CARACTÈRES ET ANECDOTES. 183
gnon, celui-ci lui demanda si son intrépiditén’était pas ébranlée au commencement d’unebataille. « Oui, dit M. de Turenne, j’éprouve unegrande agitation; mais il y a dans l’armée plu-sieurs officiers subalternes et un grand nombrede soldats qui n’en éprouvent aucune. »
Diderot, voulant faire un ouvrage qui pou-vait compromettre son repos, confiait son secretà un ami qui, le connaissant bien, lui dit :« Mais, vous-même, me garderez-vous bien lesecret? » En effet, ce fut Diderot qui le trahit.
C’est M. de Maugiron qui a commis cetteaction horrible, que j’ai entendu conter, et quime parut une fable. Étant à l’armée, son cuisi-nier fut pris comme maraudeur; on vient le luidire : « Je suis très-content de mon cuisinier,répondit-il ; mais j’ai un mauvais marmiton. »Il fait venir ce dernier, lui donne une lettre pourle grand prévôt. Le malheureux y va, est saisi,proteste de son innocence, et est pendu.
Je proposais à M. de L... un mariage quisemblait avantageux. lime répondit : « Pourquoimemarierais-je? Le mieux qui puisse m’arriver,en me mariant, est de n’ètre pas cocu, ce quej’obtiendrai encore plus sûrement en ne me ma-riant pas. »
»*, Fontenelle avait fait un opéra où il y avaitun chœur de prêtres qui scandalisa les dévots ;