CARACTÈRES ET ANECDOTES.
207
»*, M. de... promettait je ne sais quoi à M. L...,et jurait foi de gentilhomme. Celui-ci lui dit :« Si cela vous est égal, ne pourriez-vous pasdire, foi d’honnête homme? »
»*»Le fameux Ben-Jonlison disait que tousceux qui avaient pris les Muses pour femmesétaient morts de faim, et que ceux qui les avaientprises pour maîtresses s’en étaient fort bientrouvés. Cela revient assez bien à ce que j’ai ouïdire à Diderot, qu’un homme de lettres sensépouvait être l’amant d’une femme qui fait unlivre, mais ne devait être le mari que de cellequi sait faire une chemise. Il y a mieux que toutcela : c’est .de n’ètre ni l’amant de celle qui faitun livre, 'ni le mari d’aueune.
,*» Ce n’est pas, me disait M. de M..., unhomme très-vulgaire, que celui qui dit à la for-tune : « Je ne veux de toi qu’à telle condition ;tu subiras le joug que je veux t’imposer; » et quidit à la gloire : « Tu n’es qu’une filleà qui je veuxbien faire quelques caresses, mais que je repous-serai si tu en risques avec moi de trop familièreset qui ne me conviennent pas. » C’était lui-même qu’il peignait ; et tel -est, en effet, son ca-ractère.
On disait d’un courtisan léger, mais noncorrompu : « Il a pris de la poussière dans le tour-