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Si Clément VII. eût traité Ilèniri VIII.avec plus de modération , la religioncatholique seroic encore aujourcthui do-minante en Angleterre. II est évidentpar Fadverbe aujourd' hui , que seroit estemployé dans cette phrase comme présentactuel.
En peignant dans un récit le désespoird’un homme lâche , on peut dire : Il s’ar-rache les cheveux , il se jette à terre , ilje releve , il blasphème contre le ciel , ildétejle la vie qa il en a reçue , il mour-roit s'il avoit le courage de se donner lamort. II est certain que tout ce que l’onpeint ici est antérieur au moment où l’onparle , il s’arrache , il fe jette , il se re-leve , il blasphème , il détejle , sont ditspour il s } arrachait , il se jettoit , il jerekvoit , il blajphémoit , il détejloit ,qui font des présents antérieurs, & qui,dans l’instantdont on rappelle le souvenir,pouvoient être employés comme des pré-sents actuels : mais il en est de même duverbe il mourrait ; on pouvoit l’employeralors dans le sens actuel, & on l’emploieici dans le sens antérieur comme les verbesprécédents, dont il ne différé que parl’idéeaccessoire d’hypothèse , qui caractérise lemode suppositif.
Si ma voiture étoit prête, je partirais de-main : Fadverbe demain exprime íi nette-ment une époque postérieure , qu’on nepeut pas douter que le verbe je partiroisne soit employé ici comme présent posté-rieur.
2 . 0 . Le prétérit positif est pareillementindéfini,puisqu’on peut pareillement le rap-porter à diverses époques , selon la diver-sité des occurrences.
Les Romains auroient conservé ïempirede la terre , sils avoient conservé leursanciennes vertus ; c’est-à-dire , que nouspourrions dire aujourd’hui, les Romainsont conservé , Or , le verbe ont con-
servé étant rapporté à aujourd'hui , qui ex-prime une époque actuelle , est employécomme prétérit actuel : par conséquent ilsaut dire la même chose du verbe auraientconservé , qui L ict se même sens, si cen’est qu’il ne 1 énoncé qu’avec l’idée acces-soire d’hypothese j au lieu que l’on dit ont
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conservé' d’une maniéré absolue & indé-pendante de toute supposition.
J aurois fini cet ouvrage à la findu mois prochain , Ji des affaires urgentesne m'avoient détourné : le prétérit positif,j'aurois fini , est relatif ici à Fépoque dé-signée par ces mots , la fin du mois pro-chain , qui est certainement une époquepostérieure ; & c’est comme si l’on diloitje pourrois dire à la fin du mois prochain }j'ai fini , &c. /’aurois fini est donc em-ployé dans cette phrase comme prétéritpostérieur.
3°. Ce qui est prouvé du prétérit positif,est également vrai du prétérit comparatif;il peut dans différentes phrases se rapporterà différentes époques ; il est indéfini.
Quand j’aurois eu pris toutes mes mesures,avant Varrivée du minijìre, je ne pouvoisréujjir fans votre crédit. W y a ici deux évé-nemens présentés comme antérieurs aumoment de la parole , la précaution d’avoirpris toutes les mesures , & F arrivée du mi-ministrejc’est pourquoi j'aurois eu pris estemployé ici comme prétérit actuel , parcequ’il énonce la chose comme antérieureau moment de la parole : il est comparatif,afin d’indiquer encore l'antériorité des me-sures prises à Fégard de F arrivée du minis-tre , laquelle est également antérieure àFépoque actuelle. C est comme si I on di-soit , quant à Varrivée du minijìre , ( quiest au prétérits actuel, puisqu’elle est ac-tuellement passée), ï aurois pu dire , ( au-tre prétérit également actuel ), f ai pris tou-tes mes mesures , ( prétérit rapporté immé-diatement à 1 époque de l’arrivée du minis-tre, &par comparaison à Fépoque actuelle).
Si on lui avoit donné le commandementsf étois sûr qièil auroit eu repris toutes nosvilles avant que les ennemis pujffentse mon-trer ; c’est-à-dire , je pouvois dire avec cer-titude , il aura repris toutes nos villes , &c.Or,/7 aura repris est vraiment le prétérit posi.térieur de I’indicatif: il auroit eu repris estdonc employé comme prétérit postérieur ,puisqu’il renferme le même sens.
4 °. Pour ce qui concerne le prétérit pro-chain, il est encore indéfini, & on peut î’em«ployer avec relation à différentes époques.
Quelqu’un veut tirer de ce que je viens,de rentrer, une conséquence que je dés»-