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Tome trente-deuxième.
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& environnée de montagnes de trois côtés,de la même maniéré qu’Erzeron , & ellejouit d’un air auílì inconstant qu’Erivan.Un ruisseau , ou plutôt un torrent, baigneune partie de cette ville.

Le circuit de Tauris est , dit-on, de 30milles ; ce qu’il y a de sûr , c’est qu’ellc estremplie de jardins & de grandes places pu-bliques , qui font de vrais champs. Les mos-quées font belles &c nombreuses. Les vivresfont à grand marché dans cette ville. Seshabitans y font un commerce continuelavec les Turcs, les Arabes, les Géorgiens,les Mingréiiens , les Indiens, les Mosco-vites & les Tartaíes. Ses Bazards font cou-verts & garnis de riches marchandises,entr’autres d’étosses de foie , & de bellespeaux de chagrin. On compte dans Taurisplus de cent mille âmes. On estime fa fon-dation à lan de Fhégire 17L Tamerlans’empara de Tauris l'an 795. de 1 hégire.Lof man s’en rendit maître fur Schah Tha-mas, roi de Perse, l’an 955. de fhégire.Animât III. sultan des Turcs, reprit lamême ville que Soliman avoit abandonnée,fan 992, de fhégire.

Tauris est la Gabris de Ptolomée , nomqui convient fort bien à la situation deTauris, que les Arabes appellent Tabris.

Je fais que f opinion commune est queTauris répond à la ville d’Ecbatane ;Chardin , Oléarius , Herbert & autres ,font de cette opinion , qui a aussi étéadoptée par de célébrés géographes ; maiselle ne peut subsister, 11 I on a égard àtout ce que les anciens nous ont dit de laMédie, & aux distances qu’ils nous ontdonnées de cette capitale aux autres villesde ce pays. D’ailleurs, íi Ecbatane avoitété à la partie septentrionale de la Médie,comme est la ville de Tauris , elle n’au-roit pas été à portée d’envoyer du secoursà Babylone, comme le dit Xénophon , &auroit austi été trop éloignée vers le nord ,pour avoir été fur la route d’Alexandre ,qui alloit d’Opis aux portes Cafpiennes,comme il paroît par les historiens qui ontdécrit les expéditions de ce prince. Cesparticularités reviennent parfaitement â lasituation de la ville d’Amadan , qui est laseconde ville de Perse pour la grandeur :cç qui est d'aucant plus vraisemblable, que,

TAU

lorsque l’Ecriture-Sainte parle d’Ecbatanela version syriaque rend le nom de cetteville par le nom & Amathan , très-appro-chant du nom d’ Amadan.

Les tables arabiques de Nassir-Eddin &d’Ulug-Beg , donnent â Tauris 82 degrésde longitude , & 38 degrés de latitudeseptentrionale. (D. J.)

TAURISANO , ( Ge'cg. mod. j bourgdu royaume de Naples , où naquit en1585 , Vanini (Lucilio) , qui, à f âge de34 ans , en 1619 , fut emprisonné & brûléà Toulouse pour fes impiétés, par arrêtdu parlement de cette vise.

Je ne dirai rien ici de fa vie , me con-tentant de renvoyer le lecteur aux livresfuivans qu’il peut consulter. J. M. Schram-maii de vìtâ & fcriptis famofi athcei JuLCass Vanini. Custrini 1713 , 2/2-4°. LaCroze , Entretiens fur divers sujets d’his-toire Ù de littérature. Amst. 1711. Apo-logia pro Jul. C ces. Vanino. Cosinopoli ,1714. Durand. Laide & les fentimens deLucilio Vanini. Rotterdam, 1717. in-1 2..

Les deux ouvrages de Vanini qui ontfait le plus de bruit, font son Amphithéâtre& fes Dialogues. Le premier parut à Lyonen 161; , 2/2-5°. fous ce titre : Amphi—theatrum eetern.ee providentice , divino-magicum, chriftiano - phyficum , astrolo-gie o-catholi c um , adversus veteres philo -sophos atheos , epicureos , peripateticos Hfloicos , autoreJulio Ccefare Vanino,philo-sopha , theologo , a c juris utriusque doílore.II est approuvé par Jean-Claude de Ville,docteur en théologie ; François de Soleil,official & vicaire-général de íyon ; Jacque sde Vegne, procureur du roi ; & M. Seve,lieutenant-général de Lyon , qivi s’expri-rnent en ces termes : Fidem facimus , noshoc opus evohdste , nihilque in eo catho-licee & romance fidei contrarium aut ré-pugnons , sed ptracutas & preevalidas ra-dones juxtà sanam lublimiorum in sacrétheologiâ magìstrorum doclrinam ( S quàmmiliter !) contineri , Ê’c.

Presque tous les habiles critiques jugentausti que ce livre est très-innocent du côtéde f Athéisme , & que, tout au contraire,f existence de Dieu y est démontrée ; maison y découvre en même-temps beaucoupde fcholastique, des idées bizarres, ha-