CARACTÈRES ET ANECDOTES. 223
Irès-bien !a différence de l’homme aimable el del’homme digne d’être aimé.
« Le moment où j’ai renoncé à l’amour, di-sait M..., le voici : c’est lorsque les femmes ontcommencé à dire: « M..., je l’aime beaucoup,« je l’aime de tout mon cœur, etc. » Autrefois,ajoutait-il, quand j’étais jeune, elles disaient:«M..., je l’estime infiniment, c'est un jeune» homme bien honnête. »
,*.« Je hais si fort le despotisme, disait SI...,que je ne puis souffrir le mot ordonnance dumédecin. »
,*, Un homme était abandonné des médecins;on demanda à M. Tronchin s’il fallait lui donnerle viatique. « Cela est bien collant, » répondit-il.
Quand l’abbé de Saint-Pierre approuvaitquelque chose, il disait : « Ceci est bon pourmoi, quant à présent. » Rien ne peint mieux lavariété des jugements humains, et la mobilitédu jugement de chaque homme.
„*, Avant que mademoiselle Clairon eût établile costume au Théâtre-Français, on ne connais-sait pour le théâtre tragique qu’un seul habitqu’on appelait l’habit à la romaine, et avec lequel.on jouait les pièces grecques, américaines, espa-gnoles, etc. Lekain fut le premier à se soumettreau costume, et se fit faire un habit grec pourjouer Oreste d 'Andromaque. Dauberval arrive