LANDES (departement des).
LANDES (departement des). 293
LANDES (departement des).
paysage, qu’aiiimenl les freies nacelles des pe-cheurs. Tout ee qui contrilme ä la decorationd’tiu site heureux; toul ce que Timaginationpeut creer de plus gracieitx , se trouve reuni;et peut-etre oublierait-on que l’on parcourt leslandes, si un des cot es du cadre de ce tableaun’etait forme par les dunes qui s’etendent lelong de la mer sur une distance de 100 k. dunord au sud, sur une largeur de 8 k. de Test aTonest, et dont la hauleur varie de 35 ä 50 m.,avec une pente de 25 degres a peu pres du cötede la mer. Le versaut oppose oifre un talus de50 degres. La, un autre aspect, une autre na-ture, mais une monolonie plus allVeuse encoreque celle des landes, altendent le voyageur :tantot les dunes sont disposees eu chaines re-gulieres, tantot elles presentent des surfacesunies ; quelcpiefois elles sollt isolees el Sepa-rees par des vallons designes sous le nom deLettes. Lear forme varie coiUinuellement : elless’elevent, elles s’abaissent, s’eloignent, se rap-proehenl suivant le eapriee des vcnts qui lespoussenl dans la direclion de Test a Touest, etlern* font. parcourir cliaque anuee une distanced’environ 20 in.
Ün ouragan inet en mouvenient cette masseenorme de sable a laquelle rien ne resiste, etqui couvre les ehnmps les plus precieux, leslieux les plus peuples ; eile avance, et bientdion ne reconnait plus la place qu’occupaient leshabitations et les terrains cultives qu’aux Li’an-ches de (pielques pins jadis planlos devant laporte de cliaque maison, et dont la cime perceencore la surface du sol. C’est ainsi qu’a Mi-niizan Toglise, menacee par une dune de 40 m.d’elevatiou, allail disparailre , comrne Ta faitune porlion considerable du village, lorsqueTeiiseineucement en pins de cette montagne Tafixee a 2 in. environ de Tediüce. C’est ainsiqu’a Tautre extremile dos landes, a peu dedistance de Tembouchure de la Garonne, lallecheelancee du olocher de Soulac voif passcr,a travers les elegantes decoupures de ses croi-sees en ogive, les sables qui se sont amonceleset sur Tedi/ice dont eile laisail Tornemcnt etsur une ville desberitee de Souvenirs et de tra-ditions, mais dont Texistence esl re\eleepar letiiomum-nt d’une archilecture Irop riebe pouravoir appartenu a un simple village. Mainte-n ant, transformee en vigie, celte fleehe aver-Ht le navigaleur du danger qui Tattend sur uneplage ou les elements semblent combiuor leurst'Oorts pour se reudre funestes a Tbomme.Toutes t triste, tout est inort dans cette malbeureusecontree. A Texception de quelques oiseaux den, er qui planent a une grande distance, on n’yapereoit pas d’etres vivants. — Dcpuis 1787,011 a commence a fixer les dunes du gölte def*ascogne par des semis de pin maritime ; c’e.da la perseverance de Bremontier qu’est di'i lesuccös des premiers essais; ils ont prouve qu’a-vec des soins assidus on pouvail parvenir ä ar-r ^ter ces moutagnes mobiles qui menacent saus<*sse U; pays d’une double invasioii. Les sablesf s dunes, chasscs dans la plaine par les vents'»oleiUsdu nord-miest, en portant au loin las K‘nbte sur des terrains qui oflraieut aupa-
ravant des päturages de quelque valeur, oueu interceptant dans Ieur niarche les che-naux d’ecoulernent, produisent une submer-siou a laquelle aucune plante ne peut resis- \ter. Nous avons deja eite Texeniple du vil-lage du Vieux-Soulac, qui a disparu sous lessables, et que les malbeureux habitants ont eteforccs de reconstruire ä 4 kilom. eil arricredans Tinterieur des lerres. Les bourgs de Mi-mizan et de la Teste auraient subi le meinesort, saus les semis qui ont etc fails autour deces communes , rendues maintenant a lu plusentiere securite par ces abris protecteurs.
II existe dans les Landes deux classes de ma-rais designes sous le nom de niarais de premiercet de seconde classe ; les premiers sont situessur les deux rives de TAdour, au ils occupentune etendue considerable des meilleurs terrains.Partout ou Ton a teilte de les uliliser, on a vusucceder a Telat de malaise des habitants unaspect d’aisance et de sante, qu’ils n’auraientjaniais connues si Ton n’avait fait disparaitre leseaux donl la presence aneantissail a la fois et lapopulatioii et les productions qui devaieut lanourrir. Les marais dits de seeonde dasse nepresentent pas d’aussi grands avantages ; maisils exigent des avances beaiieoup moins 1‘ortes.Le sol iles Landes etant generalement eleve (larapidile des ruisseaux et la profundem* de leurlil le prouvent), il serait aussi simple que faciled’operer le desseebement des marais, au moyendu creusement de cpieU[ues canaux d’unemoyenne ete.ndue ; la rctraite des eaux laisse-rait alors a decouvert des terres enrichies de-puis plusieurs siecles par les debris de la Vege-tation et impatientes d’ecbapper a leur longuesteril ite.
