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ANGERS.

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ä 1 epoque de la fondalion de cet ctablissemcnt,on le trotivera digne de la munificence royalede son fondateur. Le bätiment destine aux ma-lades est un vaste carre long , divise en troissalles par trois rangs de colonnes corinthiemiesqui portent de helles voütes de forme ogive;rien n’est plus elegant et plus liardi que cetteconstruction.La chapelle est bilde dans le memegenre, et cette arcliitecture parait une Imita-tion de celle du chceur de l’eglise de St-Serge.

Les grandes caves, bien voötees, et les greniersqui sont places au-dessus , ne sont pas moinsdignes de remarque que les salles et la cha-pelle. Le plan de ces greniers est aussi ungrandParallelogramme , divise en trois parlies pardeux rangs d’arcs ä plein cintre, dont l’un estporte sur des colonnes corinlhiennes accou-plees, l’autre sur des piliers carrcs qui rem-placent depuis peil d’annees les colonnes que letemps avait deleriorces. Eil examinant avecattention ces divers edifices, et particuliere-ment les greniers, on apereoit un contrastefrappant entre les constructions du dedans etcelles du deliors. En effet, les murs exterieursne sont bittis qu’avecdcs pierres brutes, commeceux des maisons les plus commnnes , et ilsne sont pas meme revstus d’un enduit decbaux,tandis que l’interieur est decore de colonnesornees de bases attiques et de cbapiteauxcorin-thiens, d’une belle pierre dure , calcaire,etrangere ä l’Anjou. Ce contraste entre les de-coralions exterieures et interieureg portecroire que ces ornements d’architecture ontete enleves ä quelques monuments romains.Les colonnes que l’on voit ä l’Hötel-Dieu ontete lailes sur deux niodules differents; cellesdes salles et de la chapelle sont beaucoup pbgrandes que celles des greniers ; les premieresont pu appartenir soit a des temples, soit al’amphitbeätre , ou ä d’autres monumentsLe chateau d’ Angers , commence sous leregne de Philippe Auguste et aclieve parLouis IX. C’esl une ancienne lorteresse batiesur un roclier escarpe du cöle de la Mayenne'le- 1 "" ! t SSUS ' ai l ue ^ e >1 s’eleve a presde 33 m.

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pont-levis, on joutt d’nne vue au-bahleune parlie de la ville et sur l e °

Mayenne. Celle forleresse sert aujourd’luii deprison et de depöt des poudres; eile est tres-degradee daus la parlie qui borde l aviere.

Le chäteau d’Angers, souvent assiegc, „„ f utpris qu’une seule fois parsIratagene, eu 1585,pendant les guerres de la Ligue.

On remarque cncore a Angers : les bä-timents de Vanrienne abbaye de Sl-lSicolas,

siluee ä l’extremite du faubourg St-Jacques,dontlamagnifiquefaqade ressemldeä celle d'un■ aste palais. — L’ancienne ecole d’equitation ,une construction noble et elegante. — Lasalle de spectacle. — La jolie maison gotbiqueconoue sous le uom d’Holel des cowtes d’An-jou , situee an coin des deux rues Haute etBasse du Figuier. — La bibliotbeque publi-<l lie , contenant 26,000 vol. et plusieurs ma-nuserits precieux. — La galerie de tableaux ,on voit beaucoup de tableaux originaux

surcours de la

des plus grands mallres de l’ecole francaise etdes meilleurs arlistes de nos jours. — Le cabi-nel d bisloire naturelle.—Le beau jardin debo-tanique, que traverse un cours d’eau vive. Ilrenteruie un graml nombre d'arbres exotiques,qui, groupes sur un terrain inegal, avec l’ai-mable desordre d'un jardin anglais, formentune beureuse diversite de promenades. Detoutes les parlies elevees de ce jardin on jouitd’unc belle perspective sur la l'acade de St-Serge. Le Cliainp de Mars, terre-pleincarre auquel aboutit le Mail, la principalepromenade de la ville; il est, aprcs celui deParis, le plus vaste et le plus regulier que l’onconnaisse. Le Mail consiste en trois allees pa-ralleles , longues d’un hilometre et termi-nees par une espece de porlique. — La pro-menade du Bout-du-Monde , termince par unparapet, d’oü l’on domine la ville et une parliede la Campagne. — Le depöt national d’elalons,un des plus bcaux et des micux tenus duroyaume. — Les carricrcs d’ardoises exploilies ä ciel ouver’t, a 70 m. de profondeur,pres de I nn des faubourgs, F.nfin, les eglisesSt-Marlin de Romeray, la chapelle de la Les-vierre , le palais des marchands , aneiens cdi-llces qui meriteraient d’etre classes au nombredes monuments liistoriques.

