LORIENT.
LORIENT.
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ct a 12 k. de Coutances , cant. de St-Sauveur-Lendeiin, [3 de Mariguy. Pop. 1,510 h.—Foire le 18 juillet.
LOREY, vg. Meurthe (Lorraine)’, arr. et a22 k. de Luneville, cant. de Bayou , 3 deNeuviller-sur-Moselle. Pop. 428 h.
LORGES, vg. Loir-et-Cher (Orleanais), arr.et a 34 k. de Blois, cant. de Marciienoir, £3de Mer. Pop. 564 li. --- Foires les 24 fev., 11juin, 18 oct. et 6 dec.
LORG1ES, vg. Pas-de-Calats (Artois), arr.et ä 15 k. de Bethune, cant. de Laventie, 3de la Bassee. Pop. 1,397 h.
LORGUES , Leonas , Leonicte, jolie petiteville, Var (Provence), arr. et all k. de Dra-guignan, chef-1. de cant. Cure. Gite d’etape.iS. vor. A 853 k. de Paris pour la laxe des let-tres. Pop. 4,196 k. — Terrain du (rias, mus-chelkalk.
Lorgues est une ville assez Inen bätie , presde la rive gauche de PArgens, et traversee parla grande route d’Aix a Draguignan. On y re-marque une jolie eglise paroissiale , de cons-Iruction moderne.
Les armes de Lorgues sollt : d'argent dla fasce d’azur d trols Jleurs de lu d’or.
Fabriques de draps etd’huile d’olives. Mou-lins ä bie. Tanneries. Tuileries. Dislilleriesd’eau-de-vie. Carrieres de inarbre. — Foiresles 7 aout, 3 e vendredi de mars, 18 sept., 28oct., 4 et 28 dec.
LORIANI , vg. Corse, comm. de Gambia,de Corte.
LORIENT, Morbikan (Bretagne), grande etbelle ville maritime , chef-1. de sous-pref.(3 C arr.) et de deux cant., place deguerrede3 e classe. Prel’ecture maritime. Trib. de 1 1Cinst, et de comm. Chambre et bourse de com-merce. Ecole d’hydrographie de 2* classe. Col-lege communal. 2 eures. Gite d’ctape. Co-rnite d’agriculttire. Direction des douanes. 3.W. Pop. 23,C21 h. — Terrain cristallise ouprimitif.
Autrefois diocese et recetle de Yaimes ,parlement et intciidance de Keimes. Mairieloyale. Gouvernement parliculier.
Au eommencement du xviT' siede , Lorienln’elait qu’un village peu considerable qui tut.donne eil 1666 a la compagnie des Indes, doulles armements se laisaieut alors an Havre. Al’epoque ou M mn de Sevigne visita Lorieut, re'f etail encore qu’un enlrepol elabli jK)ur reee-V( >ir provisoirement les cargaisons qn’il avuilde impossible de transporter direclemeut, soilu Nantes , soil, au Havre , ou se laisaieut les'cntcs generales; mais deja les avantages duPort sur el 1’aeile qu’olVrait une baie profunde ,• Ul conllueiil de deux rivirres navigables ,ttvaienl ule trop bien appreeies par les di rer-teurs de la compagnie pour qu'ils ne s’empres-s assenl poinl d’eu profiter. Peu de temps apresh‘ voyage de la spirituelle marquise, ils se fi-»’^nt eoneeder une parcelle de la lande de Lo-*'ienl dVuviron 600 loises de longueur sur-50 de, largeur, den fixerem leslimitcs par lemur, cpi* separe encore lemur qu’ils voulaienldablir, de la ville a laquelle il a donm; nais-
sance. Les ouvriers qu’ils recruteient dans les Icampagnes , certains d’etre employes peudaulplusieurs annees ä un prix bien plus elevequ’ils ne trouvaient ailleurs, vinrent s’etablirsur le lerrain contigu au niurde clöture, y cons-truisircnt des ehaumieres , et devinrent ainsi,saus s’en douter, les fondateurs d’une des plusjolies villes du royaume. Kn 1708 , le nouveauvillage etail devenu assez considerable pourqu’il lut necessaire de l’eriger en paroisse. Dixans apres, la compagnie des Indes s’installa de-finitiv erneut dans le port, et ce fut alors qu’ellecrea ces vastes et nombreux etablissements quisubsislent encore; qu’elle eleva ces magasinsmagniliques, aujourd’hui abandounes, quoiqueenvies par les premieres villes eommercantesde l’Kurope. Le 7 juin 1738, Lorienl futcons-tilue en corps de ville. Sa populalion s’elevait:ä celte epoque ä 14,000 habitants, accourus detoutes les provinces, pourse iixer sur un pointqui, quaraiile ans auparavant, n’ollVait qu’unereunion de 200 mauceuvres. Eniin le 15 avril1744, la noiivclie eile oblint faulorisation des’enlourer de murailtes. Ces tbrlilicalions netarderent pas a lui elre uliles, car, en 1746, lesAnglais, eommandes par le general Saint-Clair,firent une descente dans la baie de Pouldu a8 k. de Lorieut, et s’avanccrenl vors la place ,dans i’espoir de la suipmidre. An lieu debrusquer un assaut qui prcbablement auraiteu poureux un favorable resultat., ils perdirentun temps precieux aformerun camp, a parle-menter et a lancer quelques projectiles quin’occasionncrent que de legers dommages. Onvoil encore aujomd’hui incruste dans la l'aeadede la ehnpelle des Congreganistes