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MINERVE.
MINERVE.
MINEUVE.
point ä Merville, il ii’en est pas de meme äPegard d’Esterre. Car , etant en droile ligne deplus de 12,000 toises, la mesure itinerairepeut remplir ce que valent I I Heues gauloises,c’est-ä-dire 12,500 toises ou environ. Laconti-nuation de la meine voie par la Bassee, et pas-sant ä cöte de Lens, conduit ä Arras. L’indi-cation de l’Itineraire entre Minariacmn et Ne-metacum , qui est XVIII, parait convenable ,en ce que l’espace en droile ligne etant de21,000 toises, la mesure itineraire de 19 lieuesgauloises bien completes u’y njoute que 546toises. Quant a la Jistance de Minariacum äTournai, l’espacequi n’est que de 24 ä 25,000toises, n’admet point ce qu’indique l’Itinerairesur le pied de XXVII, et reduit necessairementceüe indication ä XXII. » D’Anville. Noticede rancienne Gaule , p. 461.
MINATICUM (lat. 50°, long. 22"). « CeHeu est place sur la route de Bagacum ä Du-rocortorum, ou de Bavai a Reims , dans 1’Iti-neraire d’Antonin, et pareillemenl dans laTable theodosienne , quoique le nom y soitetrangement ecrit Nintecasi. La dislance al’cgard de Nerbinum , partagee en deux dis-tances particulieres dans l’Itineraire , dont ilresulte 13 , est ugalement marquee XIII dansla Table , et eile convient a la position d’unHeu nomme Xizi-le-ConUe. Ce lieu conduit, ensuivant la ineme direclion de route, au passagede la riviere d’Aisne , entre Avaux et Neuf-cliätel, et ce passage est bien designe par le nomde Auxuenna dans la Table. La distanc.e ac-tue Ile peut s’estimer de 8 ä 9 lieues gauloises.La Table marque IX , et dans rindicalion del’Itineraire, qui est XVIII , le chillre qui faitdizaine doit etre supprime. C’est precisemenlpar cet endroit que la somme des distancesentre Bavai et Reims se reduit ä 53 au lieu de63 , conime on peut voir dans l’article Ver-binum. » D’Anville. Notice de l* ancienneGaule, p. 462.
MIXAUCOURT, vg. Marne (Champagne) ,arr. et ä 18 k. deSte-Menehould, cant. et ^deVille-sur-Touibe. Pop. 241 h. Sur la Tourbe.
MINDIN (fort) , vg. Loire-Inf., comm. deSt-Brevin, ES de Paimboeuf.
MINECOURT, vg. Marne (Champagne),arr. et ä 19 k. de Vitry-Ie-Francois , cant. et[gl d’Heiltz-le-Maurupt. Pop. 219 h.
MINERAIS(les\ vg. Jura, comm. deDam-pierre, CEJ de St-Wit.
MIXERAY (ie), vg. Bure, comm. delkmrth,£3 de Verneuil.
MINEROIS (les), vg. Attbe , comm. d’Aix-en-Olhe, d’Estissac.
MINEUVE , Minerva Castrum, villngetres-ancien, Hevault (Languedoc), arr., [§] eta 25 k. de St-Pons, cant. d’Olonzac. P- 395 h.
Dans le xn f siede Minerve possedail uuchätcau situe sur un roc cscarpe, environne deprecipices qui lui servaient de fosses et en tai-saient une des plus fortes piaces du royaurne.Le village etait separe du chäteau,dont il nereste plus que quelques ruines , par une largeet profunde conpure de roc; Tun et l’autre
etaient hätis dans une presqu’ile, sur un rochertres-escarpe, au confluent des rivieres de Brianet de Cesse, qui coulent entre deux murs deroehers. L’isthme tres-etroit de cettc presqu’ileetait defendu par une haute tourdonl un angleentier est debout. Les restes de cette tour, lesruines du ehäteau , la Situation agresle du vil-lage et le lit de la Cesse, qui s’esl IVaye un pas-sage dans le flaue des montagnes et dont onpeut suivre le cours sous une voute qui enquelques endroits a 40 m. d’elevation, ofTrentune suite de tubleaux sauvages et pittoresquesqui meritent de fixer 1’aUention.
