236 ISERE (departement de 1’).
ISERE (departement de F).
ISERE (departement de V).
proverbe, est une des plus riantes, des plus fer-tiles et des mieux cultivees de la France : sa lon-gueur, depuisChapareillanjusqu’ä Fentree desgorges de Voreppe, est d’environ48k.; sa lar-geur variede 6 ä 7 k. Elle est bordee dans touteson etenduepardeuxchaines demontagnes, dontles groupes varient ä Finfini, et qui sont couver-tes, vers lepied, dechampscultives, de prairies,de vergers et de bosquets; vers lemilieu, de fo-retset depäturages ; verslacinie, de neiges oude rochers nus. Quelques-unes sont meme cul-tivees jusqu’ä leur sommet, ou garnies de fo-rets de ebenes et de chätaigniers, qui fornu ntun rideau sur lequel Faul aime a se reposer. Lesnovers, les muriers, les cerisiers, meles avecla vigne, qui s’entrelace dans des erables demediocre hauteur, occupent une partie de laplaine, tandis que la vigne basse, teile qu’on lacullive dans la Bourgogne et la Champagne,garnit le coteau qui regarde le midi. Au piedde la Ggne haute (que Fon nomine hautin),toutes les productions se succcdent avec lesSaisons. Jamais aucune partie ne reste sausculture; l’hiver meine y laisse apercevoir lestraces de plusieurs recolles, qui n’allendent,pour fixer les soins du cultivateur, que les Pre-miers rayons du soleil du printemps. Ici letrefle a succede au ble, ou va croitre avec lui;lä, sous des taillis epais, le ehanvre a pris laplace du froment; plus loin, l’orge ou le maisont remplace le ehanvre; et partout ce quinourrit l’homme se recueille a eote du jus dela treille.—l)e nombreuses inaisons de Campa-gne oflrent letahleau de l’aisance; et la moin-dre cabane, loin d’attrister Fimagination de ce-lui qui Fapproche, lui laisse Fimpression ilat-teuse de Fabondance, fiUe du travail et de Fin-dustrie. Cetle magnifique vallee est partageedans toute sa longueur par Flsere, dont onconteniple avec regret les eil’ets trop souventdesastreux, et dont on desirerait voir les eauxplus limpideS. De cliaquecote de cetle riviere,une grande route, garnie d’arbres magnifiques,se presente connne Fullee principale d’un im-mense jardin paysager , partout \arie , partoutembelli par l’industrie, le travail et la mainbieufaisante de la nature. Dire quelle sourcede richesse decoule chaque annee de cetleplaine, dire combien d’homnies cette heureuseterre nourrit, combien de faunlies y puisentleur existence ou les douceurs de la vie, seraits’exposer ä laire revoquer en doute la veriteelle-meme. Kien n’est comparable ä l’aspeetqu’offre la vallee de Gresivaudan, vue dusommet de la montagne du Sapey, siluee surlaroute de Grenoble a la Graiide-Ghartreuse; decet endroit eile presente un coup d’ceil d’autantplus ravissant, qu’il forme un parlait contrasteavec le pavs afi’reux, sauvage et solitaire quientoure cet ancien nionastere.—La culturedifl’ere daus les montagues autant que le climatet la qualite des terres. Dans la vallee, lechan-vre et la vigne occupent tous les bras; dans lesmontagues, on cultive principalement le seigle,Favoine, et un peu de lroment : les bceiifs sontpresque exclusivement emplo>esa cette culture;quelques pelits proprietaires se servent cepen-
dant de vaches ou de inulets, mais c’est le pluspelit nombre. Les parties des montagues qui nepeuvent etre cultivees se louent par les parti-culiers ou les communes qui eu sont proprie-taires aux bergers provencaux, ou servent depäture aux troupeaux de diflerents villages surle terriloire desquels eiles sont situees; mais,comme il serait trop dispendieux pour chacund’avoir un patre particulier, il s’en trouve quise chargent d’y couduire les besliaux pour unesonnne <jtii varie de 30 ä 30 Centimes par tetedemouton. Moyennant cette legere relribution,on est dispense des soins qu’exige le Iroupeau,pendant quatre mois qu’il reste saus descendredu paturage. Dans une assez grande partie deFOysans, les montagues sont trop rapides pourque Fon puisse cultiver ou recolter avec desaniiuaux ; tout s’y fait a bras d’hommes. Lesterres s’y piochenl ou s’y bedient; les engrais ysont portes sur le dos; enfin les recolles sontmises en tas, renfermees dans des draps, et ein-portees dans la grauge par les proprietaires etleur famille.
