ILLE-ET-VILA1NE (dep. d’).
IIXE-ET-VIUAIXE (dep. d’).
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dans ies arrondissements de Montfort et de St-Malo. La plus grande parlie du lin cpie Fonrecolle est mise en ceuvre dans le pays et con-■\ertie en loiles lines et en lils retors, qu’onappelle fil de Bretagne : les lins se vendeutquelquefois en filasse, comme ceux que lesMa-louins achetent pour faire des toiles. La grainede lin elle-meme est un objel de commerce im-portant.
Les prairies naturelles sont riclies sur lesbords des nombreuses rivieres qui sillonnent.le territoire tlu departement; partout ailleurseiles sont maigres et pauvres. Les päluragessont excellents dans les vallees; on y nourritbeaucoup de bestiaux, principalement des va-ches, dout le lait donne du beurre tres-estime,qui passe pour le meilleur et le plus delicat dela France. Les prairies artilicielles sont peumullipliees; c’est en vain que quelques can-tons ont essaye la culture de la luzerne et dusainloin, les terres sont trop fortes pour celteculture; presque partout on a preferc le trolle.
Le ponnnier et le poirier sont cullives avecsucces ilans tonte Felcndue du departement, etprocurent une boisson aussi saine qu’agreable,comme sous le nom de eidre et de poire. Lepommier est, de tous les arbres a fruit, le plusrepandu. Cliaque cliamp est traverse dans toutesa longueur de plusieurs rangs symelriques deponimiers plantes a 6 ou 7 m. de distance. Lecidre qu’ils produisent est designe sous deuxnoms : premier cidre et cidre de garde. Lepremier est un cidre fail ä la bäte avec lespommes de premiere lloraison. II est generale-ment aqueux et faible. Le cidre dit de gardeest. eelui qui est fait ä loisir avec les l'ruits biennnirs et a Fepoque de leur fermentation ; il estplus aleonlique, plus fort et moins suscepiiblede tourner ä Faigre que le premier. Ce cidre estle meilleur de la France , et peut ä la rigueurse conserver deux ans. Le canlon de Dot pro-duit un cidre tres-estime, qui Supporte le trans-port par mer et meine qui s’y bonilie.
Le sol de quelques cantons de Farrondisse-meut de St-Malo est tres-propre ä la culture dutabac, qui y vieut d’une bonne qualite. OnzeCents hectares de terre , ou environ , sontempIo\es aimiiellemenl ä la culture de celteplante.
Dans la partie meridionale du departementon cultive la vigne eoncurmnment avec lesIruits ä cidre. On compte 138 hectares de vi-gnes, repandus dans le territoire de 6 comniu-nes de l’arromlissement de Redon, et produi-sant, annee inoyemic, 7,000 bcclolitres de' liis blaues communs, d’une qualite tres-me-diocre. Les moins mauvais se recoltent sur letei i itoire de Kedon; ilssont legers, asse/. agrea-bles. et ont beaucoup d’analogie avec ceux desenvirons de Nantes.
Bois kt korkt«. Le departement possöde plu-sieurs helles forets qui occupent ensemble unesuperficie de 42,519 hectares, formanl la dix-neuvieme partie de Fetendun du departement.De celte quanlite, 20,000 hectares appartien-lient ä FEtat, et. le surplus ä des propriötairespaiiiculiers. Les forets d’Ille-et-Vilaine, et
meme presijue toutes les parties de son terri-toire, renferinent des arbres remarquables parleur grosseur et leur antiquite : un de ces ar-bres exlraordinaires existe ä Sl-Foix, aux en-virons de lleunes,et unautrepres deBcchcrel.Les bois dominanls sont le ebene et le hetre, etensuite les cliätaigniers, trembles et bouleaux.Les forets les plus < onsiderables sont cclles deRennes et deLiffre, dePaimpont, de Sl-Aubin-dn-Cormier, de Fougeres, de la Guerche, tluPerti’e et de Yillecartier. De plus, toutes iesterres sont tellemcnt couverles de bois, qu’aupremier coup d’a-.il le voyagc.ur croit etre aumilieu d’une foret perpetuelle; mais ces bois,qui servent ä la divisiou des proprietes, ne sontpropres qu’au chaulläge.
On eleve dans le departement deux racesdistinclesdechevaux: l’une, dile racebretonue,est la moins nombreuse; Fautre, indigene,pelite, faible, consommant peu, et qualre foisplus nombreuse, oceupe les contrees des landes.Une untre espeee indigene, dile chevaux deeharbonniers, se Irouve eu grand nombre dansles forets et surleslandes deKedonet de Mont-fort. -• Betes ä cornes ; moulons; elievreseiigraude quantile. — Education des bestiaux,notaniment des vaches, donl le lail: donne U’ex-cellent beurre, surtoul eelui conim sous lenomde la Prevalaye, et des fromages facou deGruyere estimes; des porcs, presque tous decouleur blanche et de la gründe espeee; desabeilles; de la volaille (poulardes dites deRennes, renommees).— Grand etmemi gibier(sangliers, lievres, lapins, perdrix, cailles, be-casses et oiseaux de passage). — Poisson demer, de rivicre et d’etang (huilres estimees pe-cliees dans la baie de Cancale; soles delicatesdeCberrueix; homards, turbots, raies, ecre-visses).
