XXVIII
PRÉFACE.
mais il faut que vous me laissiez à moi-même.
» Il n’est pas juste que je porte, en même temps,le poids de la pauvreté et le poids des devoirs atta-chés à la fortune; j'ai une santé délicate et la vuebasse : je n’ai gagné jusqu’à présent dans le mondeque des boucs, des rhumes, des fluxions et des indi-gestions, sans compter le risque d’ctre écrasé vingtfois par hiver. 11 est temps que cela finisse, et, sicela n’est pas terminé à telle époque, je pars. »
« L’indépendance, la santé, le libre emploi demon temps, l’usage, même l’usage fantasque de meslivres, voilà ce qu’il me faut, si ce n’est point ce quime suflit. »
Il raconte encore que, touchant par an près dequatre mille livres, il se considérerait comme riche,mais que ses liaisons dans le grand monde n’avaientpas tardé à lui faire regarder cette fortune commeune véritable détresse, et que, forcé d’opter entredeux partis, celui de faire de la littérature un métierou celui de solliciter des grâces avilissantes, il avaitopté pour un troisième parti, celui de la retraite.
Puis il tourne sa mélancolie contre lui-même.« A la fin, on se lasse de soi, » dit-il avec un sourireoù l’esprit se montre jusque dans la tristesse. Lema! de Chamfort alors, c’était la fatigue et, parsuite, le vide de son cœur. Heureusement, le remèden’était pas loin.