466
CARCASSONNE.
CARCASSONNE.
CARCASSONNE.
CARCANS, vg. Gironde (Guienne), arr.,ISIet ä 30 k. de Lesparre, cant. de St-Laurcnt-de-Medoc.Pop. 1,060 h.—11 est situe dans une con-tree sablonneuse, pres de l’etang de son nom,dont la longueur est de 16 k. sur 4 k. de large.
CARCAKES, vg. Landes (Gascogne), arr.et a 27 k. de St-Sever, cant. et [xj de Tartas.Pop. 507 h.—On y voit une ancienne eglisedont quelques parties remontent ä l’an 810.
CARCASSEZ, Pagus Carcassensis, pelitpays compris dans la ci-devant province duLanguedoc. 11 formait avant la revolution l’e-veche de Carcassonne, et fait aujourd’huipar-tie du departement de l’Aude.
CARCASO (lat. 44°,long. 21°). e C’estainsique ce nom est ecrit dans les Commentaires deCesar;on a ecrit depuis Careasso. Pline etPlolemee font mention de cette ville enlre cellesdes Tectosages. Dans l’Itineraire de Bour-deaux ä Jerusalem, eile est appelee CasteilumCarcassonne ; et on y compte 62 milles deToulouse ä Carcassonne, et 38 de Carcassonneä Narbonne. Quand on cherche d connaitre lalongueur du mille romain par la distance dequelques positions en Languedoc, si on y avaitemploye ce grand espace de Toulouse a Nar-bonne, qui comprend 100 milles, selon le le-moignage de l’Hineraire le plus circonstanciede ceux qui nous restent, on n’aurait pasjugeque la longueur du mille romain fut aussi forlequ’on l'a conclu par d’autres endroits. EntreToulouse et Carcassonne, l’espace qui resulledes positions geometriques est d’environ 44,000toises, et entre Carcassonne et le quartier deNarbonne. qu’on appelle laCite.qu’il faut re-marqtier dt re le plus recule ä l’egard de Car-cassonne, on trouve au plus 28,000 toises. To-tal 72,000; et puisque le compte est de 100milles, cette somme de toises ne fournit pourchaque mille que 720 toises. Quoique la routesoit directe en ebaque intervalle, par l’empla-cement des lieux qu’on rencontre sur son pas-sage, et que le pays ne soit pas fort inegal, il n’ya point de risque a couvenir que les differentesinclinaisons du terrain, et quelques detoursparticuliers doivent faire que la inesure itine-raire surpasse de quelque chose la mesure endroite ligne. Mais l’evaluation du mille romainä 756 toises, conime nous l’admettons dans cetouvrage sur la Gaule, fournit assez d’accroisse-menl ä la mesure itineraire sur la directe pourne pouvoir admettre un plus grand espace danschaque mille. Quelques mesures actuelles quiont eie prises en Languedoc dans l’intervalle deplusieurs colonnes milliaires qui sont encoredebout et dans leur place sont inferieures dequelques toises ä l’evaluation sur le pied de756 ; et on pourrait dire que la mesure d’es-pace entre Toulouse et Narbonne, en passantpar Carcassonne, leur est favorable.» D’Au-ville. Notice de l'ancienne Gaule , p. 200.
CARCASSOXXE, Carcasso, Carcasumo,grande et tres-ancienne ville, cbef-1. du dep.de 1 ’Aude (Languedoc) , chef-1. du 2 r arr. etde 2 cant. Trib. de 1'* inst, et de com.Chambre et bonrse de commerce. Conseil depruJ’hommes. Syndicat maritime. Eveehe. Pe-
tit et grand seminaire. 2 eures. College com-munal. Gite d’etapc. [gl. so/. Pop. 19,324 h.— Terraik tertiaire moyen.
Autrefois eveehe, parlement et generalitedeToulouse , intendance de Languedoc, chef-lieud’une recette, presidial,sencchaussce,chapitre,seminaire, abbaye de St-Benoit, couvcnt dedominicains. — L’eveche de Carcassonne futfonde vers 300. Scs eveques ont eie elus parle clerge et le peuple du diocese, jusqu’au con-cordat passe entre Francois I" et Leon X.
L’origine de Carcassonne est inconuue. Onsait seulement que les Volcas Tectosages fu-rent ses premiers habitants. Du temps de JulesCesar, eile etait döjä considerable et occupaitun rang dislingue parmi les villes de la Narbon-uaise; de la domination romaine, eile passasous celle des Visigoths , qui la fortifiereut etbätirentles tours et le cbäteau cncore existants.En 724, les Sarrasins, venus d’Espagne, l’eule-verent aux Visigoths, et en furent chasses aleur tour par Charles Märtel, puis celui-ci parPepin le Bref, qui soumit loute la Septimanieet la reunit ä la couronne. Sous Louis le Dc-bonnaire, Carcassonne fut separee de la Septi-manie pour etre jointe au marquisat de Tou-louse, qui dependait du royaume d’Aquitaine;toutefois celle ville fut gouvernee par un comleparliculier. — En 1209 , l’armee des croiscs,commandee par le legal du pape et par d’autrespretres ou moincs, apres avoir massaore , Sansexception, tous les habitants de Beziers, aunombre de 60,000, apres avoir pillo et incen-die la ville, vint mettre le siege devant Car-cassonne , dans l’inlenlion de faire eprouver lemerne soi t ä cette ville et ä ses habitants ;c’etait alors une des plus forles plaees du Lan-guedoc , qui ne consistait que dans la partieclevee qu’on nommela Cite. La garnison etaittres-nombreuse, et le vicouite Raymond-Ro-ger s’y etait rendu pour la drfendre. Les croi-ses assiegerent le premier faubourg; et, malgrela defense vigoureuse de Raymond-Roger, quißt en cette occasion des prodiges de valeur, cefaubourg fut pris et brule ; lesecond faubourgfut pris ensuile, mais avec beaucoup plus dedilficultes et de temps.
