CARACTÈRES ET ANECDOTES. 151
qui en profitait le plus librement. Le roi dePrusse, avant la bataille de Rosbach, lui dit que,s’il la perdait, il se rendrait à Venise, où il vi-vrait en exerçant la médecine. Quintus lui ré-pondit : «Toujours assassin! »
Le chevalier de Montbarey avait vécu dansje ne sais quelle ville de province, et, à son re-tour, ses amis le plaignaient de la mauvaisesociété qu’il avait eue. «C’est ce qui vous trompe,répondit-il; la bonne compagnie de cette ville yest comme partout, et la mauvaise y est excel-lente. »
,% Un paysan partagea le peu de biens qu’ilavait entre ses quatre fils, et alla vivre tantôtchez l’un, tantôt chez l’autre. On lui dit, à sonretour d’un voyage chez ses enfants : «Eh bien,comment vous ont-ils reçu? comment vous ont-ils traité?— Ils m’ont traité, dit-il, comme leurenfant. » Ce mot paraît sublime dans la bouched’un père tel que celui-ci.
»*» Dans une société où se trouvait M. deSchwalow, ancien amant de l’impératrice Élisa-beth, on voulait savoir quelques traits relatifs àla Russie. Le bailli de Chabrillanl dit: «M. deSchwalow, dites-nous cette histoire ; vous devezla savoir, vous qui étiez le Pompadour de cepays-là. »
»*, Le comte d’Artois, le jour de ses noces,