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Tome trente-deuxième.
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scrupuleux méme j & c’est peut - être lemeilleur fond sur lequel puisse porter lasaine philosophie. Justifions celle de Var-ron par le développement du principe qu'ilvient de nous présenter.

Remarquons d’abord que dans la plupartdes langues il y a des temps simples & deste/nps composés.

Les temps simples , font ceux qui ne con-sistent qu'en un seul mot, & qui, entés tousfur une même racine fondamentale , difte-rent entr’eux par les inflexions & les ter-minaisons propres à chacun.

Je dis inflexions & terminaisons &í'entends par le premier de ces termes, leschangemens qui fe font dans le corps mê-me du mot avant la derniere syllabe ; &par le second , les changemens de la der-niere ou des dernieres syllabes. Voyeij IN-FLEXION. Pung-o & pung-txm ne diffèrentque par des terminaisons ; & il en est deméme de pupttger-o & pupuger -am : aucontraire , p ungo & pupugero ne diffèrentque par des inflexions , de même que p un-gam & p upugeram , puifqu’ils ont des raci-nes & des terminaisons communes : enfin,p ungam & pupugero diffèrent & par les in-flexions, & par les terminaisons.

Les temps composés font ceux qui résul-tent de plusieurs mots , dont l’un est untemps simple de verbe méme, & Je relie estemprunté de quelque verbe auxiliaire.

On entend par verbe auxiliaire , unverbe dont les temps servent à former ceuxdes autres verbes ; & l'on peut en distin-guer deux eípeces, le naturel & l’ufuel.

Le verbe auxiliaire naturel , est celui quiexprime spécialement & essentiellementf existence , & que l’on connoît ordinaire-ment fous le nom de verbe substantif -,sumen latin, jesuis en françois, iosono en ita-lien ,yo s oy en espagnol, ich bin en aile—

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mand , »l^î en grec. Je dis que ce verbe estauxiliaire naturel , parce qu’exprimant es-sentiellement l’existence, il paroît plus na-turel d'en employer les temps, que ceux detout autre verbe , pour marquer îes disté-réos rapports d’existence qui caractérisentles temps de tous les verbes.

Le verbe auxiliaire usuel , est celui qui aune signification originelle , toute autreque celle de l’existence, & dont l’usage ledépouille entièrement , quand il sert à laformation des temps d’un autre verbe,pour ne lui laisser que celle qui convientaux rapports d’existence qu’il est alors chargéde caractériser. Tels font, par exemple , enfrançois , les verbes avoir & devoir , quandon dit, f ai loue } je devois sortir ; ces ver-bes perdent alors leur signification origi-nelle ; avoir nesignifie plus possession, maisantériorité ; devoir ne marque plus obliga-tion , mais postériorité. Je dis que ces ver-bes font auxiliaires usuels , parce que leursignification primitive ne les ayant pasdestinés à cette efpece de service, ils n’ontpu y être assujettis que par l'autorité del’usage , que m penes arbitrium efl & jusfir norma loquendi. Horace, art. Poe t. y z.

Las langues modernes de l’Europe fontbien plus usage des verbes auxiliaires queles langues anciennes ; mais les unes & lesautres font également guidées par se mêmeesprit d’analogie.

§■1. Analogies des temps dans quel-ques langues modernes de /’ Europe. Com-mençons par reconnoître cet esprit d’ana-logie dans les trois langues modernes quenous avons déja comparées la françoise ,ritalienne & l’espagnosei

i°. On trouve dans ces trois langues sekmêmes temps simples ; & dans í'une,comme dans l’autre , il n’y a de simples ,que ceux que je regarde comme des pré*sens.

Présent,

indéfini.

antérieur simple,antérieur périodique,postérieur.

franç.je loue.je luois.je louai,je louerai.

iras.

hdo.

lodava,

lodai.

lode'ro.

espagn.

alabo.

alabava,

alabe’.

alabarét