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Tome trente-deuxième.
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tigables. Leur religion est la mahométane.Leur souverain est un chant allié de laporte Ottomane , & dont le pays est fousla protection du grand-seigneur. C’est dansla ville de Bascia - Sarai, íituée vers lemilieu de la presqu’île de Crimée, que lechan fait ordinairement sa réíìdence. Lapartie de la terre ferme, au nord de Peré-kop , est occupée par des hordes de Tar-tares de la Crimée, qui vivent fous deshuttes, & fe nourrissent de leur bétail, lors-qu’ils n’ont point occasion de brigander.

Les Tartares de ce pays pastènt pourles plus aguerris de tous les Tortures. Ilsfont presque toujours en course, portantavec eux de la farine d'orge , du biscuit& du sel pour toute proviíion. La chairde cheval & le lait de jument font leursdélices. Ils coupent la meilleure chair dedessus les os , par tranches , de l’épaiílèurd’un pouce , & les rangent égalentent sgrle dos d’un autre cheval, fous la selle , &en observant de bien serrer ia sangle , &ils font amíi leur chemin. Au bout de troisou quatre lieues, ils levent la telle , re-tournent les tranches de íeur viande , re-mettent la selle comme auparavant, &continuent leur retraite. A la couchée , leragoût se trouve tout prêt ; le reste de lachair qui est à l’entour des os l'e rôtit àquelques bâtons , & fe mange furie champau commencement de la course.

Au retour du voyage , qui est souventd’une centaine de lieues & davantage , lechan prend la dîme de tout le butin , quiçonfríle communément en etclaves ; Jemusse de chaque horde en prend autantfur la part qui peut revenir à ceux qui fontfous son commandement, & le reste estpartagé également entre ceux qui ont étéde la course. Les Tartares de la Criméepeuvent mettre jusqu’à quatre-vingt millehommes en campagne.

Les Tartares Circaffes habitent aunord-ouest de la mer Caspienne, entrel’embouchure de la rivière de Wolga & laGéorgie. Le peuple , qui est présentementconnu sous le nom des Circajses , est unebranche des tartares mahométans. Dumoins les Circaffes confervent-ils jufqu’au-jourd hui l a langue , les coutumes, les in-timations , A même l’extérieur des Tar-

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tares , nonobstant qu’on puistè s’appef-cevoir facilement qu il doit y avoir biendu sang des anciens habitans du pays mê-lés chez eux, parmi celui de Tartares.

II y a beaucoup d’apparence que lesTartares Circasses, aussi-bien que les Dag-hestans , sont de la postérité de ceux d’en-tre les Tartares qui furent obligés , dutemps que les softs s’emparerent de laPerse , de se retirer de ce royaume pouraller gagner les montagnes qui font aunord de la province de Schìrvan , d’où lesPerses ne les pouvoient pas chasser fi faci-lement , & où ils étoient à portée d’entre-tenir correspondance avec les autres tri-bus de leur nation , qui étoient pour lorsen possession des royaumes de Cafan &d’Astracan.

Les Tartares Circasses font assez laids,& presque toutes leurs femmes sont très-belles. En été elles ne portent qu’une sim-ple chemise d’une toile de coton, fenduejusqu’au nombril, & en hiver elles ont desrobes semblables à celles des femmes ruí-iìennes : elles se couvrent la tête d’unesorte de bonnet noir qui leur sied fortbien ; elles portent autour du cou plu-sieurs tours de perles de verre noir , pourfaire d’autant mieux remarquer les beau-tés de leur gorge ; elles ont un teint de lys& de rose , les cheveux & les plus beauxyeux noirs du monde.

Les Tartares Circasses fe font circoncire»& observent quelques autres cérémoniesmahométanes ; mais la religion grecquecommence à faire beaucoup de progrèsdans leur pays. Ils habitent en hiver dansdes villages , & ont pour maisons de ché-tives chaumières ; en été , ils vont camperla plupart du temps dans les endroits où ilstrouvent de bons. pâturages ; savoir , versles frontières du Daghestan & de la Géor-gie , où le pays est fort beau , & fertile entoutes sortes de légumes & de fruits. C’estde la partie montueufe de la Circassie queviennent les chevaux circasses , tant esti-més en Russie , pour leur vîtestè , la gran-deur de leurs pas, & la facilité de lesnourrir.

Les Circaíïès ont des princes particu-liers de leur nation auxquels ils obéissent,& ceux-ci font fous la protection de h*