CARACTÈRES ET ANECDOTES. 121
laquelle il saute. Dès lors, tout change; l’espritdes différents états, la vanité particulière à cha-cun d’eux, ses différentes nuances dans les indi-vidus, les friponneries, etc., tout devient diver-tissant, et on conserve sa santé.
,*» M... me disait :« J’ai renoncé à l’amitié dedeux hommes: l’un, parce qu’il ne m’a jamaisparlé de lui ; l’autre, parce qu'il ne m’a jamaisparlé de moi.
,*» On demandait au même pourquoi les gou-verneurs de province avaient plus de faste quele roi : « C'est, dit-il, que les comédiens de cam-pagne chargent plus que ceux de Paris. »
Un prédicateur de la Ligue avait pris pourtexte de son sermon : Eripe nos, Domine, à lutofœcis, qu’il traduisait ainsi : « Seigneur, débour-bonnez-nous ! »
.*, Le régent envoya demander au présidentDaron la démission de sa place de premier pré-sident du parlement de Bordeaux. Celui-ci ré-pondit qu’on ne pouvait lui ôter sa place sans luifaire son procès. Le régent, ayant reçu la lettre,mit au bas : Qu’à cela ne tienne, et la renvoyapour réponse. Le président, connaissant le princeauquel il avait affaire, envoya sa démission. .
Un homme de lettres menait de front unpoème et une affaire d’où dépendait sa fortune.On lui demandait comment allait son poème.