! est impossible qu’ellepuisse entrer dans les branches fructueuses.De même que la seve destinée pour lesbrindilles & pour les lambourdes ne peutrefluer dans les gourmands , parce qu’ellcn est travaillée que pour être envoyée danscelles-là : de même la seve propre auxgourmands ne peut être reçue dans lesbranches fructueuses , dont les pores & lesfibres font toujours maigres & secs. Lapreuve en résulte du fait. Vous abattez lesgourmands , & les autres branches non-seulement n’en profitent pas davantage ;mais il arrive toujours que dès que voussevrez tout arbre de ses gourmands , dès-lors il languit , & la tige ne grossit plus :au contraire , quand vous faites des gour-mands le fondement de votre taille, la tigeprofite à vue d’œil, & vous avez des ar-bres d’une étendue colossale , & des fruitsà l’infini.

Mais comment faut-iî tailler les gour-mands ? en quelle quantité doit-on les lais-ser ? & dans quels emplacemens fur lesarbres ? On doit les tailler toujours fortlongs , conformément à la vigueur de Tar-bre. II faut tas espacer dans l’arbre , & luien Iaiíler de distance en distance pour ser-vir de branches meres, d'où dérivent tou-tes les autres. Ils doivent faire la base desarbres. Dans un arbre fort, on doit laisserfur la totalité des branches environ unedemi-douzaine de gourmands. Toujoursménager à chaque côté de tout arbre enespalier des gourmands aux côtés, pouralonger l’arbre dessus.

Moyens , pratiques & secrets pour fairedes gourmands des branches fruiiueufes .II faut considérer les gourmands à la poussedurant la belle saison , & à la taille d’hiver& du printemps. Comme le gouvernementdes gourmands à la pousse regarde l’ébour-geonnement, je ne dft'qu’un mot j savoir ,qu’alors il ne faut laisser que ceux qui étantbien placés pour la taille prochaine , pour-ront rester en place , ou bien on ravaletílgrs quelques-uns d’eux pour leur faire

t a r

pousser deux ou trois branches latérales ?qui porteront fruit Tannée suivante dansles arbres à noyau , & qui, dans les arbresá pépins, donnent fforce lambourdes. Levrai moyen de ne point avoir de gour-mands, ce n’est pas de les supprimer (carplus on les extirpe St plus on en a ) ; c'estde les laisser autant que Tarbre en peutsouffrir en les taillant prodigieusementlongs, sur-tout aux extrémités des côtés :puis quand Tarbre est sage , comme disentles gens de Montreuil, on ravale ces bran-ches fl alongées dans le temps, & on lestaille plus courtes.

II s’agit d’exposer ici la façon de taillerles arbres de tout âge, depuis la plantationjusques dans leur âge le plus avancé. Ceciest un corollaire de ce qui vient d’être ditau sujet des gourmands.

Taille des arbres du premier âge fur lapoujje de la premiere année. Ne jamaislaisser aucunes branches verticales perpen-diculaires au tronc & à la tige , mais sup-primer le canal direct de la seve , en faisaneprendre à tout arbre quelconque la formed’un V déversé. Les gens de Montreuilpratiquent ce point fort scrupuleusementdepuis plus de cent ans , & jusqu’ici í'esont cachés. II faut nécessairement diviser& partager la seve; & toutes les fois qu’ellemonte verticalement & en ligne droite ,elle se porte vers le haut par irruption ,abandonnant les branches latérales , tandisque les branches verticales surpassent sou-vent la tige en grosseur. Or , l a seve ne seportant qu’obliquement , est distribuée parégalité proportionnelle , se cuit ,se digéré ,s’affine & séjourne : alors fout profite égale-ment , & un arbre est fécond en z , 3 , 4& Ç années ; au lieu que tout le contrairearrive quand on laisse des branches verti-cales. Une expérience de cent ans, & dela part de gens qui font leur profession &leur commerce de fruits , est un grandpréjugé en faveur d’une telle méthode.

Sur ces deux branches meres, tailléescomme il vient d’être dit en V déversé, ontaille suivant la vigueur de Tarbre, à z ,3,4, 5 ou 6 yeux ; Si dans le cas où Tarbrea poussé une branche plus forte d’un côtéque de l’autre , on taille fort longue laplus forte , & on tient très-courte la plus

foible,