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Tome trente-deuxième.
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des revers, elle perdit fa íiberte pendant vles guerres d’Annibal ; & devenue colonieromaine, elle fut plus heureuse qu’elleif avoir jamais été dans Tétât de son Cha-risme.

Florus écrivant les guerres entre les Ro-mains & les Tarentins , fait le récit dela fortune &c de la disgrâce de cette ville ;il dit que Tarente étoit autrefois la capi-tale de la Calabre , de la Fouille , & dela Lucanie. Sa circonférence étoit grande ,son port avantageux , fa situation mer-veilleuse , à cause qu’elle étoit placée àTembouchure de la mer Adriatique , à laportée d’un grand nombre de places mari-times où ses vaisseaux alloient ; savoir, enIstrie, dans Tlllyrique, dans l’Epire, enAchaïe , en Afrique & en Sicile.

Au-dessus d u port, du côté de la mer,étoit le théâtre de la ville qui a occasionnéfa ruine : car le peuple s’y étant “renduun jour pour voir des jeux qui s’y fai-íòient , observa que des hommes passoientprès du rivage ; on les prit pour des pay-sans. Les Tarentins, lans autre éclaircisse-ment , se moquèrent d’eux, & les tour-nèrent en ridicule. II se trouva quec’étoient des Romains qui , choqués desrailleries de ceux de Tarente , envoyerentbientôt des députés pour se plaindre depareils affronts. Les Tarentins ne se con-tentèrent point de leur faire une réponsehautaine , ils les chassèrent encore hon-teusement de leur ville. Ce fut la causeàe la guerre que les Romains leur décla-rèrent ; elle fut sanglante & dangereusede part & d’autre.

Les Romains mirent fur pie une grgssearmée pour venger les injures de leursconcitoyens. Celle des Tarentins n’étoitpas moindre ; & pour être mieux en étatde se défendre , ils appelleront à leurs se-cours Pyrrhus , roi des Epi rotes. Celui-ci vint en Italie avec tout ce qu’il pur ra-masser de troupes dans l’Epire,en Thes-salie & en Macédoine. II battit d’abordles Romains ; il en fut ensuite battu deuxfois, & obligé d’abandonner l’ítalie ; cequi entraîna la perte de Tarente, qui futsoumise aux Romains.

site-Live & Plutarque , dans la vie deJabius qui s’empara de Tarente, détail—

T À R

lent la grandeur, la puissance &• les ri-chesses de cette ville : ils remarquent quel’on comptoir trente mille esclaves faitsprisonniers & envoyés à Rome , avecquantité d’argent , & quatre-vingt millelivres pesant d’or en monnoie. 11s ajou-tent qu’il y avoir de plus un si grand nom-bre d’étendards , de tables & d’autresmeubles de prix , qu’on mettoit un siriche butin en parallèle avec celui queMarcellus avoir apporté de la ville deSyracuse , à Rome.

On ignore en quel temps & par quiTarente a été ruinée , ni quand elle a étérebâtie fur le pie qu’on la voir aujourd'hui ;peut-être ce dernier événement arriva-t-ilpar des habitans de Calabre , chassés deleur patrie , lorsque Totila, roi desGoths ,pilla la ville de Rome. Quoi qu’il en soit,Tarente n’eut alors qu’une petite partiede son ancienne grandeur.

Après la décadence de Tempire romainen occident , les Tarentins furent soumisaux empereurs de Constantinople , jusqu’àTarrivée des Sarrasins en Italie , qui s'em-parèrent du golfe de Tarente , & conqui-rent la grande Grece , la Lucanie , la Ca-labre , la Fouille, une f>artie de la Cam-passe , & 1e pays des Salentins & desBrutiens. Tarente tomba dans la fuite sous ladomination des princes & rois de Naples ,qui honorèrent ce pays du titre de princi-pauté. Plusieurs particuliers en ont portele nom , entre lesquels ot» compte quel-ques personnes de la famille des tjrsins deRome. Le dernier prince de Tarente decette famille , fe nammoit Jean , & poíïè-doit de belles qualités.

Aujourd’hui Tarente n’est plus qu’unebicoque , érigée en archevêché : on n’yretrouve aucun vestige de son anciennesplendeur , de son théâtre , de ses bâti—mens publics, & de Tembouchure de sonfameux port.

Octavien & Antoine, aspirant tous dçuxù la souveraine puistànce , ne manquerçutpas de se brouiller souvent. Leur réconci-liation étoit toujours peu durable , parcequ’elle n’étoit jamais íincere. Parmi les né-gociations qui se sirent pour les raccommo-der , T histoire nous en marque deux prin-cipales j Tune en 774, Lc Tautre en 717.

Cette