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ANDORRE (vallee d’).
ANDORRE (vallee d’).
andouille.
par plusieurs rivieres qui y prcnnent lenrsource, et dont l’Embalire, qui est la princi-pale, recoit loutes les aulres , et enlre cnsuitcen Kspagne, oü eile va sc jetei' dans la Segre.Le pays offre im bassin fort cleve, detous cötescntoure par des hautes inonlagnes et des picsimmenses ; il a beaucoup de rapport avec lescantons les plus pitloresques de la Suisse. Cepays est borne au nord par le dcparlcinent del’Ari£ge, au sud par le pays d’Urgel, ä l’ouestpar la vallee de l'aillas, et a Test par cclle deCarol. Ces limiles ne suivent que des pics oudiss crctes de montagnes, cxcepte en deux cn-droits peu considerables, Tun au midi versl’Espagne, au passage dela riviere d’Embalire,l’autre au levant, du cote de la commune delTIospilalet.
Le seul deboiiclie toujours ouvert est versl’Urgel; les aulres passages sont iinpratica-blcs dans la saison des neiges.
Organisation tolitkiue. L’Andorre estgouverne par une rcunion de vingt-qualreinembres, appelee conseil general et souverain;les vingt-quatre membres de ce conseil sont :les douze consuls qui adminislrent les six pa-roisses, et les douze consuls qui ctaicnt en fonc-tions I’annce preccdenle. — Le conseil souve-rain nomme parmi ses anciens membres leprocureur general syndic de la vallee d’An-dorre ; cette place est ä vie.
Organisation judiciaire. Tonte justireemane du roi des Francais et de l’eveque d’Ur-gel ; la manicre de rendre la justice, le nom etle pouvoir des magistrats nommes ä cet effet,sont encore exactement conformes ä ce qui futregle par Louis le Debonnaire. — Pour l’acl-ministration de la justice, le roi des Francais etl’eveque d’Urgcl nomment cbacun nn magis-trat superieur appele viguier. Le viguier deFrance est nomme a vie et doit toujours elrcim Francais; le viguier espagnol est nommepour trois ans, et doit toujours 6tre Andorran.
Organisation militaire. Tons les liabi-tants sont soldats au besoin; cliaque clief defamille est oblige d’avoir un fusil de ealibrc etune certaine quantite de poudre et de balles.Dans les principales familles, il est d’usagedavoir autant de fusils que d’hommes en etatde porter les armes. — Les viguiers sollt chefssuperieurs militaires , cliaque paroisse a uncapitaine et deux sous-ofliciers. Tons les ans,dans la semaine qui stiit la I’entecöte, les vi-guiers passent une revue generale.
Reglements commerciaux. La vallee d’An-dorrc, a cause de sa Constitution extremcmentinoDtagneu.se, est presque tout enlicre en pa-cages et en bois. Il n’y a que tres-pcu dechamps en culture, et, si ce n’est daus lesannees d’abondancc, le pays ne produit pointassez de grains pour la consomniation des ha-bilants. Dela est nee une loi commerciale fortsage. Les principaux proprietaires, qui reeol-tent des grains au dela de leurs besoins, nepeuvent les vendrequ’ä leurs concitoyens. Pourcontribuer ä assurer ralimcntation publiqueen Andorre, le gouvernement francais a auto-rise les Andorrans ä lirer tous les ans de la
France, sans payer aucuns droits, une certainequantite ;le subsislanccs et autres objcts depremiere rieccssite, savoir : grains, 1,000charges; lcgumes, 30 cbargcs ; brebis, 1,200 ;bceufs, 60 ; vaelies , 40 ; cocbons, 200 ; mu-lels, 20; muletons, 30; chevaux, 20; jumenls,20; poivre, 1,080 kilog.; poisson sale, 2,160kilog.; toile, löOpieces. Ils n’cpuisent jamaiscette facullc; ils ne peuvent faire cette exlrac-tion que par le burean de la douane d’Ax.
Tonte industrie commerciale est libre enAndorre; il n’y a ni droits de douane ni droitsquelconques sur les objets de commerce; maiscette liberte est peu favorable a la contrebandecliez un peuple essenliellement cullivateur etpasleur. Il n’y a donc d’industric manufactu-riere que celle des objets indispensables , etrcux-lä niemes sollt peu perfectiouncs dans tousles genres, cxcepte pour la fahrication du fer,dont la vallee possede quelques mines. Le sur-plus de ce mclal neccssaire a la population sevend en Espagne , oü sa concurrence est moinsgrande qu’en France.