Mineralogie. Les substances minerales ex-ploilees dans le departement, ou susceptiblesde l’etre, sont: 1° le schisle ardoise : cette rö-che donne lieu ä un assez grand nonibre d’ex-ploitalions ä ciei ouvert, qui sont presquetoutes situees dans Farrondissement de Redonou dans eelui de Rennes; 2° le schisle ampe-Iileux, exploite comme pierre noire des cliar-penliers, ä Poligne; 3° le quartz blaue com-pacte, exploite dans Farrondissement de Fou-geres pour les verreries; 4° le plomb sulfureargentifere (galcnc), et le zinc sulfure (blende),formant un lilon puissant ä Pontpean (com-mune de Brut/.), lequel a ete exploite autrefoiset doit l’ctre de nouveau ; 5° le cuivre sulfurese lrou\e clans les environs dc'Romary; 6"le mi-nerai de fer se trouveencouehes plus ou moinsconsiderables, exploilees pour les usines ä fei’du departement, ilaus plusieurs communes ;les prineipaux gites sont dans les communes dePlecliatel, Paimpont, Libro, Dourdaiu ; 7« lachaux carbonalee, qui s’exploile sur plusieursl poinls pour eu faire de la chaux; 8 Ü euFm ily a un assez grand nombre de carrieres de gra-nit, donl. quelques-unes donnenf une trös-bellepierre de taille pour les conslructions publi-ques et privees.
Sources minerales ä Sl-Servan, Guichen,
Fougeres , MontforL, Becherei, le Teil, etc.
Industrie. Tanneries tres-imporlanles, pro-duisant anmiellement 600,000 kilogr. Toilesä voiles ä bis simples et blancbis, faeon deRussie; toiles ä voiles superietires el rurales ;toiles de • ehanvre ; toiles d’emballage et decargaison; toiles de menage. Cet article est l’undes plus considerables de Finduslrie tlu depar-tement : les trois manulactures de Rennes etcelle de Cbäteaugiron fournissent maintenantdes toiles ä voiles supörieures et eu qualite eten beaute aux plus helles toiles etrangeres. Laculture plus soignee du ebanvre, depuis plu-sieurs annees, a ete le resultat de cet avan-eement dans cette brauche. Quelques encou-ragements pourraient clever la culture du eban-vre et la fubrication des toiles ä une pros-perite qui se repandrait immediatement surtout le pays.
Lestoilesävoilesrurales sont la principaleIn-dustrie de 55 ä 60 communes des ai rondissementsde Rennes et de Titre. Les loiles en grande laizepour les usages domestiques et les fournituresmilitaires et de marine se fabriquent priucipa-lemenl dans Farrondissement de Fougeres. —Fabriques de chapellerie line et commune, fildelin el ä coudre, tulles brodes, bonneterie enbl, biseuits pour la marine, cordages, hame-cons, ligues et blels de peche, veaux corroyespropres ä etre maroquines. Manulacture deiaience faeon de Roueu, et de poterie de terre.Blanchisseries de cire et de toiles. Amidonne-ries. Filatures de laine, de cotonet de lin.Dis-tilleries d’eau-de-vie. Verreries. Fapeteries.Forges et hauts fourneaux. Conslruction denavires, etc., etc., etc.
Commerce de grains, gruau dit de Fougeres,beurre excellent, fromage faeon de Gruyere,miel pour la Ifollande, inarrons pour l’Angle-terre, tabac, huitres renommees, porc sale.Toiles ä voiles, toiles de lin et de clianvre, bisblaues et ecrus, bas de bl et de laine, peauxde veaux, cuirs, bois de chauÜ'age, merrain.—Exploitation des marais salants. Entrepot desei et de denrees coloniales. Armements pourla peche de la morue ä Terre-Neuve et la pechede la bal’eine dans les mers du Nord. Arme-ments importants pour les deux Indes et lescolonies. Grand et petit eabotage.
Foires. Plus de 300 fuires se liennent dansenviron une centaiue de communes du depar-tement. On y veud principalement dans toutesles foires des bestiaux, des instrunienls ara-toires, et des bis dans celles de Farrondisse-menl de Vitre.
Moeurs et usages. Les habilants dTUe-et-Vilaine ont eu general les passions lortes; ilssont trancs, braves, bospitaliers, constants dansleurs afi'ections, et bdeles observateui’s de leurparole; mais on leur reproche d’etre entetes,et ils pourraient etre plus industrieux. Les gensde la Campagne resteilt toujours iort attacliesau sol natal, et, ä toutes les epoques, on a vuraremenl. les Bretons ebereber les laveurs delacour. Cette classe d bommes manque d’instruc-! lion, et par consequent est fort superstitieu.se.
I Les habitants du marais de Dol passent pour
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