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Tome trente-deuxième.
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séquence- de quoi il arrive nécessairementun changement dans la cohésion des par-ticules de ce liquide j & par ce moyen lesglobules de sang qui auparavant se pres-soient les uns les autres avec une égaleforce, se trouvent avoir une action irrégu-liere & fort différente ; en sorte que quel-ques-uns font fi fortement unis ensemblequ’ils forment des molécules , & comme depetits pelotons. Sur ce pié-là, comme il y aalors un plus grand nombre de globulesenfermés dans le méme espace qu’il n'yavoit auparavant, & que 1 impulsion deplusieurs d'entre eux , lorsqu’ils sont unisensemble , varie suivant le degré de leurcohésion , suivant leur grosseur , leur figu-re , &c. l’impétuosité avec laquelle ce sangartériel est poussé vers les parties , ne ferapas seulement plus grande quelquefois qu al’ordinaire \ mais encore la pression sur lesvaisseaux sanguins fera nécessairement irré—guliere & fort inégale ; ce qui arrivera par-ticulièrement à ceux qui se distendent leplus aisément,tels que ceux du cerveau, L-'c.

En conséquence , le fluide nerveux doitsubir divers mouvemens ondulatoires, dontquelques-uns seront semblables à ceux quedifférons objets agissant fur les organes ducorps ou fur les passions de l ame, excitentnaturellement. De-là s’ensuivent nécessai-rement, certains mouvemens du corps quifont ks suites ordinaires de la tristesse , dela joie , du désespoir , & d’autres passionsde famé. Voyei Passions.

11 y a alors un certain degré de coagu-lation du sang, laquelle étant accompagnéed’une chaleur extraordinaire , comme ilarrive dans le pays où les tarentules abon-dent , produira encore plus sûrement leseffets dont nous avons parlé : car les es-prits séparés du sang ainsi enflammé &composé de particules dures , fines & sè-ches , ne fruroient manquer d’avoir partà cette altération ; c’est-à-dire, qu’au-lieuque leur fluide est composé de deux par-ties r l une plus active & plus volatile , l’au-tre plus visqueuse & plus fixe , qui sert enquelque façon de véhicule à la premiere ,leur partie visqueuse se trouvera alors tropsemblable à la partie active ; par consé-quent ils auront plus de volatilisé & deforce qu’à f ordinaire j c’est pourquoi à la

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moindre occasion ils se porteront irrégu-lièrement à chaque partie.

De-là s’ensuivront des sauts , de la co-lère , ou de la crainte pour le moindresujet ; une extrême joie pour des chosestriviales , comme des couleurs particuliè-res , & choses semblables & d’un autrecôté , de la tristesse dès qu’une chose neplaît pas à la vue j des ris , des discoursobscènes & des actions de même nature r& d’autres pareils symptômes qui survien-nent aux personnes mordues par la taren-tule ; parce que dans la disposition où estalors le fluide nerveux , la plus légere causele fait refluer avec ondulation vers le cer-veau , & produit des images aussi vives ,que pourroit faire la plus forte impressiondans l’état naturel de ce fluide. Dans unetelle confusion , les esprits ne peuventmanquer , même fans aucune cause mani-feste , de se jeter quequefois avec précipi-tation fur les organes vers lesquels ils seportoient le plus souvent en d’autres.temps ; & l’on fait quels font ces organe^dans les pays chauds.

Les effets de la musique fur les person-4nés infectées du venin de la tarentuleconfirment la doctrine précédente. Nous,savons que le mouvement musculaire n’estautre chose qu’une contraction des fibres ,causée par le sang artériel, qui fait uneeffervescence avec le fluide nerveux, le-quel par la légere vibration & le trémous-sement des nerfs , est déterminé à se portéedans les muscles. Voyei Musculaire.

Ainsi la musique a un double effet , 8cagit également fur le corps & fur l’ame.Une harmonie vive excite dans I’ame des.mouvemens violens de joie & de plaisir,qui font toujours accompagnés d’un poulsplus fréquent & plus fort, c’est-à-dire , d’unabord plus abondant du fluide nerveuxdans les muscles ; ce qui est aussi-tôt suivides actions consonnes à la nature des parties.

Quant au corps , puifqu’il suffit pourmettre les muscles en action , de causeraux nerfs ces trémoussemens qui déter-minent leur fluide à couler alternativementdans les fibres motrices , c’est tout un quecela se faste par la détermination de lavolonté, ou par les impressions extérieures-d’un fluide élastique..