Vest; il embeUit la ville de monumenls, fit des-sechev les marais qui_,l’environnaient, et y fitcoustruire de beaux aqueducs. Environ 40 ansavant J.-C., Jules Cesar y etabbt une coloniequ’ll avalt tiree de la vingt-cbiquieme legion.Devenue metropole de la seconde Narbonnaise,Aix fut le siege du preteur ou comte romaiu quigouvernait la province, et que les legendes ap-pellent rex aquensis . Vers 1 annee 430, lesVisigoths et les Bourgnignons devasterent lesenvirons; mais, gräce ä- l’inlervention de l’ar-clieveque Basile, ils respecterent la eite d’Aix.Apres la bataille de Boitiers, Gondebaud, roides Bourgnignons, vint metlre le siege devantAix, qu’il abandonna pour aller assieger Mar-seille. Les Sarrasins saccagerent Aix, en massa-crerent les habitants, detruisirent les monu-nients et renverserent les murailles, qu’on nereleva qu en 796, sous le regne de Lotliairc.—Cetle eite ne commenqa ä acquerir uue nou-velle importance que sousle regne d’Alplionse II,roi d’Aragon, prince protecteur de la poesie etpotle lui-meme, qui, sur la fin du xu' siecle,y ailira cos aimables conteurs connus sous lenom de troubadours. A celte epoque, la courdes cointes de Provence devint le sejour dela galanterie, de l’csprit et de la politesse.Raymond-Beranger IV et Beatrix, son eponse,porterent encore plus loin cetle galanterie de-licate; lesqueslions galantes, lescoursd’amour,les diflerents tournois, les spectacles, les fetesou la folie et la piete etaient confondues, furentjournellement celebres dans la ville d’Aix sousleur regne, et surtout sous eelui du bon roiPiene, dont le Souvenir est encore eher aux lia-bitanls de la Provence. Ce roi y institua la ce-lebre procession de la Fete-Dieu, espcce derepresentation melde de sacre et de profane, depaganisme et de cbevaleric, qui allirait annuel-lement a Aix un nombre considerable d’etran-gers: l’enfer ancieu et moderne, l’Olympe etle paradis, les personnages de la Bilde et duNouveau Testament y liguraient au milieu dela pompe des tournois. Cette procession repa-rut en 1S03 et a etc cclebree plusieurs fois de-puis, au grand contenlement de la populationproveneale.—En 1481, apres la mort de Char-les III, heritier du roi Rene, la Provence ayantetc reunie ä la couronne, la ville d’Aix perditles avantages que lui assurait le sejour des sou-verains, et la creation d’un parlement parLouis XII ne l’en dedommagea qu’imparfaite-ment. Toutefois cette ville n’a pas cesse d’etrela capitale de la Provence pour les lettresetparles arts.—Aix fut pille par les Marseillais sousle regne de Francois I". Charles-Quint s’enempara et s’y fitcouronncr roi d’Arles en 1333.Celle ville souffvit considcrablement dans lesguerres de religion.
Du teinps des Romains, la ville etait situeeplus au nord-ouest. Son eneemte passait äl’Hötel-Dieu, aux Bains d’eau thermale, auxMinimes, et de lä eile cmbrassait 1 enclos deSylvacane. Celte circonscriplion «e parait pas
avoir sensiblement varie jusqu’a 1 eta issemcn
du siege episcopal. Plus tard, l anctenne v t ese depeupla, et les habitants reflnerent vers
sud-est, dans la partie qui est comprise aujour-d’hui dans la ville hasse. Des maisons furentconstruiles alors dans le quarlier de la ville ditdes Bagniers, et formereut un faubourg, quiprit dans la suite le nom de Ville-Comitale.Ainsi, des le sit' siecle, la ville d’Aix se trou-vait composee de trois parlies distinctes : l’an-cienne ville, ä laquelle on donna le nom deVille des Tours; la ville nouvelle ou Comitale,et le faubourg ou bourgSt-Sauveur. La Villedes Tours fut abandonnee vers la fin du xv csiecle. Un siecle apres, la place des Precheurs,le quartier Sl-Louis et eelui de Bellegardefurent ajoutes aux deux fanbourgs, et le toutfut entourc de murailles. Enfin, dans le xvn°siecle, on renferma dans la meine eneeiute leCours et tous les quarliers situes plus au sud :le faubourgactuel est posterieuräcette epoque.
Les armes d’Aix sont : d'or, ä ein q palsde gueules; au chef de Jerusalem, de Si-ede et d’Anjou .- le premier d’argent ä unecroix potencee d'or, canlonnee de rjuatrecroisettes de meme; le deuxieme seine defrance,au lambcl de trois pendants de gueu-les; le troisieme de france ä la bordure degueules. Ces armes luifurentconcedees en 1432,par lettres patentes de Charles VI, ä l’occasiond’unsecours donne ä lavillede Marseille parlestroupesd’Aix. Sous l’empire, le cheftriparli futrcmplace par le franc quarlier des villesdu se-cond ordre, qui etait il dextre d'azur charged'une A’ d'or , surmontee d’une etoile rayon-nante de meme. La ville a pour devise : Ge-
NEROS0 SANGUINE PARTA.
