63
ESPRIT DE CHÀMFORT.
La sociélé, qui rapetisse beaucoup les 'hommes, réduit les femmes à rien.
Les femmes ont des fantaisies, des engoue-ments , quelquefois des goûts ; elles peuventmême s’élever jusqu’aux passions : ce dont ellessont le moins susceptibles, c’est rattachement.
Elles sont faites pour commercer avec, nos fai-blesses, avec noire folie, mais non avec notreraison. Il existe cuire elles et les hommes dessympathies d’épiderme, et très-peu desympalhiesd’esprit, d’âme et de caractère. C’est ce qui estprouvé par le peu de cas qu’elles font d’unhomme de quarante ans ; je dis même celles quisont à peu près de cet âge. *
,*, Quand un homme et une femme ont l’unpour l'aulre une passion violente, il me sembletoujours que, quels que soient les obstacles quiles séparent, un mari,des parents, etc., les deuxamants sont l’un à l’autre, de par la nature ;qu’ils s’appartiennent de droit divin, malgré leslois et les conventions humaines.
Ole./, l'amour-propre de l’amour, il enreste trop peu de chose. Une fois purgé de va-nité, c’est un convalescent all'aibli, qui peut àpeine se traîner.
L’amour, tel qu’il existe dans la société,n’est que l’échange de deux fantaisies et le cnn- *
tact de deux épidémies.