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CAEN'.

CAEX.

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une prairie arrosee par les bras nombreux del’Odon. Au milieu de la courbe exterieure s’e-leve le chäteau.

On est frappe de la regularilc des rues deCaen, de la belle construction de ses monu-nients, ainsi que de la proprete generale de laville. Les deux plus grandes rues sont celles deSl-Jean et de St-Pierre; elles forinent un an-gle droit et traversent la presque totalite dela ville, oü passe aussi un canal qui vient del’Odon et qui active de nombreuses usines. Leport forme par le lit de l’Orne et par celui del’Odon sert au cabotage; il est peu importantä cause des dangers que presente l’eutree de1’Orne, obstruee par de nombreux bancs de sä-ble, et la presque impossibilite de remontcr lariviere au-dessus de la ville; cependant lahaute mer y amene des bateaux de 150 ä 200tonncaux, et il rend de grands Services aux de-bouches des produits de la ville. On travailleä un nouveau canal, dejä fort avance, quipermeltra de recevoir des bätiments d’un ton-nage beaucoup plus fort. Ce port est renlermedans de beaux quais qui ont etc commenccs en1787, et qui viennent d’dtre termines.— Lesplaces publiques sont remarquables, notam-ment la place St-Sauveur, et la place Royaledccoree d’une statue de Louis XIV.

Eglise cathedrale. Cet edifice, l’un desplus beaux de la Normandie, est l’ancienneeglise abbatiale de St-Etienne. Sa constructionappartient ä differentes epoques : le portail,dont on admire avec raison la majeste et l’cle-vation des tours, la nef, une partie de la croi-see et la base de la tour qui la surmonte, da-tent de la construction de l’eglise primitive (de1061 ä 1070). Le chevet, remarquable parson bei aspect, a entierement ete reconstruitvers le commencement du xm* siede. L’inte-rieur offre aussi plusieurs differences de style :la nef, les bas edles et la croisee sont duxi* siede; de vastes galeries, dont les ouver-tures sont ornees de baluslrades, regnent surtonte l’etendue des bas cdtes. Le clioeur, quoi-que d’une epoque differente, se lie agreable-ment avec la nef; il est termine par un sanc-tuaire de forme circulaire, ferme de griiles etenloure de onze chapelles regulicrement cons-truites.

Le grand bäliment de l’abbaye dite l’Ab-baye aux Hommes, fut cominence en 1704 etacheve en 1726. Les bätiments du monastere setrouvant en dehors des remparts de la ville, leroi Jean autorisa les moines, en 1354, ä lemetlre en ctat de defense et ä faire elever desfortifications dont on voit encore les restes duedle de la prairie, fortifications qui n’empd-cherent pas Henri IV de s’eu emparer. Lesprotestants saccagerent la plupart des bäti-ments de ce monastere en 1562, et renverse-rent le tombeau eleve dans l’cglise ä la me-moire de Guillaume le Conquerant; le prieurJ. de Baillache lui fit elever un second mau-solee qui subsista jujqu’en 1742, epoque älaquelle les restes du Conquerant furent trans-portes dans l’interieur de l’abbaye : ce troi-siememonument fut renverse en 4793, lemar-

bre seul qui le rccouvrait, fut replace par le ge-neral Dugua, prüfet du Calvados.— Les bäti-ments de l’abbaye sont maintenant occupespar le College royal.

L’eglise de la Trinite est l’cglise abba-tiale de l’abbaye de ce nom, fondee vers 1066,par Mathilde, fille de Baudouin, comte deFlandre, et epouse de Guillaume le Conque-rant. Le plan de cet edifice, en forme de croixlatine, est regulier; la severite des lignes et leshelles proportions du portail, les ornementsdes cinlres de ce portail et ceux des murs late-raux de la nef, les maseärons ou corbeaux äfigures chimeriques qui courounent le haut deces niurs, et l’abside ou chevet, sont ä l’exte-rieur les parties qui merilent le plus d’atlen-tion. Dans l’inlerieur, la nef offre une [Sortede magnificencc remarquable dans la disposi-lion et l’elegance des galeries qui terminenl lestravees. Le choeur est peu spacieux. Le sanc-tuaire, eleve sur plusieurs rangr. de degres, estdecore d’un perislyle ä double etage de formedemi-circulaire, et surmonte d’une coupolepeinte ä fresque ; on y voit un cenotaphe erigeä la memoire de la reine Mathilde, epousede Guillaume le Conquerant. Cette partieprincipale de l’cglise est d’un aspect noble etmajestueux, et se distingue de tout ce qui estconnu en ce genre par un caraclcre particu-lier. Sous le sanctuaire est une crypte ou cha-pelle souterraine, dont la voüle est soutenuesur trente-quatre colonnes d’environ 2 m. 65 c.d’elevation et tres-rapprochees, dont seizesont isolces.