un buulet queTon conserve coinme im trophee de ce siege.Abandounes a eux-memes, et eflVaves des som-malions menaeantes de 1’eimemi, les habilantsetaient neanmoins disposes a se rendre, lors-que le comle de Tinteniac amena un secoursde quelques cenlaines d’hommes. Admis auconseil ou l’on trailait avee le parlementaireanglais , ce Jirave Breton deehira le projet decapilulation, repondit sur sa tele du salut de laville, s’empara de la garde des porles, et or-donna de battre la generale sur les remparls etdans tous les quartiers. J^es assiegeants, crai-gnanl d’elreattaques par des forcessuperieures,se rembarquerent avec une teile precipilation,qu’ils firent sanier leurs poudres, et abandon-nereut quatre canons et un moi lier , dout leroi fit present aux habitants de Lorienl. Poureonserver a jamais la memoire de eette heu-reuse delivrance, que les Lorientais atli’ibue-rent ä la protection de la sainte "Vierge, le corpsnmuieipal, dans sa gratilude, Vota une statued’argenl a son auguste liberatrice , et arretaqu’elle serait porlee en triomplie, rhaquc an-nee , dans une jirocession solenneile lixee aupremier dimanched’oelohre. Apres la mort ducapit9i» e Marion, devore par les naturels de laNouvelle-Zelande , la lanulle de cet inl'orlunöolitint Paulorisatiou de decorer de la croix deSainl-Louis, qu’il avail obteiiue, la meine efti-gie de Nolre-Dame-de-Victoire, qu’ou vit de-puis la porter en eeharpe jusqu’au moimai! «’ii
l’une et l’autre furenl englouties dans I’im-mense cveusel revoUuionnaire.
En 1763 , la ville coutinua ä s’embellir et äs’organiser; des ecriteaux indiijuerent le nomdes rues. En 1764, une ecole gratnite de dessiny fut creee.
Eu 1770, le gouvernement, ayant retire äla compagnie des Indes son privitege, se char-gea de la liquidation de ses aflaires, et prit pos-session du port, des vaisseaux, des magasins etde toutes ses proprietes. Le port de Lorienldevint alors un des quatre departements de f;tmarine royale. Mais ce ne fut qu’apres la ca-tastrophe financiere du prince de Rohan-Gue-mene que la ville lut atfranebie de la suzerai-nete de cc seigneur, inoyennant une soinme deonze millions, pour laquelle il ceda au roi sesdroits de mouvance. ’l rompee par les avanta-ges que semblail; lui promeltre la franchise deson port, eile crut compenser la perle du nio-nopole dont eile avait joui durant un demi-sieele, en obtenant cette nouvelle faveur. Apeine lui lut-olle accordee, que ses magasins nepurent suÜire pour recevoir tous les produilsde rindiistrie anglaise, dont eile ne put tireraucun parti, puisque l’expoi'tatiou dans l’iule-rieur lui en etail interdite, a moins de suppor-ter des droits dont ils etaient passibles eil so)--tant de ses mors. Elle reconuut alors combieneile s’otait abusee, et s’estima trop heunaise dece que le gouvernement voulut bien CGnsentira la dcbarrasser du fardeau qu’elle s’etait elle-meme impose par Timperitie de ses adminis-traleurs. Pour la consoler d’une bevue aussigrossiere, le ministre Calonne s’imagina aussifacilement qu’elle, et que plusieurs courtisansruines, qu’en retalilissant une nouvelle eom-paguie des indes Lorieut recouvrerait son an-cienne splendeur, et la Erauce sa jiivponde-rance sur la Peninsule et sur les bonls duGange. L’arret de celte resurrection trop tar-dive parul en 1785; mais on ne put trouverlesprincipaux actionuaires que parrni quelquesminislres et grands seigneurs, devenus com-manditaires d’une dou/.aine d’agents plus oumoins obscurs, et qui furent placcs a la tote di'radministration. La masse des premiers eapi-taux lut si modique, que, daus Timpossibilitede se procurer les vaisseaux necessaires pouri’exploitation d’im si grand commerce , on futobiige de traiter pour lour frei et lern* armc-ment avec un armatcur de Lorieut, qui bienlolne put lui-meme remplir ses obligations qu’itl’appui des arrels de stirseanoo qu’on lui doli—vrait anmiellement. i.a ‘»Vance ne possedanlplus dans finde que frois ou quatre comptoirsdisoreditcs, les agenls de la nouvelle associa-tion ne purent jamais Ini procurer pour sesretouis que !o reimt des Anglais. Ainsi vegetacelte compagnie, jusqu au moment oii tous lesPrivileges furent ä la leis aneantis. Il faut ce-pendant reeonnnitiv ([ue, pcndant son existeaceephemere , la ville l’eprit un aspcct florissaul.Sa pojHilation s’acemr d’uu einquienie. Beau-eouj) do riehes negnciaiUs vinrent s'y ötahlir ;de nouveiles nies sc formerenl coinme par en-Giantemeiit; une multitnde de baraques fu-