CARACTÈRES ET ANECDOTES. 225
bien grand pour nous obliger à sauter par la fe-nêtre.
Les ministres en place s’avisent quelque-fois, lorsque, par hasard, ils ont de l’esprit, deparler du temps où ils ne seront plus rien. On enest communément la dupe, et l’on s’imaginequ’ils croient ce qu’ils disent. Ce n’est, de leurpart, qu’un trait d’esprit. Ils sont comme lesmalades qui parlent souvent de leur mort, et quin’y croient pas, comme on peut le voir par d’au-tres mots qui leur échappent.
On disait à Delon, médecin mesmériste :« Eh bien, M. de B... est mort, malgré la pro-messe que vous aviez faite de le guérir. Vousavez, dit-il, été absent, vous n’avez pas suivi lesprogrès de la cure : il est mort guéri. »
,*» On disait de M..., qui se créait des chi-mères tristes et qui voyait tout en noir : « Il faitdes cachots en Espagne. »
,*, L’abbé Dangeau, de l’Académie française,grand puriste, travaillait à une grammaire et neparlait d’autre chose. Un jour, on se lamentaitdevant lui sur les malheurs de la dernière cam-pagne (c’était pendant les dernières années deLouis XIV). « Tout cela n’empècliepas, dit-il, queje n’aie dans ma cassette deux mille verbes fran-çais bien conjugués. »
,*„ Un gazetier mit dans sa gazette : « Les uns