Les assiegeants, impatients de ces retards,s’approcherent bientöt de la ville, tentcrent decombler les fosses et d’escalader les murailles;alors les assieges se defeudireut et les repous-serent vivement. Les croises commencaient adesesperer de prendre cette place; mais la Sai-son combattit pour eux : les chaleurs devin-rent excessives ; tous les puits de Carcassonneetaient taris; les habitants, dcsoles par la soif,demanderent äcapitulcr. Un historien dit qu’onleur permit d’evaeuer la ville, ä conditionqu’ils n’cmporteraient avec eux que la che-mise et les braies (culottes) qu’ils avaient surle corps. Un autre ditqu’ils sortirenl sans che-mise , 1 un apres l’autre, et que la vicomlesse,jeune et belle personne, ne fut pas exempte decette condamnation rigoureuse et humiliante.Un troisieme historien rapporte que res mal-beureux, faibles, decharnes, et a demi morlsde misere, dcclarcrentqu ils vonlaicnt embras-
ser la foi catholique, et que, de quatre centcinquantc d’entre cux qui ne voulurent p aschanger de rcligion , quatre Cents furent brd"lesvifs, et cinquante pendus. Enfm, un auteur»qui a ecrit l’histoire de la croisade, dit que le*habitants de Carcassonne, ayant appris la tra"hison dont le legat avait use envers leur Vi-comte, sortirent tous de la ville, pendant l anuit, par un Souterrain qui communiquait auXtours de Cabardez, ä 12 k. de Carcassonne; e lle lendemain, les croises, voulant esealader lesmurailles, furent fort surpris de ne trouver au-cun obstacle, et de voir la ville dipeuplee.
En 1262, les habitants de Carcassonne serevollerent coutre le roi; ils furent severemeutpunis de cet acte de rebellion. Les principauxcitoyens furent chasses de la ville; ils obtin-rent cependaut plus tard la prrmission de ba-tir des maisons a quelque distance du pont. Cefut la l’origine de la ville hasse. En 1347, l eShabitants de Carcassonne obtinrent du roi l apermission de fortifier leur ville, afin de pour'voir ä leur siirete, compromise par les cruelsevenements de la guerre survenue entre 1*France et l’Angleterre, sous le regne de l’ln-lippe de Valois. Le priuce de Galles, dans lTr-ruplion qu’il üt dans le Languedoc, en 1355»s’empara de la ville hasse, y mit le feu, et ein-mena avec lui les principaux habitants. La vt-gourcuse rcsistance que lireut ceux de la eil®les preserva du meme sorl, et tori;a le priucede Galles d’abandonner le siege. Quelque tempSapres, le comte d’Armagnac, lieutenaut du t' 01dans la province du Languedoc, fit rebülir I*ville hasse, la fit fortifier et entourer de re®-parts. — Carcassonne embrassa le parti de l aLigue, qu’elle abandonna bientöt apres.parlement de Toulouse, ayant eie cassc , >' ' l! ^etabli en 1589. X.es ligueurs la prirent c "1591; eile se soumit a Henri IV et lc recont' uIpour roi en 1596.
Les armes de Carcassonne (vim.e haut*!sont : dazur a un portail de ville accot>‘pagne de deux tours crenelees d'argenl esurmonte d , un ecitsson d'azur a tro/s fle lt1 *de lis d’or 2 el 1.—Celles de la vii-i.e «xsS*sont : d azur seine de lis d’or sans nond> re ’au besaut dor mis en Coeur charge dun t° urteau de gueules surchargc dun agneau V aScal d’argent supporlant une cruix dora”^un guidon dargent charge d’une croixsable, avec celle legende ecrile en argent ■
Hic OVES »EHE KATZE AGHUM COMITANTUR-
D’Hozier les a figurees : d’azur semc deß eU 'de lis d’or ä un grand mur de rneniegönne de suhle, derriere trois tours ronpavillonnees, celle du milieuplus gros* e 9les autres , ayant une porte en arcade >laquclle estun agneau pascal dargerd'^^
Carcassonne est dans une tres-belle p oslau milieu d’un pays riebe et ferlile, arrt> st 1l’Aude, par plusieurs autres rivieres, *-versc par le canal du Midi. La ville hasse,tierement circonscrite par une murailleelevee , est tres-regulicremenl bälie; k’ ssont larges, bien alignees, d’une propret“^^treme, rafraichics par une ipiautite d eatt