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Mais le rapporteur 1 , qui s’était montré personnellement plus sé-vère comme professeur à l’école des mines, a soin d’ajouter : c< Onpeut cependant toujours prévoir un tel degré d’infection grisou-teuse, dans certains quartiers exceptionnels, que l’interdictionabsolue du tirage à la poudre y soit Yultima ratio de la sécu-rité. Il convient donc, à cet égard, d’indiquer les moyens desuppléer à l’emploi de la poudre dans les travaux souterrains 2 . »
Avant d’aborder cette étude des remplaçants des explosifs, jevoudrais compléter l’avis collectif et officiel de la science fran-çaise par l’opinion particulière de quelques savants et praticienséminents.
M. Berthelot, de l’Institut, dans les conclusions qu’il tire deses expériences désormais classiques sur l’onde explosive, in-siste sur l’importance d’une agitation préalable et de la tempé-rature initiale du mélange explosif, et en déduit que, pour unemême quantité de grisou, un coup de mine doit donner lieu àune explosion beaucoup plus violente et plus désastreuse que laflamme d’une lampe ou d’une allumette.
La belle série d’expériences poursuivies pendant plusieursannées dans le laboratoire de l’école des mines, par MM. Mal-lard et Lechatelier, et les considérations théoriques dont le mé-moire récent 3 de ces deux savants professeurs est accompagné,démontrent également le rôle capital que peuvent jouer l’agita-tion préalable et la température initiale du mélange explosif.
M. Abel, le célèbre chimiste de Woolwich, en rendant comptede ses expériences sur l’action des poussières charbonneusesdans les explosions de grisou, insiste sur un autre danger 4 :« Avec des poussières très sensibles, dit-il, et avec la présenced’une source de chaleur ou de flamme considérable, d’autrepart, telle que celle produite par un coup de mine qui débourre,ou surchargé, une petite proportion de grisou, dont la possibi-
1 M. Haton de la Goupillière.
2 Dans ses « Principes à consulter, » la commission recommande derestreindre le plus possible l’usage des explosifs.
3 Annales des mines, 1888, cinquième livraison.
4 Annales des mines, 1881, quatrième livraison, pag. 158. Traductionfrançaise de M. Aguillon.