Band 
Tome trente-deuxième.
Seite
760
JPEG-Download
 

7 6 o T E D

épargnoit point les injures ; il finissoit parlui faire toute forte d’outrages, & par íedépouiller de ses habits. Pendant tout cetemps , les anciens chevaliers faifoient unfeírin pompeux aux dépens du récipien-daire , auquel on affectoit de ne faire au-cune attention ; le repas étant fini , lesprêtres lui apportoient un peu de paillepour fe coucher , un manteau pour ie cou-vrir , de la teinture pour fe frotter le corps,& des poinçons pour fe percer les oreilles,les bras & les jambes. On ne lui laiffoitpour compagnie que trois vieux soldatschargés de troubler fans cesse son sommeilpendant quatre jours , ce qu’ils faifoienten le piquant avec des poinçons , auífi-tótqu’il paroifíòit s’aííoupir. Au milieu de lanuit il devoir encenser les idoles, & leuroffrir quelques gouttes de son sang , ce quiêtoit suivi de quelques autres cérémoniessuperstitieuses. Les plus courageux ne pre-noient aucune nourriture pendant cesquatre jours ; les autres ne mangeoientqu’un peu de maïz , & ne buvoient qu’unverre d’eau. Au bout de ce temps le réci-piendaire prenoit congé des prêtres, pouraller renouvelles dans les autres templesdes exercices moins rudes à la vérité, maisqui duroient pendant un an ; alors on leramenois au premier temple où on lui don-noit des habits somptueux ; le prêtre luifaifoit un grand discours rempli des élo-ges de son courage ; il lui recommandoitla défense de la religion & de la patrie , &-la fête se terminoit par des festins & desréjouissances. Les Técuiltes se mettoientde l’or , des perles ou des pierres précieu-ses dans les trous qu’on leur avoir fait aunez , ce qui étoit la marque de leur émi-nente dignité.

TECULET , ( Géog. moi. ) ville d’A--frique, dans la province de Héa, au royau-me de Maroc , proche de fembouchure dela Diure, où elle a un petit port. Les mai-sons n’y font que de terre. Long. 8. 3 2. ;latit. 30. 43. (I). J.)

TEDANIUS , ( Geog. anc. ) fleuvede rillyrie , selon Pline , L III. c. xxj. &Ptolomée, Z. II. c. xvij. Ce fleuve formoitla borne de la Japygie. Son nom moderneest Zamagna. (. D. J, )

TEDELEZ , ( Gc'og. moi. ville d’Afri-

T E D

que , au royaume de Tremeçen, fur lacôte de la Méditerranée , á dix lieues d'Al-ger. La côte des environs est extrêmementpoissonneuse. Long. z 1. 48 ; latit. 34. 5 *

TE-DEUM, f. m. ( tìift. des ncseeclesiafi. ) on appelle de ce nom un can-tique d’usage dans l'église catholique. II estainfì nommé , parce qu’il fe dit ordinaire-ment à la fin des matines, les jours qui nefont point simples féries , ni dimanches decarême & d’avent ; on attribue ce cantiqueà S. Ambroise ou à S. Augustin. Au com-mencement du xj. fiecle, on fe plaignitdans un concile que les moines chantoientle te Deum pendant faveur & le carême ,contre f usage de f église romaine ; mais ilsrépondirent qu’ils le faifoient suivant laréglé de S. Benoît approuvée par S. Gré-goire , & on les laissa dans leur usage.

Loifel , dans son dialogue des avocats ,fait mention d’une fameuse cause qui futplaidée au parlement de Paris par MM.Boulard & Deíombres, & que l’on nommala cause du te Deum laudamus. Voici lefait tel qu’il est raconté par fauteur. Unchanoine de Chartres avoir ordonné , parson testament, qu’on chantât 1 e te Deum enf église au jour 6t heure de son enterre-ment , ce que févêque Guillard trouvanon-feulement nouveau , mais lì scanda-leux , qu’il lui refusa ce qu’il avoir désiré ,ajoutant que c’e'toit une hymne de louange& de réjouissance non convenable au ser-vice des trépassés. L’avocat du mort sou-tenois au contraire qu’il n’y avoit rien quede bon & de pieux dans cette hymne ; &pour le prouver , il parcourut tous les ver-sets dont elle est composée , avec de bellesrecherches & interprétations dont il lesorna; enfin il justifia qu’il contenoit mêmeune priere formelle pour les morts , en cesmots : te ergo quœsumus ,famulis tuis Jub-vent , quos pretiofo sanguine redemifti.ZEternâfac cum sanclis tuis in gloriâ nu -merari. Bref, la cause fut fi bien plaidée,que le testament & le te Deum ordonné paricelui furent confirmés par arrêt qu’on bap-tisa du nom de te Deum laudamus.

Le te Deum fe chante encore extraordi-nairement en pompe & en cérémonie,pour rendre publiquement grâces à Dieud’u ne victoire remportée par terre ou par

mer ;