INTRODUCTION.
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§ 38. — Pour donner une idée exacte du travail, pour qu’onpuisse apprécier la manière dont nous avons procédé, et les basessur lesquelles les réformes ont été faites, nous sommes obligé detracer avec détails la marche de nos recherches, et d’indiquer surquoi nous avons appuyé nos jugements. Nos comparaisons appar-tiennent h deux ordres de faits qu’il faut d’abord séparer :
Aux considérations géologiques,
Aux considérations zoologiques ;
et ensuite, dans ces deux sciences, aux différents points de vue quileur sont applicables. Nous allons donc les passer successivementen revue, en faisant en même temps notre profession de foi sur lesprincipes qu’on doit adopter h l’égard de ces deux séries de ques-tions indépendantes, et pourtant nécessaires pour arriver h une so-lution satisfaisante.
f CONSIDÉRATIONS GÉOLOGIQUES.
§ 39. De la date, de l’âge relatif en géologie. — On a déjàpu entrevoir, d’après ce que nous avons dit (§ 10, 11), que lepoint de départ de toutes les recherches de géologie et de pa-léontologie stratigraphiques doit être la date ou l’àge relatif desfaunes fossiles; car une histoire ne peut se faire sans avoir l’or-dre chronologique. Nous avons dit que celte date ne peut être don-née que par la superposition rigoureuse des étages sur les lieuxoù il n’y a pas de lacunes, où les époques se sont succédé dans unordre régulier et sans interruption. Nous avons vu, en effet, dansnos recherches, que c’était dans la nature même qu’il fallaitprendre les bases générales d’une solution stratigrapbique. Dès nospremières observations sur le sol de la France, à notre retour d’A-mérique en 1854, nous avons reconnu qu’en remontant ou des-cendant la série des couches nous trouvions partout la même suc-cession d’êtres fossiles, cantonnée dans les mêmes limites de hau-teur géologique. Par la comparaison des faunes recueillies avec leplus grand soin, suivant la stratification rigoureusement observée,et réunies dans notre collection dans leur ordre chronologique desuperposition, nous obtenions à chaque nouvelle recherche de nou-velles convictions sur la stratigraphie géologique. Nous reconnais-sions également que le caractère minéralogique des couches n’a-vait servi qu’a tromper les observateurs peu au courant des élé-
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