MAXIMES ET PENSÉES.
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due et leur développement. Un homme qui a ungrand élal dans le monde a une prison plusgrande et plus ornée ; celui qui n’y a qu’un petitétat est dans un cachot ; l’homme sans état est leseul homme libre, pourvu qu’il soit dans l’ai-sance, ou du moins qu’il n’ait aucun besoin deshommes.
On est plus heureux dans la solitude quedans le monde. Cela ne viendrait-il pas de ce que,dans la solitude, on pense aux choses, et que, dansle monde, on est forcé de penser aux hommes?
Les pensées d’un solitaire, homme desens, et fût-il d’ailleurs médiocre, seraient bienpeu de chose, si elles ne valaient pas ce qui sedit et se fait dans le monde.
Un homme qui s’obstine à ne laisser ployerni sa raison, ni sa probité, ou du moins sa déli-catesse sous le poids d’aucune des conventionsabsurdes ou malhonnêtes de la société; qui nefléchit jamais daus les occasions où il a intérêtde fléchir, finit infailliblement par rester sansappui, n’ayant d’autre ami qu’un être abslraitqu’on appelle la verlu, qui vous laisse mourir defaim.
Il ne faut pas ne savoir vivre qu’avec ceuxqui peuvent nous apprécier : ce serait le besoind’un amour-propre trop délicat et trop difficile àcontenter ; mais il faut ne placer le fond de sa