Moeurs et dsages. L’Andorre est une repu-blique qui differe de tous les gouvernementsqui porteilt ce nom. La ceinture de liautesmontagnes qui l’entourent l’a preservce j;isqu’apresent de l’esprit d’innovalion, et c’est sanscontredit le pays de l'Europe qui possede auplus baut degrc le sentimcnt de famille, Sen-timent qui a suffi ä perpeluer la stabilite de cepelit Etat. En aucune contree du globe l’espritd’independance ne subsisle plus pleinement quedans l’Andorre ; nulle pari on ne Irouve desmueurs plus severes et plus pures ; nulle pariles chefs ne pratiqucnt le patronage plus libe-ralcment, et, bien qu’au-dessus de la foulecomme reprcsentanls du principe d’incgalite,les chefs rendent iependant a celui d'egalite leplus eclatant bominage. Les chefs de famillene quittent jamais leurs biens , et, ne faisantaucune dcpense de luxe, emploient tous leursrevenus aux travaux agricoles et ä la garde deleurs besliaux. Les paysans pauvres qui les en-lourent partagent les travaux de leurs enfantset leurs repas; leurs habits sont tissus, commel’babit de leur mailre , de la laine de son trou-peau; les jours de lete, ils partagent les niemesdelassements, jamais humilies , jamais maltrai-tes. Le peuple, loin d’envier la forlune du ri-ebe , le respecte comme son magistrat, l’aimecomme son bienfaiteur, et regardc son biencomme un atelier inepuisable sur lequel il a undroit de travail et de nourriture.
Les Andorrans sont en general robustes etbien proportionnes; la plupart des maladicscausees par les affections morales leur sollt in—connues, ainsi que celles que le vice et la cor-ruption enlretiennentdans le rcste de l’Europc.Leurs meeurs sont simples, severes, et com-mandent le respect. Leur costume , simple etgrossier, subit peu de changcments; cbacuns’habille de draps fabriques dans le pays avecla laine de son troupeau. — Les officiers pu-blica et les grands proprietaires se permettentseuls un peu de luxe dans quelques parties deleur toilellc, — Les femmes sont exclues de
toutes les reunions oii l’on s’occupe d’intcretspuhlics; ellcs ne peuvent ni£me assister auxmesses qui se disent lors de la rcccption del’eveque ou du viguier. Les liabitants viventencore comme leurs peres vivaient il y a milleans : lien n’a ebange; le luxe, les arts, toutce que la civilisalion des grands pcuplcs qui lesentourent presente d’eclat et de scduclioii,leurinspire plus de crainte que d’envie. Ils doiventSans doule autant il cet esprit de moderationqu’ä la nature du sol et a leur pauvrele lebonheur d’avoir etc etrangers aux coinmotionspoliliques du reste de l’Europe. C’est une peu-plade de pasteurs. Le nombre de besliaux ctletendue des päturages sont leurs signes indi—ca leurs du plus ou du moins de forlune. —Cliaque famille reconnait un cbef qui se suc-cede par ordre de primogeniture cn ligne di-recte. Ces chefs ou aincs choisissent leursfemmes dans les familles qui jouissent d'uneconsideration egale ä celle de leur famille. Ilsredoulent les mesallianccs et reeherchent peula forlune, qui d’ailleurs est toujours tres-mince de pari et d’autrc. Les lils aincs, quelsqu’ils soienl, sollt aimes et rcspecles commeetant les representants des droits de leurs aieux.Ils ne quittent le toil paternel que lorsqu’ils semarienl.ce qui n’a lieuque quandils trouventune hci itiere, et alors ils ajoulcnt a leurs nomscelui de la feinine a laquellc ils s’unissent; c’estdes lors seulement qu’ils deviennent aples auxcharges publiques. Lorsque dans une inaison iln’y a que des lilles, l’ainee est l’hcritiere, et nesc marie qu’avec un cadet qui joinl le nom desa femmc au sien. Par cet arraugement, lesprincipales niaisonsd’Andorre voient les sicclcsse succcdcr sans subir aucun changement dansleur intcricur. — Il est inulile de menlionnerque les delits et surtout les crimes sont fortrares, et que les punitions sollt fort douces ,bien que suflisanles. Jamais on n’y voil de pro-ces relatifs a la succession patcruelle; legale—ment , l’aine a un tiers de bien , plus dans cequi reste une pari egale ii celle des autres.
Les Andorrans sont tous calholiques etfort ivligieux, les membres de leur clerge sonten general nationaux , et l’ont leurs etudes auseminaire d’Urgel( il serait sans doule politi-ipie de leur faciliter les moyens de les faire enFrance).— L’instruclion publique ne peut etretres-repandne dans un pays oii il n’y a guereque des bergers et des laboureurs ; cepeudant,dans cliaque paroisse on trouve une eeole pri-maire teiiuc par le vicaire, et oii les enfantssont admis gratuilement. La langue vulgaireest le calalan.
Bibliographie. * Chevalier (Michel). LaVallee de l'Ariege cl la Itepublujue d’An-dorre ( Revue des deux mondes, deccm-bre 1837 ).
Roussillon , ancien viguier d’Andorre. No-tice sur l Andorre •
* De l’Andorre, in-8, 1828.
* Lettre d’un Voyageur ecossau, sur l’his-toirc d’Andorre (Gazette hltcraire’, 2 de-cembre 183(1, t. ii , p. ii et 29).AXDOl'lLLE, bg Mayenne (Maine). Il