CARACTÈRES ET ANECDOTES. 213
quelque opération raisonnable, quelque chosed’honnête pour le faire chasser? »
»*, «Que peuvent pour moi, disait M..., lesgrands et les princes? Peuvent-ils me rendre majeunesse ou m’ôter ma pensée, dont l’usage meconsole de tout? »
M. de B... voyait madame de L... tous lesjours ; le bruit courut qu’il allait l’épouser. Surquoi, il dit à l’un de ses amis : « Il y a peud'hommes qu’elle n’épousât pas plus volontiersque moi, et réciproquement ; il serait bienétrange que, dans quinze afts d’amitié, nousn’eussions pas vu combien nous sommes antipa-thiques l’un à l’autre. »
,*. L’illusion, disait M..., ne fait d’effet surmoi, relativement aux personnes que j’aime, quecelui d'un verre sur un pastel. Il adoucit lestraits sans changer les rapports ni les propor-tions.
,*. On agitait dans une société la question :« Lequel était plus agréable de donner ou de re-cevoir? » Les uns prétendaient que c’était dedonner; d’autres, que, quand l’amitié était par-faite, le plaisir de recevoir était peut-être aussidélicat et plus vif. Un homme d’esprit, à qui ondemanda son avis, dit : « Je ne demanderai paslequel des deux plaisirs est le plus vif; mais jepréférerais celui de donner; il m’a semblé qu’au
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