'maximes et pexsées.
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Ceux qui rapportent tout à l’opinion res-semblent à ces comédiens qui jouent mal pourêtre applaudis, quand le goût du public est mau-vais : quelques-uns auraient le moyen de bienjouer, si le goût du public était bon. L'honnètehomme joue son rôle le mieux qu’il peut, sanssonger à la galerie.
Il y a une sorte de plaisir altaché au cou-rage qui se met au-dessus de la fortune. Mépriserl’argent, c’est détrôner un roi : il y a du ragoût.
Il y a un genre d’indulgence pour ses en-nemis qui parait une sotlise plutôt que delàbonlé ou de la grandeur d’àme. M. de C... meparait ridicule par la sienne. Il me parait ressem-blerà Arlequin, qui dit : « Tu me donnes un souf-flet ; eh bien, je ne suis point encore fâché. » Ilfaut avoir l’esprit de haïr ses ennemis.
,*, Robinson dans son île, privé de tout etforcé aux plus pénibles travaux pour assurer sasubsistance journalière, supporte la vie, et mêmegoûte, de son aveu, plusieurs moments de bon-heur. Supposez qu’il soit dans une île enchantée,pourvue de (ouf ce qui estagréable à la vie, peut-être le désœuvrement lui eût-il rendu l’existenceinsupportable.
Les idées des hommes sont comme lescaries et autres jeux. Des idées que j’ai vu au-trefois regarder comme dangereuses et trop har-
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