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GRENOBLE.

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celui de Jovia ä la porte appelee auparavantRomana , faits prouvös par deux inscriptioustrouvees ä Grenoble. La Table de Peutinger placeun lieu nomme Culabone sur la l-oute qui va deSegusio, Suse, ä Vienna:, Vienne, et les mesu-res portent justeä Grenoble.— L’an374, l’em-pereur Gratieu agraudit considerablement cetteville. Pour lui temoigner sa reconnaissance,eile eliangea son nora de Cularo en celui deGratianopolis , qu’elle a conserve longtemps etdont par la suite on a l'ait Grenoble.

Longtemps encore apres la conquete desBourguiguons et des Francs, Grenoble ne pa-rait pas avoir ete une place importante. L’liis-toire n’en parle gucre avant la fiu du vi" siede,qu’elle soulint un siege contre les Lombardscommandes par Rliodain. Momol, ala töte desBourguiguons, accourut ;i son secours , et de-truisit l’armee des assiegeants. Depuis cette epo-que jusqu’ä la mort de Robert le Faineant, iln’est que raremeut question de Grenoble.—LesBourguignons s’etaient empares de cette villedans le v” siecle; apres la destruction de leurpuissauce par les Francs, eile passa sous la do-mination des rois de la premiere et de la se-conde race. Dans le xm” siecle, eile apparte-nait anx princes de la province de Grenoble, oucomtes de Gresivaudan, qui prirenl le titre dedauphin vers 1238, et dont la posterite s’e-teiguit en 1355, dans la personne de Hum-bert II, auquel Grenoble doit retablissementd’un conseil delphiual avec juridictioii souve-raine ; conseil dont l’autorite Tut confirmee parles dauphins de France ses successeurs, et queLouis XI erigea en parlement en 1-153. A l’e-poque oü une partie de la France etait decbireepar les guerres de religion, Grenoble tomba aupouvoir du iarouche baron des Adrets, quis’empara du tresor de l’cglise Notre-Dame, etfit demolir le tombeau des dauphins eleve dansl’eglise St-Andre. Sassenage, ancien gouver-neur de Grenoble pour le roi, reprit cette villesur les protestants; mais des Adrets se pre-senta sous ses murs le 24 juin, parvint ä s’enrendre maitre apres une courageuse resistancedes troupes qui la delendaient, et fit passer lagarnison au fil de l’epee. Les troupes du roiteutereut deux fois saus succes de reprendrecette ville, qui ne rentra sotisla domination duroi qu’aprcs la paix conclue avec Ics chel's desprotestants. Lorsque ceux-ci reprirent les ar-mes, Grenoble Cutmis enun si hon etat de de-fense, qu’ils n’oserent l’attaquer. Cependant,apres la mort de Charles IX, Lesdiguieresa l aut eu connaissance que cette ville avait etecn gründe partie degarnie des troupes qui la de-endaient, crut pouvoir la surprendre, et lesucces repondit ä son audace : dans la nuil duau novemhrc, il s’empara du pont quicomminnquau de la rive droite ä la rive gauche

■ * Ule ’ ?. e c l u üui permit de bioquer la ville,de .; lc “ lt I )ai ' capitulation apres 25 joursde Stege. Depots cette 6poque jusqtt’aux der-nte es annees du regne de Louis kll, rientt’a-vatt trouble la tranquiUiti de Grenoble, lors-quelarevocatto» de 1’ed.t de Nantes vint ypotter de nouveau ladesolatiou. Un grand ttom-

bre de familles furent alors obligees de s’expa-trier ; quelques-unes, saus ressources ni moyensd’existence, allereilt dierclier dans les monta-gnes, et particulierement dans celle de Trieves,un abri contre les vexations qu’ou leur faisaiteprouver de toutes parts, Les proscrits empör-terem avec eux des sommes assez considcrables;et ce cpii fit encore plus de tort au pays, ilsporterent chez Felranger plusieurs branclies(Industrie et de commerce qui appartenaientexclusivement a la France.

