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COMPLEMENT.
mois de plus ou de moins sont la seule diffé-rence enlre l’infidèle et l’abandonné.
La considération de l'homme le plus célè-bre tient au soin qu'il a de ne pas se prodiguer.
Il faut regarder l’économie comme unmoyen d’étre toujours indépendant des hommes,condition plus nécessaire qu’on ne croit pourconserver son honnêteté.
On suppose que le comte d’Artois a dit àun notable dont l’avis avait été favorable aupeuple : « Est-ce que vous voulez nousenroturcr?»Je ne crois point ce mot; mais, s’il a été dit, lenotable pouvait répondre : « Non, monseigneur;mais je veux anoblir les Français, en leur don-nant une patrie. On ne peut anoblir les Bour-bons; mais on peut encore les illustrer, en leurdonnant pour sujets des citoyens ; et c’est ce quileur a toujours manqué. »
»*. L’aisance du pauvre fait partie de l’opu-lence du riche.
Un journal sans malice est un vaisseaudémâté, à qui les corsaires mêmes refusent lesalut.
,*, Les gens sages, quand ils font une sottise,remettent la sagesse à une autre fois.
J’aime mieux que l’on calomnie mon si-lence que mes paroles.