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fioìt que les dieux n’étoient originaire-ment que des hommes qu’on avoit déifiés ,& il appuyois cette opinion fur les inscrip-tions q u'il avoit trouvées dans les plus an-ciens temples ; mais il employa ce titrepour s’accommoder à l’opinion reçue.
Cette histoire singulière d’Evhémere luisuscita bien des ennemis, & les Grecs , ál’envi, travaillèrent à la décréditer. On lesurnomma athée par excellence ; & cen’est pas le seul homme qui, convaincude I’existence d'un Dieu , ait été accuse'd’athéisme. On ne fit aucune grâce à sonouvrage , & l’on empêcha íi bien de paroi-sse un monument qui ane'antiísoit la reli-gion dominante, que ni {'original, ni lainduction d’Ennius n’ont paíîejusqu’á nous.
Ce n’est pas qu’il faille ajouter foi aux ins-criptions d’Evhémere. II les avoit fans doutefabriquées lui-même; c’est du-moins ce qui
f aroît en particulier de celles du temple deupiter Triphylien, qu’il trouva dans l’île defauchée , île qui n’a jamais existé dans lemonde, comme Eratosthene le prouva deson temps. V. PANCHÉE,Gebg.a/2c.(D.7.)
TEGGIAR-T Z AIR, ( Géog. mod. )bourg de natolie, célébré dans l’histoireturque & chrétienne , parce que MahometII. y finit ses jours en 1481. Personne n’i-
gnore que c’est un des plus grands con-quérans dont l'hisloire fàslè mention. 11 asignalé Ion régné par la conquête de deuxempires , de douze royaumes & de deuxcens villes considérables. C’est ainsi qu’il amérité les titres de grand & de perc de lavictoires titres que les Turcs lui ont don-nés pour le distinguer de tous les autressultans , & titres que les chrétiens mêmene lui ont pas contestés.
.Quoique d’un naturel fougueux & pleind une ambition démésurée , il étouffa cetteambition, & écouta le devoir d’un filsquand il fallut rendre le trône qu’Amuratson pere , lui avoir cédé. II redevint deuxfois sujet fans exciter le moindre trouble,& c’est un fait unique dans I’histoire.
Les moines ont peint ce grand conqué-rant comme un barbare insensé , qui tantôtcoupoit la tête à une maîtrestè qu’il aimoitcperdument pour appaiser les murmuresde ses soldats , tantôt faifoit ouvrir le ven-tce à quelques-qns de ses idioglans pour
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découvrir qui d’eux avoir mangé un me-lon ; toutes ces fables font démenties parles annales turques.
Ce qui montre évidemment, dit M. deVoltaire, malgré les déclamations du cardi-nal Isidore & de tant d’autres, que Maho-met étoit un prince plus sage & plus poliqu’on ne le croit , c’est qu’il laissa aux chré-tiens vaincus la liberté d élire un patriarche.II 1 installa lui-même avec la solemnitéordinaire : il lui donna la crosse & l’anneauque les empereurs d’occident n’oioient plusdonner depuis long-temps ; & s’il s’écarrade l’usage , ce ne fut que pour reconduirejissqu’aux portes de son palais le patriarcheélu, nommé Gennadias , qui lui dit,» qu’il étoit confus d’un honneur que» jamais les empereurs chrétiens n’avoientn fait à ses prédécesseurs ». Cependanttoutes les belles actions de ce grand mo-narque ont été contredites ou dissimuléespar la plupart des historiens chrétiens. Caril n’y a point d’opprobre ou de titres ou-trageux dont leur plume n’ait voulu ternirla mémoire de ce prince.
Souverain, par droit de conquête, d’unemoitié de Constantinople , ileutl’huma-nité ou la politique d’offrir à l’autre partieia même capitulation qu’il avoit voulu ac-corder à la ville entiere ; & il la garda reli-gieusement. Ce fait est si vrai , que toutesles églises chrétiennes de la basse-ville su-rent conservées jusques fous son petit-filsSélim , qui en fit abattre plusieurs. On lesappelloit les mosquées d'IJJedi. Iíícvi esten turc le nom de Jesu.
Ajoutons à fa gloire , qu’il fut te pre-mier sultan qui goûta les arts & les sciences,
& qui les ait chéries. II étudia Thistoire, ilentendoit le latin, i! parloit le grec, Ta-rabe , le persan j il savoir ce qu’on pouvoirsavoir alors de géographie & de mathéma-tiques. II aimoit la ciselure , la musique &la peinture avec passion.
11 fit venir de Venise á Constantinoplele fameux gentil Bellino, & le récompensacomme Alexandre avoit récompensé Apel-les , par des dons & par fa familiarité. IIlui fit présent d’une couronne d’or d’uncollier d’or, de trois mille ducats d’or . & l erenvoya avec honneur. '
II eut peut-ette fait sieurir les arts dans