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BEAUVAIS.
BEAUVAIS.
BEAITVAIS.
rerent pour le duc de Bourgogne, parcequeceduc promit ä celles qui suivraieut son pnrti uneexemption de tailles, aides, dimes, gabelles etautres vexations dontlepauvre peuple, disait-il,elait greve: la phipart des villes du Bcauvaisisouvrirent leurs portes auxlroupcs bourguignon-nes. Beauvais fut dece noinbre. Gelte ville passaeusuile au pouvoir des Anglais a vec presque ioutle reste de la France. Lursque les troupes deCharles VII euren! eufin reconquis sur les An-glais une partie des provinces septentrionales,les habitants de Beauvais chasscrent ('infamecväque Cauchon et se rendirent au roi. Cepen-dant cette ville fut eneore inquicice par lestroupes anglaises; et, le 7 juiu 1433, eilessurprirent les portes de BHolel-Dieu (actuelle-menl porte d’Amiens), et tuerent Jacques deGueheiignies, Lieutenant du capitainedela ville,qui, avec Jean de Ligncres,d’iinedespremieiesfamilles du pays, avait fait cchouer lern- entre-prise. Le premier s’etait opposc avec force aleur entrce, en soiitcnant avec quelques soldatsleur elfort ä tonteoutranee; l’autre eut la pre-sence d’esprit de couper adroilernenl la cordequi sootenait la herse de fer pcndanle ent re lesdeux portes, ce qui fut cause que tous les enne-uiis, qui s’ctaient dejä introduils dans la ville,iurent inis ä mort par les habitants. C’est enmemoire de cel evcncmenl que fut instiluee laprocession qui se faisait autrefois, le jour de laTrinite, ä la portedeBHötel-Dieu.—Mais cestsurtoul au temps de Louis XI que les habitantsde Beauvais se signalerenl par leur courage. Leduc de Bourgogne, Charles le liavdi ou le Te-nn raire, ä la tete de 80,000 hommes, vim, le27 juin 1472, assieger leur ville. Ce duc avaitdejä ravage la Picardie, el iuspiraii partout laterreur. Il se jeta sur Beauvais, alors» saus gar-nison. Belagny rattendit dans un petit fori, alYnhee du faubourg que les Bourguignons de-vaienl traverser a leur arrivee, et il s’y defenditplusieurs heures avec quelques geiitihhomuiesqui Baecompagnaient, pour dünner aux bour-geois de Beauvais le lemps de faire leurs der-niers preparatifs. Xi se retira ensuite bles.se dansla ville par la porte du Limn^on ; les Botirgui-gnons se repandirent aussitot dans le faubourg,croyant la wlle gagnee; mais ils furenl arretespar le fosse qidseparait le faubourg de la ville,et ils virent qu il y avait lä uu nmivel nssaut klivrer. Cet assaut se proiongea ooze heures en-tieres, et les habitants de Beauvais le soulinrentavec un courage heroique, quoique, a la fm dela journee, il n’y eilt plus, entre eux et les as-saillants, que les fhmimes qui devoraient laporte; mais ils y apporterent saus eesse descombusiibles pour en faire un vaste hücherque les Bourguignons iBoserent pas franehir. —Les fern nies de Beauvais se signalcrent danscette defense par leur courage; une joune fdle,Jeanne Lainc, stimormneedcpui.s Hachelte, ar-racha retendard des Bourguignons , comme ilsvenaient de le planier sur la muraille, et leporta en triomphe ä Beglise des jacobins. Enfin,ä huit heures du soir, les bourgeois retjurent dessecours etrangers, et forcerent le duc de Bour-gogne ä lever 1c siege. La faule principale du
duc fut d’avoir ncgligc d’investir la ville du edlede la porte de Paris, par oü les secours y arri-verent
La belle action des feinmes de Beauvais leurvalut les Jett res patentes ou Louis XI insli-tunit, pour le 14 oclobre, jour deSte-Anga-diesme, au merilu de laquclle ou altrilma lalevee du siege, une procession ou il voulut queles feinnies pi ecedassenl les hoinmes. L’ordon-nanee porlait quVn outre toutes fenunes el lil-les pourraient, le jour de leurs noces, et aussisouvenl (|ue bon leur semblerait, preudre leisatours, velements, joyaux et habillement qu’el-Jes voudraieut. Cette cereinonie, interrompuependant un temps, se fait actuellemeiit tous lesans, le dimanche le plus proche du 14 oetobre,en exccution d’uu decret tle 1808. — Lesleltres patentes relatives a cet evenemeut,doimees a Senlis le 22 fevrier 1473. por-tent : « En consideration de la boime et ver-tueuse mistanee qui fut faite Baimec der-liiere par untre cliere et bien-aimee JeanneLaine, lille de Maltliieu l/iine, demeurant ennot re ville de Beauvais, ä reucoutre desBour-guignmis, nos rebelles et desobeissants sujets,qui, ladite annee, s’elforcerenl a surprendre etgagnersur nous el nolre obeissance, par puis-sance de siege et dassauts, notredite ville deBeauvais , uileiucnl que, en donnant lesdilsassnuls, eile gagna el l etira devers eile un eteu-darcl desiiils Bourguignons, ainsi (jue nous elantderniemneut en notredite ville avons eu* du—ment mfurme: Nous avons, pour ces causes,et en fuveurdu manage de Collin Pillon elelle,Uquel a etc par notre moyen naguöre traite,eonclu et aceorde, et pour autres eousnlürationsa ce nous mouvant, oelro)e el octroyons, vou-lons el nous plail de gräce speciale par res pre-sentes que ledit Collin l’illon et Juanue safemmc, et eliacim d’enx Miieut et demeurent,loute leur vie duianl, francs, (juiltes el exeinptsde toutes tailles qui sont et seronl doreuavantmises et imposees de par nous, en notre royati-me, quelque pari qu’ils fassen! leurdemeuranceen uolredil i oyanme. Et de ce les avons exemp-tes et aflrancbis, exenqitons et alTrancliissons denolredilegrÄce, par ces niemes presentes, etc. «
