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II est peu de locaiiles en France qui offrentune botanique aussi variee et aussi riche quecelle du departement de la Correze, et ce luxede Vegetation il le doita l’abondance deses eaux,ä l’elevation de son so) et ä la diversite de sesexpositions; deux grandes familles paraissenlcependant y etre en majorite et dominer toutesles autres : ce sont les graminees et les labices.Les graminees, dont les espeees sont tres mul-tipliees, forment le fond des paturages qui tapis-sent les vallees. Les labiees se rcncontrent ä mi-cöte et daris les expositions seches. Apres cesdeux familles, celle des liiiacees predomine parle nombre ; on les renconlre dans les fonds hu-mides et sur quelques points culminants; Pas—phodele et les espeees les plus elegantes des or-clns s’y font remarquer. Les oinbelliferes et lesrenonculacees fournissent des espeees dange-reuses, telles que la cigue vulgaire, la renonculedes pres, la renoncule a feuille d’aeonir, la re-noncule des marais, et la renoncule flotlante:mais ces plantes, a raison de la grande quantited’eaudont elless’impregnent sur ce sol humide,se trouvent tellement alterees dansleur principeveneneux, que leurs tiges peuvent etre brouteesimpunement par beaucoup de quadrupedes. Labotanique compte encore des espeees tres-va-riees: les mousses, les lichens, les fougeres etles Champignons, dont les espeees veueneusessont sans aucundanger, par la connaissance fa-miliere qu’en ont tous les habtlants. Ön y cul-tive grand nombre de cereales: le seigle, lefroment, l’avoine, l’orge, etc., etc. Leseigle,susccptible, comme toutes les autres cerealessus-designees, d’une cyrie noire qui lui donneune saveur amere, est exempl de cette altera-tion dangereuse et morbifique, eprouvee dansd'autres pays et connue sous le noin d’ergot.Dans les grauds vegelaux, Ton y rencontre troisarbres de baute futaie: le chätaignier, qui donneun fruit nourricier et qui occupe une vaste eten-due de pays, connue sous le notn de Chätaigne-raie; le noyer, qui se trouve dans les fonds hu-mides, et le diene, qui croit dans les lieuxsecs.XJn phenomene assez remarquable, et qui u’esipas rare dans la Vegetation du pays, c’esl lacarbonisation spontanee du chataignier. La vi-gne est cultivee dans le sud et uue partie deTonest du departement, et donne un assez honraisin qu’on coovertit en un vin de mediocrevaleur.
Dans ses parties basses et humides , ce paysest susceptible de nourrir tous les grands herbi-vores du dimat de la France; les parties se-ches et elevees ne sont propres qiTa la tenuedu moulon et de la chevre. La classe des bötesfauves n’y renferme que le sanglier, le loup etle renard. L’humidile du sol favorisant beuu-coup la produclion des reptiles, cet ordre yesttres-noinbreux : on y rencontre une varieteconsklerabie de couleuvres; la vipere y esttres-rare. L’ornithologie est belle et variee. In-dcpendaminent des espeees indigenes, de nom-brenses espeees etrangeres y vienneut, rbiver,cliercher un climat plus doux ; d’autres, enete, une region plus fraicbe.
La culture des prairies artiGcielle* est peu
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comiuc et poiut en usage daus le departementde la Correze, mais les prairies naturelles ysont mul tipliees. Elles sont plus substantielles,nourrissent mieux les bestiaux dans Tnrrondis-sement de Hrives et partie. de celui de Tülleou Ton en eieve de fort belle raee , dont on sesert pour labourer la terre , et qiTon engraissepour Paris. Elles sont plus etendues, maismoius bonnes dans Tarrondissement d’Ussel,ou les gros bestiaux sont, en general, maigreset faibles. Les animaux de belle race qu’on ytransporte de la partie meridionale, degenereutet finissent par s’y degrader. Il en est tont au-trement des betes a laine ; eiles y prosperentmieux que partout ailleurs, parce que sansdoute eiles y trouvent, sur les*montagnes etsur les coliines, une pälure plus analogue äleur espece. Les cantons les plus estimes pource genre de paturages, et oü les moutons sontd’une plus belle nature que dans fe reste dudepartement, sont ceux de Meymac, Soniac t*tBugeat : on y trouve de tres-beaux individusde cette espece de bestiaux, ct Ton a lieu decroire que les morinos s’y acclimateraient tres-bien, si on les y ititroduisait.