Un des plus singuliers monuments d’An-gers est une colonne fort simple, placee ä1’extremite de la rue du faubourg St-Laud,et ä laquelle se vapporle la tradition suivante.Un riebe beneficier, ehanoine de St-Laud ,nomme Pierre Fretaud , entretenait publiqne-meut, comme sa maitresse, une des plus joliesfemmes d'Angers , nommee Agnes de Beau-preau, qu’on appelait , ä cause de sa rarebeaule, la belle Agnes. Cette daine avait lemalbeur d’etre tres-jaiouse, et malheureuse-ment aussi son amant joignait, a beaucoupd’ardeur et de passion , une egale inconstancc.Les daines qui, au xv" siede , li’elaient nimoins faibles ni moins vaines que celles d’untemps plus rapproche , virenl d’un oeil favo-table le conquerant de la belle Angevine.Agnes s’apertjut du changement qui avait lieudaus le cocur de celui qu’elle aimait. Son amouravait pris des forces daus la solilude , et sonimaginatlon devote, melancolique et vehe-mente , exagera les lorts du volage : nc pou-vanl le fixer ä son gre, eile resolut de se ven-ger de ses perfidies. Un soir, ou plulöt unenuit, eile se saisit d’un rasoir , et a peine leehanoine de St - Land a-t-il ferme les pau-piares, qu’il s'eveille, baigne dans son sang,incapable de cominettrc de nouvelles infidclites;

mais cette violente correetion coüta la vie aubeneficier. Agnes fut arretee , mise en juge-ment et condamnee ä ölre brülee vive; ce quifut execute sur la place qui est au-devanldel’acafemie d’equitation, et qu’on nommait alorsla place des Lices. La maison du ehanoine futrasce; et, pour perpetuer le Souvenir du crime etde la punilion,on elevasurle lieu meme ou etaitle blieber, une colonne de 6 ä 7m.de hautcur,sur laquelle fut placee lasta tue d’Agnes. Elle etaitrepresenlee ayant une bride de cheval ä la maindroite , un ronleau de papier dans la gauclie ,et une bouie sous le pied gauclie. Les auteursconlemporaiui expliquent d’une maniere assezbizarre cette alleogrie myslcrieuse. Le rouleaude papier ferme signifiait, disent-ils, l'impe-netrable deslinee qui nous attend ; la bouierinstabilile des choses luimaines; et la bride,embleme plus moral et plus facile a comprcu-dre, indiquait la necessile de reprimer sespassions. Daus la suite, la colonne et la slatuefurent Iransportees au coin de la meme place ,ä l’angle forme par le clos des Recollets et larue du faubourg St - Laud. Mais le peuple,ayant oublie peu ä peu l’origine de ec moim-ment, lui rendit en passant les niiimes bon-neurs qu’aux images des saints ; ee qui obli-gea d’enlever la Statue et de la remplaccr surla colonne par une croix que l’on y voyait en-core en 1790.

Biographie. Angers a vu naitre plusieurshonimes dislingues. Les principaux sont:

Rene, dit le Bon, roi de Sicile et duc d’An-jou, nc au ebäteau d’Angers en 1408.

F. Buhn, professenr de theologie, auteurdesConferences du diocese d’Angers, dont il apublie 18 volumes.

F. Bebniek, celebre voyageur et habile nie-decin du xvn e siecle, mort eu 1688, autcur deVoyages, contenant la description des EtatsdagrandMogol,clel'lndoustan,du royaumede Cachcmire, etc., 2 vol. in-12, 1699 ; cesvoyages, beaucoup plus estimes de nos joursqu’ils ne le furent de son temps, fout connailreles revolutions de i’Inde ä une epoque fort inte-ressante. Abrege de la philosophie de Gas-sendi, 7 vol. in-12. Trailedulibreetduvo-lontaire, in-12,1683.

P. Ayraui.t, celebre avocat, mort en 1601.On a de lui: l'raite de Vordre et instructionjudiciaire, donllcs aneiens Graes etJloinuinsvnt use en accusalion publique, conjerc äl'usage de la France, ! 398. De la puissancepcternelle, in-i, ouvrage adresse äsou bis, quelesjesuiles avaienlseduil.et qui etait entre dausleur societe contre le gre de son pere.

Cu. de Bourdigne, poete, auleur de la

Lebende de maitre Pierre Faifeu , divise eu49 chnpilres, Angers, 1535.

J. de Bouroigne, auteur d’une Histoireaaregative des annales etchronitjues dAn-jou, in-f°» 1559.

J. Eveiixon , estimable ecclesiastique, quilegua sa bibVioiheque au College de la Flecbe,et donna tout le resle de son bien aux pauvres;il est auteur de plusieurs ouvrages, dont uu Ucsplus rcmarqunblrs a pour titre : Tratte de* c.r-