La ville d’Aix est situee dans un bassin fermed’un cöte par une chaiue de collines parallelesäla Durance, et de l’autre par le revers des ari-des montagnes qui separent ce bassin de eeluide Marseille. A quelques lieues vers Test s’c-leve dans les nues la montagne caleaire de Ste-Victoire, presenlant au midi une face de rocdecharne, que les eboulements successifs outrendue presque verticale ; du cöte de 1’ouest,on decouvre ä perte de vite de belles campa-gnes couvertes d’oliviers.—L’entree d’Aix, en yarrivant du cote d’Avignon, ressemble ä celled’un magnifique chäteau; eile est fermoe parune grille elegante, devant laquelle passe laroute de Marseille. Un large et superbe Cours,compose de quatre rangs d’arbres, et borde dedeux haies de maisons plus belles les unes queles aulres, vient, ä travers le quartier neuf,aboutir ä cette grille. La forme de la ville est äpeu pres carrce. Sa eirconference estd’environ3,000 m. : eile est ceintc d’un mur ruine dansquelques-unes de ses portions, et flanque detours placees ä des distances inegales ; les rem-parts sont perccs de dix portes.
Aix se divise en trois quartiers principaux :la vieille ville, au nord du Cours; la ville nettve,y compris le quartier St-Jean, et le quartierSt-Louis : le faubourg qui est ä Totiesl formeunquatrieme quartier. La vieille ville est d’uneconstruction assez peu reguliere; mais les ruesqui aboutissent aux portes sont d’une largeurconvenable, et les maisons ont de l’apparence.Le Cours et les quartiers neufs sont bälis avec
regularite, et ornes d’un grand nombre d’liö-tels et de belles maisons d’une arclntecture no-ble et de bon goüt, decores potir la plupart debalcons Supportes quelquefois par des termes.Les places publiques sont vastes et assez regu-lieres; les principales sont cellcs de l’Hötel-de-Ville, de l’Universite, de St-Honore et des Pre-cheurs : elles sont ornees de helles foutaines,dont plusieurs sont surmontees de colonnes an-tiques de granit. Lafontaine de la place des Pre-cheurs se distingue de toutes les aulres par unePyramide portant ä son sommet un aigle auxailes deployces, qui tient un globe dans sesserres.
Le Cours forme une magnifique promenade,composee naguere de deux rangs d’ormes se-culaires qui viennent d’etre renouveles. Lagrande allee est ornee de trois foutaines, dontune verse de l’cau chaude; ä son extremite estla statue en marbre du roi Rene, par David,clcvee ä la memoire de ce bon roi, trois siecleset demi apres sa mort, par les Provencaux re-connaissants. La premicre pierre du soubasse-menta eteposee en 1819; unemedaille frappeeä ce sujet ä ete deposee dans les fondations dupiedestal; eile porte au revers ;
AU
EON ROIRENE ,
DONT LA MEMOIRESERA TOUJOURS CHEREAUX TROVENCAUX.
1819. ‘
Independamment du Cours, il existe des pro-menades toutautourde la ville ; toutes les licesont ete plantees et forment desboulevardsexle-rieurs fort agrcables; les grandes routes deMarseille et d’Aviguon sont aussi plantees d’ar-bres, et la porte St-Louis donne entree ä unCours exterieur dont les arbres sontd’une gros-seur peu commune.
L’eglise cathedrale, sous l’invoealion deSt-Sauveur, date du xi' siecle ; mais, par lesagrandissements successifs, cetle premicre egliseest devenue une lief collateralq de celle d’au-jourd’hni, qui commeiice äla petite porte d’en-tree et finit au point oii la voilte est le plusexliaussee : ä cöte est un cloitre qui date de lameme epoque, entoure de colonnes bizarrementsculptecs, dignes de fixer l’attention. La liefprincipale, d’une beaute fort remarquable, estdu xrv° siecle, ainsi que le clochcr ; la troisiemenefest une construction du temps de Louis XIV.La longueur entiere du vaisseau est de 64 in.,et la largeur de la grande nef est de 12 m. 33 c.Le clocher consiste en un niassif carre quisc-leve au-dessus du comble de 1 edifice; sur cepremier corps est une tour octogone perccesurchaque face d’une fenötre qui en occupe tontela hauteur. Le porlail, commence cn 1476,etait orne de sculptures d’uue grande delica-tessedetravail,etde statues de plusieursgrandspersonnages, dont les tetes avaient ete faitesavec sohl d’apres des portraits ressemhlants. Cesfigurcs et une partie des ornements ont ete de-truits pendant les orages revolulionnaires etrefaits depuis quelques annees. Les portes de