Sous le regne de Louis XVI, lorsque Fern-*barras toujours croissant des imances anienala sterile convocation des notables , en 1787,les edits du timbre et de la Subvention territo-riale, le parlement de Paris, s’elevant contreces nouvelles taxes , proclama Fexistenced’un deücit. enorme et l’urgence des etatsgeneraux. Get exemple ne pouvait demeu-rt'.r longtemps saus imifafeurs. Le parlement -de Grenoble fut des premiers a repondre ausignal. Mais le ministere, alarme des progresrapides que faisait Finsubordinalion parlemen-taire, essaya d’cn arreter le courspar Fetablis-sement d’ime cour pleniere. Alors les courssouveraines, plus irritecs quejamais, ne mi-rent plus de bornes a leur Opposition au Sys-teme et au plan du gouvernement. Celle duDauphine declare traitre au roi et ä la nationqniconque irait prendre place a la cour ple-niere. Brienne crut pouvoir comprimer cetteaudace parlementaire par des coups d’autorite,soutenus de l’appareil des armes. Le duc deTonuerre, commandant de la province, recutordre de faire signilier par ses officiers a tousles membres du parlement des lettres de ca-chet, qui leur enjoignaientdes’exilerdans leursterres. Le penple s’opposa violemment a l’exe-culion de cette niesure, et vengea par le sac deriiotel du commandant la mort d’un citoyen,tombesous le fer des soldats, des les premiersmoments de l’eflervescence. Cette journee, quifut appelee la journee des Indes , parce que lesGrenoblois monterent sur leurs toits pour as-saillir les militaires dans les rues, se teriuinapar la non-execution des lettres de cacliet, älaquelleM. de Tonuerre fut force de condes-ceudre, dans l’inleret de son autorite, et meinede son existence. On peut regarder la capitula-tion que la colere du peuple imposa ici a l’undes generaux des annees du roi eomme la pre-miere victoire populaire de la revohition Iran-caise, etcousiderer le 7 juin de Grenoble commele prclude du 1 -4 juillet de la capitale.

Cependant, la magistrature, apres avoir jouide la defaile lionteuse de ses persecuteurs,craignit de paraitre complice du mouvementinsurrectionuel dont la eite delplimale venaitde. donner l’exemple a la province et a laFrance. Satisfaite de riiumiliation de l’agentministeriel, eile voululrester fidele, soumise etrespectueuse em ers le monarque. Des que lapaix et le calme lui parurenl assurcs dans Gre-noble, chacun de ses me.mbres se renditau lieud’cxil qui lui avait ete designe. Ils sortirenttous secretcment de la ville dans la nuit du 12au 13 juin.

« Privee de son parlement, et craignant d’a-voir perdu avec lui toutes ses libertes, la villede Grenoble, dit M. de Lally-Tolendai (Biog.unh'., not. sur Mounier), demanda une assem-blee de ses notables; Mounier juge royal, y futappele; et la reunion de ses fonctions magis-trales, de son caractere personnel et de sesconnaissances politiques, fit de lujle conseil etle guide de cette assemblee. » Ou y resolut, le14 juin, une convocation generale des munici-palites de la province, et cette deliberation futenvoyee par la muuicipalite de Grenolile a tou-tes les villes et communautes dauphinoises, quis’empresscrent, ä quelques exceptions pres, derepondre a Pappel de leur capitale. Celle pro-pagation des pretentions municipales, cpii n’e-taitqu’un retour auxantiques traditions localesetlereveil des vieilles franchises du pays, cettepropagation ellraya le gouvernement francaisplus que n’avait pu le faire l’indocilite du par-lement. MM. de Mayen et Revol, premier etsecond consuls de Grenoble, furent mandes äla suite de la cour, sous le poids de la respon-sabilite des evenements de dilferente naturedont leur eite avait ete le llieatre dans le coursdu mois de juin. Le conseil general de la com-mune s’assembla aussitot pour prendre en con-sideration la Situation diflicile ou les cliefs dela muuicipalite grenobloise se trouvaient pla-ces, a l’occasion de leur zele civique dans lacrise actuelle; une foule de notables citoyens sejoignit aussi au corps municipal dans le memeobjet; et de cette reunion (2 juillet),sortit unenouvelle* deliberation, qui fixa au 21 juillet sui-vanl l’assemblec generale decretee le 14 juin.Le. gouvernement fit marcher des troupes surGrenoble pour y empecher la reunion annonceepar les deliljeralions des muiiicipalitcs de laprovince. Le marechal de Vaux arriva en dfetdans cette ville, la veille du jour fixe par lesnotables pour l’assemblee generale. Laissant deebte les instinctions violentes d’un ministereaveugle, il leur substiluases propres vues, cellesd’un liomme qui avait ete assez sage pour cher-elier ä s’eclairer avant cFentrepreuclre. L’as-semblee des municipalitc^ dauphinoises, ac-compagnee des veeux et protegee par l’opinionde la population entiere, se reunit ainsi sausobslacle le 21 juillet, a Vizille, conformementä la convocation deliberee par les notables.Deux cent. cinquante deputes des deux pre-miers ordres, et deux cent cinquante deputesdu tiers etat se rendirent, a travers une dou-ble liaie de soldats, dans ce meine chäteau queLesdiguieres avait bati pour en faire la demeurcde la tyrannie seigneuriale, et qui, en moins dedeux cents ans, se trouvait devenir leforum duDauphine d’oü devait naitre le foruiu de laFrance. La seance dura depuis huit heures duniatin jusqu’a minuit, sous la presidence ducomte de Morges. Les deputes y siegerent, sausObservation de rang ni de preseance enlre eux,dans chaque ordre, ce qui lut soigneusementmentioime dans le proces-verbal par le seerc-taire-redacteur Mounier, qui 1 dans cette fusionqu’il conslatait avec taut d’exactilude, entre-voyait dejä la lusion plus generale sur la-21