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„ nouviux , ( tom. IX. pag. 73 - ) jl est„ fâcheux de sentir , malgré soi, diminuer,, son estime pour la langue françoise , oùl’on ne volt presque aucune analogie ,„ où touc est bizarre pour l’exprelsion,, comme pour la prononciation , & sans„ cause ; où l’on n’apperçoit ni principes ,„ n i réglés, ni uniformité ; où enfin toutr> parolt avoir été dicte par un capricieux„ génie. En vérité, dit-il ailleurs (Racine,) vengé, Iphig. II. v. 46 .) 1 étude de la,, grammaire françoise inspire un peu la,, tentation de mépriser notre langue ».
Je pourrois fans doute détruire cettecalomnie par une foule d’obfervations vic-torieuses , pour faire avec succès l’apo-logie d une langue , dé;a afìez vengée desnationaux qui ont la maladrestb de la mé-priser, par l’accueilhonorablequ’011 luisaitdans toutes les cours étrangères , je n’au-rois qu à ouvrir les chef-d’œuvres qui ontfixé Pépoque de fa gloire , &: faire voiravec quelle facilité & avec quel succès elles’y prête à tous les caractères , naïveté,justesse , clarté , précision , délicatesse ,pathétique , sublime , harmonie, ùc. Maispour ne pas trop m’écarter de mon sujet,je me contenterai de rappeller ici l’harmo-nie analogique des temps , telle que nousl’avons observée dans notre langue : tousles préfens y font simpLs ; les prétéritspositifs y font composés d’un temps simpledu même auxiliaire avoir 011 être ; les com-paratifs y font doublement composes ; lesprochains y prennent ^auxiliaire venir \ lesfuturs positifs y empruntent constammentle secours de l’auxiliaire devoir ; & lesprochains, celui de l’auxiliaire aller : &cette analogie est vraie dans tous les verbesde la langue, & dans tons les modes dechaque verbe. Ce qu’on lui a reprochécomme un défaut, d’employer les mêmestemps , ici, avec relation à une époque ,& là , avec relation à une autre , loin dela déshonorer, devient au contraire , à lafaveur du nouveau système, une preuved’abondance & un moven do rendre avecune iustesiè rigoureuse les idées les plusprécises -. c’est en effet la destination destemps indéfinis , qui , faisant abstractionde toute, époque de comparaison , fixentplus particulièrement Inattention fur la re-
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lation de l’existence á l’époque, commeon l’a vu cn son lieu.
Mais ne fera-t-il tenu aucun compteà notre langue de cette foule de prétérits& de futurs , ignorés dans la langue latine ,au prix de laquelle on la regarde commepauvre? Les regardera-t-onencore commedes bizarreries, comme des esters fans cau-ses , comme des expressions dépourvues desens, comme des siiperstuités introduitespar un luxe aveugle & inutile aux vuesde l’élocution? La langue italienne, enimitant à la lettre nos prétérits prochains,fe fera-t-elle donc chargée d’une pure bat»tologie ?
J’avouerai cependant à Pabbé des Fon-taines , qu’à juger de notre langue par lamaniéré dont le système est exposé dansnos grammaires, onpourroitbicn conclure,comme il a fait lui-même. Mais cette con-clusion est - elle supportable à qui a luBoísùct, Bourdaloue , la Bruyere, la Fon-taine, Racine, Boileau, Pascal, &c. ís'c. &c.Voilà d’où il faut partir , & l'on concluraavec bien plus de vérité, que le désordre ,
I anomalie , les bizarreries sont dans ncsgrammaires, &que nos grammairiens n’ontpas encore saisi avec assez de justesse ,ni approfondi dans un détail suffisant !eméclwnisme & le génie de notre langue.Comment peut-on lili voir produire tancde merveilles fous différentes plumes, quoi*qu’elle ait dans nos grammaires un airmaussade , irrégulier & barbare ; & ce-pendant ne pas soupçonner lo moins du.monde l’exactitude de nos grammairiens ,mais invectiver contre la langue mémede la maniéré la plus indécente & la plusinjuste ?
C’est que toutes les fois qu’un seul hommevoudra tenir un tribunal pour y juger lesouvrages de tous les genres de littérature ,& faire seul ce qui ne doit & ne peut être- bien exécuté que par une société ast’eznombreuse de gens de lettres choisis avecfoin ; il n’aura jamais le loisir de rien ap-profondir ; il sera toujours preste de dé-cider d’après des vues superficielles ; ilportera souvent des jugemens iniques &faux , & altérera ou détruira entièrementles principes du goût, & le g- v Ût mêmedes bonnes études, dans ceux qui auront