Pendant longtemps un mausolee magnifique,eleve au milieu du clioeur, offrait l’image del’epouse du Conquerant, et indiquait le lieu desasepulture; les protestants le detruisirent en4562. Le cercueil et quelques fragments ducorps furent recueillis par l’ahbesse Anne deMoutmorency, et replaces dans le tombeau oüils avaient repose pendant cinq siecles. Unnouveau mausolee, erige en 1708, par les soinsde l’abbesse de Tesse, fut detruit de nouveauen 1793. Enfin les cendres de cette princesse,retrouvees en 1809 dans le meine cercueil, fu-rent replacees en 1819 sous un troisieme mo-nument erige par les soins de M. le comte deMoutlivaut.

Les bätiments de l’abbaye designee ordinai-rement sous le nom de l’Abbaye aux Dames,ont ete convertis en hospice en 1823.

Eglise St-Pierre. La fondation de cet edi-fice estaltribuee ä saint Regnobert. L’architec-ture de l’eglise actuelle est de plusieurs siecleset irreguliere ; mais eile presente plusieurs par-ties fort remarquables, et merite d’ätre consi-derce comme une des plus belles eglises de Caen.La tour, toute en pierre, terminee en pyramide,est un chef-d’oeuvre de hardicsse et d’elegance:eile fut bätie en 1308, ainsi qu’une partie dela nef et les trois porlails, dont l’un forme l’en-tree de la nef centrale. Cette tour repose enarcade sur quätre piliers dont la legerete estloin de laisser supposer l’enorme poids qu’ilssupportent. Au dehors, eile est environnee dehuit tourelles, d’oü la fleche s’elance majes-

tueusement dans les airs. A l’intcrieur, eile estvide jusqu’ä la base de la croix, et formee depierrcs de quatre doigts d’epaisseur, liees endedans par des crampons de fer. Cinq sieclesn’ont pu apporter la moindre atteinte ii ce mo-nument, dont la solidite egale l’elegance et 1®hardiesse. Le grand portail ne fut termine qu’en1384; son aspect est irregulier, mais pittoretf-"que. Le chevet et le rond-point sont regartlesavec raison comme un chef-d’oeuvre de b« 11goüt, de delicatessc et d’elegance; c’est un desmorceaux les plus curieux et les plus parfailsqui aietit signale la renaissance des arts, et ilen existe fort peu en France, qui puissent h ,)etre compares. L’intericur des chapelles de cerond-point n’est pas moins magnifique q 1,el’extcricur : on remarque surtout l’etonnanteconstruction tles vodtes, chargces de nervure*et de peudentifs de la plus grande legerete.

Eglise St- Jeah. Cette eglise fut corumenceedansle xiv siecle : le portail, la premierc touret la nef sont de cette epoque; le clioeur et 1®croisee sont du commencement du xv“ siecle-L’interieur presente quelques belles parties etun ensemble assez majestueux ; on y relrouveplusieurs fragments de riches vitraux, et deuxbelles statucs representant, l’une saint Jean-Baptisie, et l’autre saint Jean l’Evangeliste. —La tour de cette eglise est penchee depuis long"temps et semble menacer de sa chute les mafsons qui l’entourent; il parait que le portail surlequel repose cet edifice se pencha tout d’un epicce de 42 centimetres du cöte du nord, I° r5 'qu’il fut eleve de 10 metres, et qu’afin de reta-blir le niveau l’architecle fit construire " nmassif de maijounerie en forme de coin. A 11moyen de cette cspece de cale, la tour fut ele veed’environ 27 metres, et eile a peu souffert dep u f*plus de quatre cents ans qu’elle existe, qu 01 'qu’elle penche sensiblement au nord. Cette u 1 'clinaison n’a du reste aucun rapport avec cell®de la tour de Pise, comme quelques aulcurs * esont plu ä le repeter, puisqu’elle n’cst p as | eresultat d’unecombinaison, mais bien d’un acc>'dent ocrasionnc par le peu de consistance osol.

Eglise St-Nicolas. Cette eglise, quidepu ,,longtemps ne sert plus au culte, et <l u ’° n ,transformee en une fabrique de plombchasse, est peut-ätre le seul monument ( * e ‘Normandie qui presente dans tonte sa p urel ^’sans mrlange d’ornements etrangers, et s ‘alterations modernes, le type de l’archite®*fran^aise du xi” siecle. C’etait dans son ence>que sc rendaient au xii* siecle les i u ß cn,e | e japostoliques en matiere cecumcnique, p afdclcgues des papes.

Noovellk eglise Notre-Damk. LeNotre-Dame a ete donne recemmcnt ä 1 c ^ eque les jesuites firent construire en 168 *- _ ^est entierement bätie dans le goüt Italic 1 ' •portail, la nef et le cliceur sont d’une «leg ^remarquable. L’ange qui parait pla |,erdessus de l’autel est particulierement dignetention. . „ t

L’hötel de la treeecture est un g ra ^bei edifice du style italien, dont 1* k\’ a e