Mineralogie. Mines deplombä Chabri-gnac, Argentat, Issandon ; d’anliriioine enlreSegur et St-Yrieix; indices de mines d’argentet de plomb aux environs d’Ayen. — Mines defer abondantes ä Nespouls , pres de Turenne,et de )a grenerie, pres de Medlars : cette der-niere fournit au departement entier le fer detouies qualites et pour tous les usages.—Nom-breuses mines de houille ä Argentat, St-Bon-net-la-Foret, Bort, la Pailhrie, St-Chamon(,Ste-Saureliere, Gime), la Chapelle, la Grange,Lanteuil, Laverine , Malemort, Lepeu, Mau-don, Mausac, Meymac, Lapleau (tres-ricbe),St-Pantaleon, Perpezac, St-Sornin, Varetz,Voutenac et Cheverie.—Carriere de granit dedifferentes qualites, ä Tülle et ä üssel ; d’al-bätre gypseux, ä St-Ferreol; de porphyre, degranit et de beau marbre blanc, dans le lit desrivieres de la Correze et de la Soulane ; de tres- |beau granit noir el blaue, ä St-Angel, Peyre- jlevade , Chavagnac et Meymac ; d’ardoises, ä jDouzenac et ä Saillant; de gres, a Brives et ä ,Meis.sae; de pierre de taille, a Graniruonl ; ;d’argile, a Lapleau et dans quelques autres lo- :
caliles. !
Miues de houille exploitees. .... g '
Nonibre d’oiivriersemployes. 97 i
Produil en quintaux ineiriques. . . 12,893 i
Valeur en Irancs. 29,610 !
Fabrication de la fonte prodnit en
quint. met. 2,894
Valeur en francs. 59,992
Valeur creee par Ja fabrication. . 32,982
Fabrique de gros fer produit quint.
. 6,756
Valeur en francs. 318,540
Valeur creee par la fabrication . . 133,280
Source d’kau minerale ä St-Iixupery.
Industrie et commerce. Le departementde la Curl eze, abondant en cours d'eau , enminesde houille, de divers metaux, el en nom-breuses carrieres, pourrait etre un des plus in-
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dustrieux de la France; mais, de si precieusesricbesses sont jusqu’ä cejour restees inutilespour le pays qui les possede , Fante de debou-clies et de Communications faciles. On y trouveneanmoins des forges et hauts l’ourneaux, unemanufacture d’armes ä feu,3 papeteries, destanneries, des verreries, des briqueteries, desfabriques d’etoffes de laine du pays, de bougie,d’huile de noix, etc., etc.—Le commerce con-siste principaleinent en vins, bois, buile denoix, chevaux et mulets, bestiaux gras, cuirs,papier, dentelles, fer, cuivre, et arlicles desinanufactures.
Foires. Environ 650 foires se tiennent danspres de 80 conimunes. On y vend principale-ment des bestiaux gras et maigres; ceiies de laGrauliere, de Tülle, d’Uzerche, de St-Exu-pery el d’Arnac-Pompadour sont renommeespour la vente des chevaux, et celles de Bort: pour la vente des mules. On vend aussi acelle de la Grauliere beaucoup de cirejaune;
| du fil ecru et blanclii a Lubersac et ä Bort;
| des bas de lin du pays äBort; des mnnons ,i des truffes el des dindormeaux ä Brives.
Mokurs et usages. Le peuple de la Correze: est doux, bon, patienr, pacifique. Il etait eite ,
| dans les etats de justice de 1825, comme le de-partemenl francais qui avait le moins commisj de criines, proportion gardee avec sa popula-1 tion. Lent au travail, et menager de ses for-ces, il en abuse rarement; il est sobre, et pro-pre ä suppurter beaucoup de privations. Ti-mide , civconsper.l et defiant, il mimt nean-moins a beaucoup de precision dans Tespritbeaucoup de Gnesse. Froid et peu susceptibled’enlhousiasme, il vise plus ä la justesse qu’ala chaleur et a Tentrainement de Texpression.Aussi, lorsque touies les langues clementaires,comme la sienne, presentent de nombreusesI traces et des fragnients entiers de cette pocsic| vulgaire qui n’a besoin que de Timaginution| pour se produire, on n’en trouve aucun essaidans la sienne, et Ton recounait aisement,aux adages, aux proverbes et aux sentencesi dont il Ta parsemee , Tesprit lin et rellechi dupeuple qui s’en sert. Il est sinceremeni reh-gienx et tolerant, quoique superstiliciix. Lareligim est un besoin pressant pour lui •' **Timplore a tont instant, comme esperance etconnue consolation. Par son aide, il se sou-met ä tous les moux; et cette resignation p*’ 0 "fonde qu’elle lui inspire explique naturelle'ment cette incurie et cette insensibilite assezgenerales qu’d lemoigne pour ses propres cala-miles.
Dans son habitatiou , le campagnard deCorreze est miserable , et souveraineinent aplaindre : sa maison presente la triple i |nJi S ede Tinsalubrile, de la salele et de laLa plupart, adossees a des terrains hum*situees sur des plans inferieurs ä eelni d u 5 ^environnant, ret;oivent Thumidile qui rum 51des nmrs et de terre. Exposees sans art,cees sans coticordanee, eiles ultirent les s° n ^froids et humides de Thiver, en conce 1 * 1les cbalcurs devorantes de Tele. La * un,ie<, j e5leurs foyers ue trouvant pas d issue