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Tome trente-deuxième.
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approchante dn brun-noirâtre à l’extérieur;quelques teinturiers l’emp loyent pulvérisée& enfermée dans un sac de toile , pourteindre les étoffes : mais c’est une mauvaiseméthode ; car il passe toujours au-trayersdes mailles de la toile quelques portionsde la gomme résine qui íe fond dans seaubouillante de la chaudière , & qui s’at-tache au drap où elle est si adhérentequand le drap eíl refroidi, qu’on est obligéde la gratter avec un couteau, d’autresla réduisent en poudre ; ils la font bouil-lir dans l’eau , & après qu’elle lui a com-muniqué toute fa couleur , ils laistent re-froidir la liqueur ; la partie résineuse sedépose au fond. On décante l’eau colo-rée , & on la fait évaporer à l’air où elles’empuantit ; & loríqu’elle a pris une con-sistance de cosignât, on la met dans des jvaistèaux pour la conserver. Sous cetteforme , il est ailèz difficile de détermi-ner au juste la quantité qu’on en emploie ;c’est ce qui a fait chercher le moyen d’a-Voir cette teinture séparée de fa gomme-réíine , fans être obligé de faire évaporerune íì grande quantité d'eau pour savoirfeche & réduite en poudre.

La racine de grande confonde est cellequi jufqu’à présent a le mieux réussi. On1 employé feche & réduite en poudregroliiere, & Q n mer un demi-gros parpinte d’eau qu’on fait bouillir un bonquart-d heure ; ensuite on la passe par unsinge , & on la verse toute chaude surla gomme laque, pulvérisée & passée parun tamis de crin. Elle en tire fur le champune belle teinture cramoisie ; on met levaisseau digérer à chaleur douce pendantdouze heures , ayant foin d’agiter sept ouhuit fois !a gomme qui se tient au fond ;ensuite on décante l’eau chargée de la cou-leur dans un vaisseau aíièz grand pourque les trois quarts puissent rester vuides,& on les remplit d'eau froide. On verseensuite unetrès-petite quantité d’une fortedissolution d’alun de Rome sur cette tein-ture , extraite, puis noyée: le teint mu-cilagineux íe précipite ; & si I’eau qui lesurnage paroît encore coloree , on ajoutequelques gouttes de la dissolution d alunpour achever la précipitation , & ce juí—qu’à ce que l’eau surnageante soit aussi iTome XXXII.

décolorée que de Peau commune. Quandle mucilage cramoisi s’est bien affaissé aufond du vaisseau , on tire l’eau claire avecun syphon , & on verse le reste sur un filtre,pour achever de í’égoutter ; après quoion le fait sécher au soleil.

Si la premiere opération n’avoit pas tirétouc le teint de la gomme laque , on répé-tera touc ce qui a été fait dans la premiereextraction. De cette maniéré, on séparetoute la teinture que la gomme laque peutfournir ; & comme on la fait sécher pourla pulvériser ensuite , on sait ce que cettegomme a rendu , & on est aussi pl llS sûrdes dotes qui font employées dans la tein-ture des étoffes, que ne le font ceux quife contentent de l’évaporer en consistanced’extrait ; parce que le plus compact feraI plus colorant que le plus humide.

11 y a une circonstance dans la teintured’écarlate qui mérite attention : il s’agitde savoir de quelle matière doit être lachaudière dont on fe sert. Tous les Tein-turiers font partagés fur ce point : on fesert en Languedoc de chaudières d étainfin J il y a à Paris quelques teinturiers quis’en fervent aussi. Cependant M. de Ju-liene, qui fait des écarlates fort recher-chées , ne fe sert que de chaudières decuivre jaune.

On n’en a pas d’autres non plus dans lamanufacture des teintures de S. Denis.On a seulement la précaution de placerun grand réseau de corde , dont les maillesfont assez étroites, dans la chaudière, afinque l’étoffe n’y touche point. Au-lieu d’unréseau , d’autres se servent d’un grand pa-nier d’osier , écorcé à claire voie , qui estmoins commode que le réseau , parce quejusqu’à ce qu’il soit chargé du drap ou del’étoffe qu’on doit y plonger , il faut unhomme de chaque côté de la chaudièrepour appuyer dessus , & sempecher de re-monter à la surface du bain.

Suivant plusieurs expériences, on a re-connu que le drap ou étoffe, teint dans unechaudière d’étain , avoir plus de feu q lîecelui qui étoit teint dans une chaudière decuivre , dans laquelle il faut employer unpeu plus de composition que dans celled étain , ce qui fait que le drap est plus! rude au toucher. Pour éviter ce défaut,

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