T A R
muni obscurum dans la nature , dit aussi 1 g
pnmumfri g :d um .
nomere veut que cette prison ne soit pastnoins éloignée des enfers en profondeur ,que les enfers le font du ciel. Virgile ajoutequ elle est fortifiée de trois enceintes deMurailles , & entourée du Phlégéton , tor-s ent impétueux , dont les ondes enflam-entraînent avec fracas les débris desrochers ; une haute tour défend cette af-freuse prison , dont la grande porte est sou-que par deux colonnes de diamans, quefous les efforts des mortels & toute la puif-frnce des dieux ne pourroient briser , cou-verte d’une robe ensanglantée ; TifiphoneEst assise nuit & jour à la porte de cettePrison terrible , qui retentit de voix gémis-santes , de cruels coups de fouet & d’unbruit affreux de chaînes. Mais je fuis bienridicule de ne pas laisser parler le princedes poètes dans son beau langage.
Sub rupefìnifirâ
Mixnia lata videt triplìci circumdata
muro :
Qlííb Tupidus flcuTiTtiis curibit torTentibusamnis
Tartareus Phlegeton, torquetque sonan-tia jaxa :
Porta adversa ingens , Jolidoque âda-mantt columnae
Vis ut nulla virûm , non ipfi exfcin-dereferro
Cœlicolœ valeant : fiat ferrea turrís adauras.
Tifipkoneque Jedens , pallâ fuccinffacruentâ ,
Tfefiibulum insomnìs ferlât noClefquediesque ,
Hinc exaudiri gemitus , &fœva fonare
Verbera ; tùm jlridorferri , tfaclaque
catenœ.
Confiitit sEneas , ftrepitumque exterri-tus bausu.
jE.ti.Hb. VI. v. Í48.
Un de nos poètes lyriques s’est aussisurpassé dans la description du tartare ,lisons-là.
Qu'entens-je ! le tartare s'ouvre ,Quels cris ! quels douloureux accens !A mes yeux lafiammey découvre
T A R 69)
Mille supplices renaiffans.
Là fur une rapide roue ,
Ixion dont le ciel se joue ,
Expie à jamais son amour j.
Là le cœur d’un géant rebelleFournit une proie éternelleA l'avide faim d.'un vautour.
Autour d’une tonne perce’eSe lassent ces nombreuses sœurs ,
Qui fur les freres de Lincéepengerent de folles terreurs ;
Sur cette montagne glissanteElevant la roche roulante ,
Sifiphe gémit fans secours ;
Et plus loin cette onde fataleInsulte d la soif de Tantale ,
Virrite , 6 le trahit toujours.
ics uues
5i l'on trouvoit dans toutes .
de M. de la Motte le feu & la verve quibrillent dans celle-ci, elles auroienteu plusd’approbateurs ; mais c’est Milton qui a lemieux réussi de tous les modernes dans lapeinture du tartare. Elle glace d’effroi, &fait dresser les cheveux de ceux qui la li-sent.
Selon l'opinion commune , il n’y avoitpoint de retour, ni de grâce à espérer pourceux qui étoient une fois précipités dans letartare : Platon néanmoins n’embrasse pastout-à-fait ce sentiment. Ceux , dit-il, quiont commis ces grands crimes, mais qui nefont pas fans remede , comme ceux quifont coupables d’homicide, mais qui en onceu ensuite du regret, ceux-là font nécessai-rement précipites dans le tartare ; & aprèsy avoir séjourné une année , un flot les enretire ; & lors ils passent par le Cocyte , oule Péryphlégéton , de là ils vont au lacAcherusia, où ils appellent par leur nomceux qu ils ont tués, & les supplient instam-ment de souffrir qu’ils sortent de ce lac , &de leur faire la grâce de les admettre enleur compagnie. S’ils peuvent obtenir d’euxcerte faveur , ils font d’abord délivrés deleurs maux , sinon ils font de nouveau re-jettes dans le tartare ; ensuite une autreannee ils reviennent au fleuve , comme ci-devant, «St re.terent toujours leurs prières.)U squ a ce qu ils aient fléchi ceux qu’ils ontôstenles. C est la peine établie par les juges.
T t ttz