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Tome trente-deuxième.
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faciliter la dissolution de cet ingrédient,en palliant avec un petit rable fans dis-continuer , afin d’empêcher qu’il ne s’en-croûte & ne fe brûle au fond de la chau-dière. On entretient le bain dans une cha-leur moyenne & la plus égale qu’il est pos-sible , en y versant de temps-en-temps dulait de chaux qu’on aura préparé exprès dansun bacquet pour le refroidir. Lorsqu’on nesent plus rien de grumeleux au fond de lachaudière , & que l’indigo paroît bien dé-layé ou bien fondu , on retire le feu d ufourneau , & on n’y laisse que fort peu debraise pour entretenir seulement une cha-leur tiede : il faut couvrir la chaudière avecdes planches & quelque couverture , & ymettre un échantillon d’étoffe pour voirs’il en fort verd , & si ce verd se change enbleu à l’air ; parce que si cela n’arrivoitpas , il faudroit ajouter à ce bain une nou-velle lessive préparée comme la précé-dente. C’est de cette dissolution d’in-digo dont on prend un , deux ou plusieursseaux pour les ajouter an pastel, lorsque lafermentation l’a aslèz ouvert pour qu’ilcommence à donner son bleu.

Ce détail de la préparation d’une cuvede pastel n’estpas exactement conforme àla méthode ordinaire des Teinturiers d’àprésent, mais il est le plus fur ; suivant lesexpériences qui en ont été faites par un desplus habiles hommes de ce íìecle dans legenre de la teinture.

II faut bien prendre garde de ne jamaisréchauffer la cuve de pastel, qu’elle ne soiten œuvre, c’est-à-dire , qu’elle n’ait ni tropni trop peu de chaux ; en sorte que pour êtreen état de travailler , il ne lui manque qued’être chaude. On reconnoît qu’elle a tropde chaux à l’odorat,c’est-à-dire, par l’odeurpiquante que l’on sent. On juge , au con-traire , qu’il n’y en a pas assez , lorsqu’ellea une odeur douceâtre , & que 1 ecume oule rabat qui s’éleve à la surface en la heur-tant avec le rable , est d’un bleu pâle.

On doit avoir attention , lorsqu on veutréchauffer la cuve , de ne la point garnirde chaux la veille , bien entendu qu’ellen’en auroit pas trop besoin; car si elle etoitgarnie, elle courroit risque d’avoir untoup de pie') parce qu’en la réchauffant,

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on donne plus d’action à la chaux qui yest , & qu’elle s’use plus promptement.

On remet ordinairement de nouvel indigodans la cuve chaque fois qu’on la réchauffe,& cela à proportion de ce qu’on a à tein-dre ; mais il ne seroit pas nécestàire d’y enremettre, si l’on n’avoit que peu d’ouvrageà faire , & qu’on n’eût besoin que de cou-leurs claires.

A la forme des anciens réglemens, on nepouvoir mettre que six livres d’indigo pourchaque balle de pastel, parce qu’on croyoisque la couleur de l’indigo n’étoit pas so-lide , & qu’il n’y avoit qu’une quantité depastel qui pût l’assurer & la rendre bonne;mais par des expériences faites par d’ha-biles gens , il a été reconnu que la couleurde l’indigo, même employé seul, est touteaussi bonne , & résiste autant à faction defair, du soleil, de la pluie & des débouillis,que celle du pastel. On a réformé cet ar-ticle dans le nouveau règlement de 1737 ,& on a permis aux teinturiers de bon teint,d’employer dans leurs cuves de pastel laquantité d’indigo qu’ils jugent à propos.

Lorsqu’une cuve a été réchauffée deuxou trois fois, & que l’on a bien travaillédessus, on conserve souvent le même bain ,mais on enleve une partie de la pâtée quel’on remplace par de nouveau pastel. Onne peut prescrire aucune dose sur cela ,parce qu’elle dépend du travail que le tein-turier a à faire. 11 y a des teinturiers quiconservent plusieurs années le même baindans leurs cuves, ne faisant que les renou—veller de pastel & d’indigo à mesure qu’ilstravaillent dessus : d’autres vuident la cuveen entier & changent de bain , lorsque lacuve a été réchauffée six ou sept fois, &:qu’elle ne donne plus aucune teinture. 11n’y a qu’unlong usage qui puisse apprendrelaquelle de ces pratiques est la meilleure ; ilest cependant plus raisonnable de croire ,qu’en la renouvellant en entier de tempsen temps, elle donnera des couleurs plusvives & plus belles. Les meilleurs teintu-riers réagissent pas autrement.

II faut encore observer de ne pas ré-chauffer la cuve lorsqu’elle- souffre , parcequ’elle se tourneroit en chauffant, & cour-roit risque d’être entièrement perdue ; ensorte que la chaleur acheveroit d’user en