L’arrondissement de St-Marcellin presente,au nord, une vaste plaine connue sous iesnomsde plaiues de Bievres et de la C6te-St-Audre.Les terres en sont generaloment graveleuses etprivees d’eau courante; atissi toutes les prai-ries dont on fait usage y sont-elles des prairiesartilicielles; il est fort rare d’en trouver denaturelles, sice n’est quelques parties basses aupied des coteaux. Le centre est couvert de col-lines, dont toutes les somiuiles sont garnies debois ou de broussailles. Les coteaux, ainsi queles vallons, sont cullives avec soin; la pluparldes terres y sont de bonne qualite, et rapporleutdu froment. Une aulre partie de cet arrondis-sement est couverte de hautes montagues quijoignenl, d’un eote, celles de Sassenage, et del’aulre, celles de Vercors, et qui se prolongent,au sud, sur toute la rive gauche de Flsere :cette partie comprend une porlion consideryblede Fanden Rowmnais, et peut etre regardeeconnne la plus industrieuse. Kulm une quu-tricnie partie est connue sous le nom de valleede Tullins, qui n’eslautre chose que le prolon-gement de celle de Gresivaudan, a luquclleeile ne cede ni en fertilite ni eu beaute. L’as-pect que presente ce vaste bussiu est le plus pit-toresque que Fon puisse s’imaginer : la vue,bornee par une montagne dont la partie basseest extremement ferlile, se prolonge sur desmouceaux de neige presque loujours perma-nents. Au pied de ces montagues coule Flsere,divisee en plusieurs parties, lormant des ilesqui semblent dessinees par l’art piutot que parle cours naturel des eaux. Partout les terressont cultivees avec un soin particulier, et four-nissent au nioius deux recolles. Ou trouve danspresque tous lesfondsdes nuiriers, desnoyers,des vignes, du ehanvre, du hie ou du trefle,saus qu’aucune de ces plantes nuise a la qua-lite ou ä Fabondance des aulres.
La partie iueridionale de Farrondissement dela lour-du-Piu, connue sous le nom de Terresfroides, est entrecoupee de vallees elroites. Lapartie septcntrionale n’ollVe que des coteaux de
moyenne hauteur entremeles de petites plaines,quelqueldis liumides et niarecageuses. C’estdans cet arrondissement que se Irouvent leslacsde Paladru et de Lemps, et les vastes ma-rais de Bonrgoin.
L’nrromlissement de Vienne , le plus popu-leux et le plus etendu apres celui de Grenoble,olfre dans sa partie nord une vaste plaine arideet snhUmncuse , ou Fon cultive heaueuup deseigle. Le centre est couvert de colliues , dontles parties basses sont riches et bien cultivees,tandis que les sommets sont courounes de bois.Le midi presente une plaine extremement fer-tite, connue sous le nom de la Yaloire. Outrele grnin et le vin, on y recolte encore en abon-dnnee des laines , des huiles , et Fon s’y livreavec succes a Feducation des vers a soie.
Elevation des principales montagues avant
plus de 2,000 metres au-dessus du niveau
de la mer.
Metres.
Le grand Pelvoux. 3,934
Los trois-Elions.3,511
Le Golcon. 3,429
Le eol du Saix.3,344
La röche Granier. 3,000
Le pic de Belledonne.2,982
Le col superieur des Sept-Laux. . . 2,970
Le Taillefer. 2,861
Le perron des Encombres. 2,827
Le pic du col du Freney. 2,809
Le Chevalier. 2,664
Le glacier de la Jterarde.2,656
L’O, en Trieves. 2,628
La Kichardiere.2,352
Le grand Veymont.2,346
La Moucherolle.2,188
Le col de la Coehe. . . ..2,091
La Chame-Chaude.2,091
Le grand Son.2,030
Principaux Ueu.v habiles se trouvant äplusde 1,000 metres au-dessus du niveau de la
mer.
Metres.
Le Snppcy. 1,009
Le lY.rier.1,009
Venöse. ‘. 1,066
Articol, commune d’Allemonü. . . . 1,066
La (Iramle-Chart reuse. 1,210
Le Rivier, coiiinunie il’Allemond. . . 1,298
Monl-de-Lans. 1,298
Le Descrl, coimmme de ValjoulVrey. . 1,327
J.e Rivier, commune d’Ornon. ... 1,336
St-Cliristoplie-en-Oysans.1,363
La Herarde, eoinni. de St-Cln islopiic. 1,933Kxpl. de la mine d’argent d’Allemoud. 2,013
Cascatlcs, grottes et curiosites naturelles.Parmi les nonilireuses el helles eascades du de-parleiuenl de l’Isere , les plus eurieuses sontcelles du 1‘erier, du Maupas et du Rivier (cettoderuiere sur la commune d’Allemond) , cellede Craponot, sur la liniite des communes deRernin el de Grolles; la Risse, sur la communedu Villard-E) inond, et le Ricliou, sur la com-mune de la Eerriere , tombant d’une hauteurde plus de 195 m. Le Rreda , dans le cantou