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Maximes, pensées, anecdotes, caractères & dialogues : ; précédé de l'histoire de Chamfort par P. J. Stahl; suivi de fragments complètement inédits / Sebastien Roch Chamfort
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III
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PRÉFACE.

Tl!

La vérité est que, pour le plus grand nombre,l'homme de lettres est resté quelque chose commece quélaient les trouvères et les troubadours delancien temps, cest-à-dire des joueurs de citholeou de mandore, des ménétriers bons à marquer lestemps des divers exercices auxquels se livrent lesautres, mais peu propres à y prendre part.

Je ne charge guère le tableau, si je le charge.

Lesprit humain est ainsi fait : ceux mêmes quitrouvent tout naturel qu'un marchand de souliersou de cannelle, quun herboriste ou un meunier,quun fabricant de mérinos ou un soldat aspirentà conduire et à éclairer leur pays, s'étonnent ingé-nument qu'un homme de lettres, dont la missionest d'étudier et de connaître les hommes, ait lamême ambition et se croie les mêmes devoirs.

A qui la faute ?

Est-ce celle de lhomme de lettres, ou celle de laprofession ?

La faute, selon nous, nest ni à l'un ni à l'autre.Lhomme et la profession en valent dautres, pourle moins ; et je dirais que la faute en est au public,qui préjuge souvent au lieu déjuger, sil nétait con-venu que le public na jamais tort. *

Disons donc que la faute tient plutôt, cependant,à la profession quà lhomme.

Et, en effet, cette noble profession, la plus belle,la plus périlleuse, la plus grande de toutes, pour quisait la comprendre et thonorer, cette profession asur toutes les autres un grand désavantage.

Sur ce théâtre quon appelle le monde, au lieudètre perdu dans la foule comme le spectateur, etde pouvoir jouir jamais du bénéfice de lobscurité etde limpunité commode de lincognito, lhomme delettres, pour peu qu'il existe, est en vue comme un