Band 
Tome trente-deuxième.
Seite
707
JPEG-Download
 

T A R

*2 Mansueurs, de M&nsueu-Chan , ern-ípreur de la Chine. Semblablement lesCallmoucks-Dfongari, sujets de Contaisch,011 grand chan des Callmoucks , ont pris len um de Concaijchi , pour témoigner leurAttachement à ce souverain.

Tous les tartares , même ceux qui ont<j es habitations fixes, emportent avec euxaans leurs voyages, leurs effets de prix ,îion-seulement quand ils changent de de-meure , mais même en allant à la guerre.De-là vient que lorsqu’il leur arrive deperdre une bataille , une partie de leur ba-gage reste ordinairement en proie au vain-queur ; mais ils font en quelque maniérénécessités d’emporter leurs effets avec eux,parce qu’ils laiíîèroient autrement leursbiens & leurs familles en proie aux autrestartares leurs voiíins, qui ne manqueroientpas de profiter de leur absence pour lesenlever.

On remarque que presque tous les tarta-res conservent, non-seulement les mêmesusages en général , mais aussi la mêmefaçon de bâtir leurs cabanes ; car soit qu’ilshabitent dans des huttes, ou qu’ils aientdes demeures fixes , ils laissent tou-jours une ouverture au milieu du toit,qui leur sert de fenêtre & de cheminée.

outes leurs habitations , soit fixes soit

midî Va nn eS ’ , 0 nt M> U ì S portes tournées aumidi pour etre à l’abri des vents d» nnr Aqui sont fortTartarie.

des vents du nord,pénétrans dans la grande

Les tartares devroient être libres , &cependant ils se trouvent tous dans 1*es-clavage politique. L’auteur de l’esprit deslois en donne d’excellentes raisons , quepersonne n'avoir développées avant lui.

Les tartares, dit ce beau génie , n’ontpoint de villes , ils n’ont point de forêts ;leurs rivières sont presque toujours gla-cées ; ils habitent une immense plaine ; ilsont des pâturages & des troupeaux , & parconséquent des biens : mais ils n’ont au-cune espece de retraite , ni de défense.Sitôt qu’un kan est vaincu, on lui coupela tête , & ses sujets appartiennent au vain-queur : on ne les condamne pas à un es-clavage civil , ils seroient â charge à unenation qui n’a point de terres à cultiver ,& n a besoin d’aucun service domestique j

T A R 707

ils augmentent donc la nation ; mais au-lieu de l’esolavage civil, on concoit quel’esclavage politique a dû s’introduire.

En effet , dans un pays où les diverseshordes se font continuellement la guerre ,& so conquièrent sans cestè les unes lesautres; dans un pays où , par la mort duchef, le corps politique de chaque hordevaincue est toujours détruit, la nation engénéral ne peut guere être libre : car il n’yen a pas une feule partie qui ne doiveavoir été un très-grand nombre de foissubj uguée.

Les peuples vaincus peuvent conserverquelque liberté , lorsque par la force deleur situation , ils sont en état de faire destraités après leur défaite : mais les tartares ,toujours fans défense , vaincus une fois ,n’ont jamais pu faire des conditions.

D’ailleurs , le peuple tartare en conqué-rant le midi de l’Asie , & formant des em-pires , doit demeurer dans l’eiclavage po-litique , parce que la partie de la nationqui reste dans le pays , se trouve soumise àun grand maître qui, despotique dans lemidi , veut encore l’être dans le nord ; &avec un pouvoir arbitraire sor les sujetsconquis, le prétend encore fur les sujetsconquérans. Cela so volt bien aujourd’huidans ce vaste pays qu’on appelle la tartariechinoise , que l’empereur gouverne presque; aussi despotiquement que la Chine même.j Souvent une partie de la nation tartarequi a conquis , est chassée elle-même , &elle rapporte dans ses déserts un esprit deservitude , qu’elle a acquis dans le climatde l’cfclavage. L’hilloire de la Chine nousen fournit des exemples, & notre histoireancienne aussi. Les tartares détruisant l’em-pire grec , établirent dans les pays con-quis , la servitude & le despotisme. LesGodís , conquérant l’empire romain , fon-dèrent la monarchie & la liberté.

A moins que toute la grande Tartariene soit entre les mains d un seul princecomme elle l’étoit du temps de Genhis-Chan , il est impossible que le commercey fleuriste jamais : car maintenant que cepays est partagé entre plusieurs princes,quelque porte que puisse être l’un ou l’au-tre dentreux a favoriser le commerce , ilaç peut y parvenir si ses voisins so trou-

y v v v 2