Les habitants de Beauvais conservent enroreavec. uu religieux respect le drapeau euleve surla breche par Jeanne Hachelte; ii esl depose aPhotelde ville,el, lousles ans, il e.st porte par lesjeunes fiiles ä la proce*sioti de Sle-Augadresiue.Dans cette cereinonie, les fenunes onl le pas surles linmmes; elles tirent plusieurs coups decoulevrines. Cet etemlard est dans le plusgrand etat de veluste, et, pour le maintenir, ona etc oblige de Pappliquer sur une forte toile; ileil manque meine une partie. On y voil eneoreles armes de Charles le Temeraire, la liguiede saint Laurent, deux arquebuses croisees etles lettres BUHG, eominencenient du niot fttir-Rundia. II a ete publie dans le recueil de mo-numents de Villemin , et Bon en a domu- undessin d’apres nature dans lequatrieme volumedu Magasin universal de janvier 1837. Untableau infiniment precieux a la ville, sous tousles rapports, de 4 m. 22 c. de large sur 3 m.
25 c. de haut, represenle l’action etonnante del’heroine de Beauvais : on l’y voit, la hache dansune imiin, s’euiparant de Pautre d’un etendardque retient eneore le bras Tun soldat abaltu.
"Vers Ban 1580, au milieu des guerres de laLigue, les haiiitants de Beauvais refuserent,sansrienenlrepreridre, deservir sousHenri III, maisils sereudimilvolontairement ä Henri IV.Lors-qu’ils surent que ce prince etait a Amiens, ilsallereut au-devant de lui, et conclurent un traitequi ful signe le 22 aout 1594.
A dater de cette epoque, cette ville ne fut letheätre d’aucun evenement important. Ravageepar une peste violeule de 1623 ä 1637,par desinoudations en 1658 et 1692, par la famine en1G93, eile fut traversee par Pierre le Grand en1717.— La terreur n’y fit pas couler des tor»reiits de sang, comme daus d’aulres villes deFrance; on renversa seulement la statue deLouis XIV, qui avait etc apportee sur la grandeplace, peu d’annees auparavant, du chäteauvoisin de Ci illon-Boufflers. —Il s’est tenu danscette ville plusieurs conciles. Nous citerons seu-lement ceux de 845, ou Hincmar fut elu arebe-vetpie de Reims; de 1114, oü Bon exeommuniarempereur Henri; de 1120, oü sainl Arnoul deSoissons fut canonise ; eelui de 1124, sur ladiscipline; eufmceluide 1161, contreBantipapeVictor.
Les armes de Beauvais sont: dazur iiuftpalj au pied Jiche d'or (alias d'urgent)-La devise est : Pxr.us ut hic fixus, üows-
TANS ET FIRMA MAPtBO.
Lu ville de Beauvais est situee dans un riebevallou entoure de collines hoisces, au conflucntde BAvelon et du Therain, qui haigne une par-tie de son enceinte, circule dans son intei ieur,et se divise en plusieurs branehes et cauauxIres-favorables ä Bexploitatiou de diverses ma-nufaelures. Elle csl geueraleuient mal batie:plupart des maisons sont construites en bois>nvgile et morlier ; mais on est frappe de la mul-titmlc d’ornements et de sculptures en bois qu 1deeorent, a Bexterieur, ces habitations. Cominedans toutes les villes anciennes, une grandf 5partie des rues sont mal percees, et les maisonsn’y sont point aiignees : Birne des plus hellesrues est celle des Jacobins, qui, traversant toutßla ville de Best a Bouest, sous cinq noms diffc -rents, la parlageendeux parlies presque egales*La iargeur de la ville, en ce sens, est, intr#rnuroSj de 950 m.; et sa longueur, du nord aUsud-ouest, ou de )a porte d*Amiens a celle d cSt-Jean, esl de 1,150 m.; le louten ligne droits*Une petite porlion dela ville actuelle se nomnißla Cite: eile est d’uneconstruction fort ancienn®»presque carree, et ferinee de murailles epaiss^ 5de plus de 2 in., accompagnoes de tours ron- -des : le tont bäti de pelites pierres carrees fo rtdures, mölees de grosses et larges briques teile'ment cimentees,qu’on a peine a les desunir. Cesmurailles pnraissent etre du m e ou du iv* sie -cle. La nouvelle ville, cinq a six fois plus grauseque la cite, a ete enlonree de remparts et efossiis dont la construction a eu lieu pendant lecoursdu xii* et du xm'siccle.Ces forlifications»devenues inuliles depuis Binvention de Bart* -