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Tome trente-deuxième.
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dent de quelque chef principal ; on con-vient que la puistànce spirituelle ne dépendpas de la temporelle ; c’est donc celle-ci quidépend de l’autre. 4 0 . Si l’adtninistrationtemporelle empêche le bien spirituel , leprince est tenu de la changer, & TEglisea droit de l’y contraindre ; car elle doitavoir toute la puissance nécessaire pour pro-curer ce bien spirituel : or , la puissance dedisposer du temporel des rois est quelque-fois néceíîàire pour cet effet , autrementles princes impies pourroient impunémentfavoriser les hérétiques, renverser la reli-gion , ùc. j 0 * II n’esl pas permis aux Chré-tiens de tolérer un roi infidèle ou héréti-que , s’il s’efforce de pervertir ses sujets.Or , il n’appartient qu’au pape ou à l’E-gîiíe de juger s’il abuse ainsi de sa puis-sance ; & par conséquent c’est au pape ouà l'Eglise à décider s’il doit être déposé oureconnu pour légitime souverain. 6°. Quandles princes ou les rois se convertissent auchristianisme , on ne les reçoit que fous lacondition expresse ou tacite de se soumet-tre à Jesus-Christ, & de défendre fa reli-gion ; on peut donc les priver de leursétats, s’ils manquent à la remplir. 7 0 . QuandJesus-Christ a confié à S. Pierre & à sessuccesseurs le foin de son troupeau , il lui aaccordé le pouvoir de le défendre contreles loups , c’est-à-dire les hérétiques & lesinfidèles ; or, la puissance temporelle est né-cessaire à cet effet. 8°. Les princes sécu-liers exercent leur pouvoir fur des chosesspirituelles, en faisant des lois fur ce quiconcerne le culte de Dieu , l’administra-tion des sacremens , la décence du servicedivin ; l’Eglise peut donc également exer-cer sa puiíîance sur les choses temporelleslorsqu’elle le juge nécessaire pour la défenseH la conservation de la religion.

Tous ces raisonnemens de Bellarmin ,ou font de purs sophismes qui supposent cequi est en question , ou partent de princi-

K s évidemment faux. Car i°. de ce queglise peut exercer sa juridiction spiri-tuelle sur la personne des rois, en tant quefideles , s’eníuit-il qu’elle ait quelque auto-rité fur eux, en tant qu’ils font rois ? Est-ceen cette qualité qu’ils lui font inférieurs ?2°. La fin que se propose chaque puissanceest bien différente l’une de l’autre ; leursTome XXXII .

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limites font distinguées , & elles font par-faitement indépendantes chacune dans songenre. 3 0 . L’Egliso n’est qu’un seul corps ,mais auquel la puissance temporelle n’ap-partient pas ; le pouvoir que lui a confiéJesus-Christ est purement spirituel ; & com-me l’empire ne doit point empiéter sur lesdroits du sacerdoce , le sacerdoce ne doitpoint usurper ceux de l’empire. 4°. IEglisea droit de contraindre les princes à procu-rer le bien de la religion , en employantles conseils , les exhortations , même lespeines spirituelles , si elles sont absolumentnécessaires mais s’ensuit-il de-là qu’ellepuisse les déposer & les priver de leursétats ? Sont-ce là les armes qu’elle a em-ployées contre les persécutions des empe-reurs payens ? On convient qu’il n’estpas permis de tolérer un prince impie &hérétique, c’est-à-dire, de servir son impié-té , de soutenir son erreur ; mais ces vicesne lui ôtent point fa souveraineté , & nedispensent point ses sujets del’obéillancequilui est due, quant au temporel ; les premiersfideles toléroient en ce sens les Nérons &les Dioclétiens ; non par foibleílè , commele prétend Bellarmin , mais par principe deconscience , parce qu’ils étoient persuadésqu’en aucun cas la révolte n’est permise àdes sujets. 6 °. La condition que supposeBellarmin , dans la soumission des princes àl’Eglise , est une pure chimere : ils sc sou-mettent aux peines spirituelles que l’Eglisepeut décerner contre rous ses enfàns , dunombre desquels font les princes , maisils tiennent leur puistânee temporelle immé-diatement de Dieu ; c’est à lui seul qu’ilsen font comptables. 7 0 . Jesus-Christ n’adonné à S. Pierre & à ses successeurs , enqualité de chefs de l’Eglise , que la puis-sance spirituelle pour préserver leur trou-peau de la contagion de l’erreur. 8°. Lesprinces sont les protecteurs de l’Eglise &ses défenseurs ; mais ils n’ont pas pour celade pouvoir fur le spirituel ; l’Eglise n’en adonc pas davantage fur leur temporel ,quoiqu’elle faste des lois contre ceux quirefusent d’obéir à leurs légitimes souve-rains.

Le même auteur accumule différendfaits , tels que la conduire de S. Ambroiseà 1 égard de Theodose j le privilège accordaA a a a a a