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Il me semble que les prétérits, qui nefont point comparatifs, sont suffisammentdistingués de ceux qui le sont , par la sup-pression de l’épithete , même de compa-ratifs ; car c’eíi être en danger de se payerde paroles, que de multiplier les nomsfans nécessité. Mais d’autre part, on courtrisque de n’adopter que des idées confuses,quand on n’en attache pas les caractèresdistinctes à un astèz grand nombre de dé-nominations : & cette remarque me dé-termineroit astèz à appeller positifs tousles prétérits qui ne sont pas comparatifs,fur-tout dans les occurrences où l’on par-leroit des uns , relativement aux autres.Je vais me servir de cette distinction dansune derniere remarque fur st usage des pré-térits comparatifs.
11s ne peuvent jamais entrer que dansune proposition qui est membre d une pé-riode explicite ou implicite ; explicite ;f ai eu lu tout ce liure avant que vous eneujfe% lu la moitié : implicite ; f ai eu lutout ce livre avant vous , c’est-à-dire ,avant que vous l’euísiez lu. Or , c’eít uneréglé indubitable qu’on ne doit so servird’un prétérit comparatif, que quand leverbe de l’autre membre de la compa-raison est à un prétérit pojit f de mêmenom ; parce que les termes comparés ,comme je l ai dit cent fois , doivent êtrehomogènes. Ainsi l'on dira ; quand faieu chanté , je fuis sorti ; si favois euchanté , je Jeroissorti avec vous ; Quandnous aurons été sortis , ils auront renouéla partie , &c. Ce seroit une faute d’enuser autrement, & de dire , par exemple ,fi j'avois eu chanté, je sorti rois , Ùc.
Art. VI. Des temps considérés dans lesmodes. Les verbes se divisent en plusieursmodes qui répondent aux diftèrens aspectsfous lesquels on peut envisager la significa-tion formelle des verbes, ro/q Mode, On
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retrouve dans chaque mode la distinctiondes temps , parce qu’elle tient à la natureindestructible du verbe, ( voyez Verbe. )Mais cette distinction reçoit d’un mode à1 autre des différences si marquées , quecela mérite une attention particulière. Lesobservations que je vais faire à ce sujet,ne tomberont que sur nos verbes françois,afin d’éviter les embarras qui naîtroientd’une comparaison trop compliquée ; ceuxqui m’auronc entendu , & qu i connoîtronCd autres langues , sauront bien y appliquéemon système , & reconnoître ses partiesqui en auront été adoptées ou rejettéespar les duf'rens usages de ces idiomes.
Nous avons hx modes en françois : Fin-dicatif, l’impératis, le fuppolìtif , le sub-jonctif, Tinsinitis & le participe, ( voyeçces mots ) : c est l ordre que je vais siuvrçdans cet article.
§. i. Des temps de Vindicatif. II sembleque Tin dicatif soit le mode le plus na-turel & le plus nécessaire: lui seul ex-prime, directement & purement la propo-sition principale ; & c est pour cela queScaliger le qualifie /oser modus aptus feien-tiis, folus pater veritatis ( de cauj. L. Z.cap. cxvj. Aussi est-ce le seul mode quiadmette toutes les especes de temps au-torisées dans chaque langue. Ainsi il nes’agit, pour faire connoître au lecteur lemode indicatif, que de mettre sous scsyeux le système figuré des yemps que jeviens d analyser.^ /e mettrai en parallèletrois verbes ; l’un simple , empruntant! Tauxiîiaire avoir ; le second , égalementsimple , mais se servant de Tauxiîiaire na-turel être \ enfin la troisième pronominal ,<k pour cela même différent des deuxautres dans la formation de ses prétéritscomparatifs.
Ces trois verbes seront chanter , arriver^se révolter*