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Maximes, pensées, anecdotes, caractères & dialogues : ; précédé de l'histoire de Chamfort par P. J. Stahl; suivi de fragments complètement inédits / Sebastien Roch Chamfort
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PRÉFACE.

mais il faut que vous me laissiez à moi-même.

» Il nest pas juste que je porte, en même temps,le poids de la pauvreté et le poids des devoirs atta-chés à la fortune; j'ai une santé délicate et la vuebasse : je nai gagné jusquà présent dans le mondeque des boucs, des rhumes, des fluxions et des indi-gestions, sans compter le risque dctre écrasé vingtfois par hiver. 11 est temps que cela finisse, et, sicela nest pas terminé à telle époque, je pars. »

« Lindépendance, la santé, le libre emploi demon temps, lusage, même lusage fantasque de meslivres, voilà ce quil me faut, si ce nest point ce quime suflit. »

Il raconte encore que, touchant par an près dequatre mille livres, il se considérerait comme riche,mais que ses liaisons dans le grand monde navaientpas tardé à lui faire regarder cette fortune commeune véritable détresse, et que, forcé dopter entredeux partis, celui de faire de la littérature un métierou celui de solliciter des grâces avilissantes, il avaitopté pour un troisième parti, celui de la retraite.

Puis il tourne sa mélancolie contre lui-même.« A la fin, on se lasse de soi, » dit-il avec un sourire lesprit se montre jusque dans la tristesse. Lema! de Chamfort alors, cétait la fatigue et, parsuite, le vide de son cœur. Heureusement, le remèdenétait pas loin.