Le grand territoire circonscrit entre les li-mites des departement* de Lol-et-Garonne etdu Gers, le cours de la Garonne et de la Gi-ronde iTun ebte, celui de TAdour de Tautre, etqu’on peut appeler fort justement le Delta desLandes, presente de grands piateaux dont cer-taines parlies, se relevant dans un sens opposea la pente generale, n’oll'reiit pendanl toute ou]>endant une gi ande partie de Tannee qu’un paysvoue a la subniersion, puisque les eaux, ifayantque peu ou poiut d’issue pour s’ecouler, ne peu-vent. en etre extraites que par Tevaporation.
On compte aussi dans les Landes environ800,000 hectares de terirs vaines et vagues,qui sont livrees a Ta))andon , et n’ollrent deculture qu’autour des sommites sur lesquellesont ete placces les habitations pour lTelre pasatteintes par les eaux. Au Heu des nonibreuxtj’oupeaux que ces landes pourraient nourrir,si elles etaient desseclices, on n’y rencQiitrequ’ime espece rare et cbetive qui ne subsisteque de quelques plantes ln*outees au milieu deslagunes oii les nialadies la deciment cbatpieaimce, et oü, dans les hivers rigoureux, lemanque de nourriture la fait perir presipie entotalile. Cet etat de cboses explique pourquoiles patres de ces deserts , alin d’ecliappcr auxinconvenienls de leur sejour au milieu des Ua-i[ues d’eaux croupissantes, sont oldiges de s’e-lever sur de liautes cehasses , d’oii ils suivent
leurs troupeaux dans Tepaisseur des genets etajoncs qu’ils ont a traverser ; pourquoi ce paysqui, s’il etait assaini, serait eminemment pro-pre a Teducation des aljeilles, oü ses habitantstrouveraieut une source de ricliesses , n’oifrecependant en cire et en miel que des produitsgrossiers et insigniliants ; pourquoi la rnce dechevaux des Landes, si renommes par leur so-briete et leur vigueur inlatigable, ne peut s’e-tendre et s’ameliorer sur nn sol voue a taut decauses d’improduction et d’msalubrite.
La superficie du departement est de 915,139
hectares, repartis ainsi :
Terres labourables. 168,044
Pres. 26,594
Yigues. 20,679
Bois. 226,645
Yergers, pepinicres et jardins. . . . 4,604
Oseraies, aunaies et saussaies. . . . 3,491
Ktangs , mares , canaux d’irrigation. 9,711
Landes et bruyeres. 392,113
Autres cultures. 2,762
Superficie des proprietes baties. . . 3,855
Contenance imposable. . . 858,498
Routes , chemins , places , nies, etc. 12,890
Rivieres , lacs et ruisseaux. 5,490
Forets et domaincs non productifs. . 38,087
Cimetieres, eglises, batimentspublics. 174
Contenance non imposable. . 56,641
On y compte .
45,721 maisons.
762 moulins ä eau et a vent.
31 forges et fourneaux.
351 faljriqueset manufactures.
soit: 46,865 proprietes baties.
Le nombre des jiroprietaires est de. 40,5-49
Celui des pareelles de. 655,775
Hydrographie. Le departement compte troisrivieres navigables : TAdour, dcpuis St-Sever;le Gave de Pau, depuis Peyreborade; et la Mi-douze, depuis Mont-de-Marsan. •— ()n evaluela longueur totale de la partie de leur cours li-vree ä la navigalion a 136,000 m. — Le depar-tement ne renierme la source d’aucune rivicreimportante. La Leyre, petit lleuve qui debou-clie dans TOcean par le bassin d’Arcachon, estseulement llottable sur une partie de son cours.Les autres rivieres flottables du departementsont: la Douze, le Midou, le Luy de Bearn, leLouts , le Bez et ln Bidouze. — Le liltoral duDepartement presente de vastes lagunes, queTon designe dans le pays sous le nom d’etangs.On en compte neuf prineipaux : ce sont lesetangs de Cazau, de Bisoarosse, de Pareiitis (ougrand etang de Biscarosse), de Mimizan(oud’Aureilban), de St-Julien, de Leon, de Sous-tons, de Tosse et d’Orx. Jls forment une ebainequi commence aux limites du departement,pres de la Teste- de-Bucb, etse prolonge sur unespace d’environ 125,000 m. jusqu’a Bayonne.— Plusieurs de ces etangs comniuniqueut en-senible : celui de Cazau avec celui de Parentis,au moven de Tetang de Biscarosse, et celui deParentis avec Tetang de Mimizan, parun canalnaturel qu’ou appelle lecoulantde Ste-Eulalie.