Minerveetail autrelois la capitaled’un cantondont la population tout enliere fut massacree en1210 par les troupes de Simon de Montfort.Apres avoir pris d’assaut le ehäteau de Brom, ilchoisit entre ses habitants plus de cent malheu-reux auxquels il fit arracher les yeux et couperle nez , puis il les envoya dans cet elat sous laconduite d’un borgne au ehäteau de (Cabaret,afm d’annoncer ä la garnison qui occupait cetleforteresse le sort qui l’attcndait. Montfort vintensuite mettre le siege devant le ehäteau deMinerve , regarde alors comme une des plusfortes piaces des Gaules. Ce ehäteau apparte-nait ä Guiraud de Minerve, vassal des vicomtesdeCarcassonne, et l’uudes plus braves Cheva-liers de la province. L’armee des croises sepresenta devant Minerve au commencemeiit dejuin ; le legal Arnaud et le ehanoine Theodoses’y rendirent peu apres. Les habitants, parmilesquels il y en avait un grand nombre quiavaient embrnsse la reforme des albigeois, sedefendirent avec une grnnde \aleur pendantsept semaines; mais lorsque, en raison des cha-leurs de Tete , l’eau commenea ä maiiquerdans leurs citcrnes ils demanderent ä capitu-ler. Guiraud vint lui-nicme au camp des croi-scs un jour que le legal etait absent, et il dressaavec Simon de Montfort les conditions de lareddition de la place; mais, eoninie on allaitles mettre ä excculion , l’abbc Arnaud revintau camp, et Montfort declara aussitöt que rieiide ce dont ils etaient convenus ne pouvait etre| considere comme arrcte jusqu’ä ce que le legal! y eilt donne son approbation. « A ces mots, dit[ Pierre de Vaux-Cernay , l’abbe fut vivementi allligc. En efl'et il desirait que tous les ennemis! du Christ fussent livres ä la mort; mais il ne■ pouvait prendre sur lui de les y condanmer, äcause de sa qualite de moine ou de pretre.» Ilsongea cependant qu’il | ouvait faire naitrequelque querelle entre les deux negocinteurs,eu profitor pour faire rompre la capilulation ,
. et faire passer tous les hahitants au fil de l’e-
I 1 pce. Dans ce but il demanda que le comte deMontfort, d’une part, et Guiraud de Minerve,de l’aulre, missent par ecrit, sans le communi-(|uer, les conditions dont ils etaient convenus.i Comme Arnaud s’en etait Hatte , il se trouvai q^clquedillerence dans la redaction, et Mont-j lort en prolila aussitöt pour dcelarer au nomdu legal que la negociation etait rompue. Maisle seigneur de Minerve repondit ä l’inslanlque, quoiqu’il se crut sur de sa memoire, il ac-reptait la capitulation teile que Simon de
Montfort l’avail redigee. Un des articles decette capitulation portait que les herctiqueseux-memes, s’ils se convertissaient, pourraienlsorlir du ehäteau, et avoir la vie sauve. Lors-que la capitulation fut lue dans le conseil deguerre, « Robert de Mauvoisin , homme no-ble, dit le moine de Vaux-Cernay , et tout de-voue ä la foi catholique , s’eeria que les pcle-rins n’y consentiraient jamais; que ce n’etaitpas pour faire gräce aux herctiques, mais pourles faire perir qu’ils s’etaient croiscs ; maisl’abbc Arnaud lui repondit • « N’ayez point decrainte, car je crois qu’il y en aura bien peuqui se convertissent. » Le legat ne fut pastrompedanssa sanguinaire espcrance. Les croi-ses prirent possession du ehäteau de Minervele 22 1210; ils y enlrcrent en chanlant
le Te Deum et precedcs de la croix et des dra-peaux de Montfort. Les heretiques s’etaientcependant reunis , les hommes dans une mai-son, les lemmes dans une aulre ; et lä, resignesä leur sort, ä genoux , ils se preparaient pardes prieres au suppliee qui les attendail. L’abbeGui de Vaux-Cernay , pour accomplir la capi-tulation , se rendit aupres d’eux et commeneaä leur precher la foi catholique; mais ses au-ditcurs rinterrompent par un cii unaninie :« Nous ne voulons poinl de volrc löi, dirent-ils; nous avons renonee ä rh'glise romaine :vous travaillez en vain ; car ni la mort ni la viene nous feronl renonceraux opinions que nousavons embrassöes. )> L’nhbe de 'Vaux-Cernaypassa alors dans l’assemblee des femmes, et illes trouva tout aussi resofues et plus entiiou-siastes encore dans leurs deelarations. Le comtede Montfort enlra ä son tour aupres des uns etdes autres ; dejä il avait amoncele une pileefrrayante de bois sec : « Convcrtissez-voiis äla foi catholique, dit-il aux albigeois rassem-blcs, ou montez surce biicher. » Aucun ne selaissa ebranler; on mit le feu au bucher quicouvrait toute la place d’un vaste embrasement,et Ton y conduisit fes heretiques; mais onn’eul point besoin d’user de violencc pour les yjeter ; ils se precipiterent tous volontairementdans les Hammes au nombre de plus de centqiiarante, apres avoir reeoinmaiule leur äme äce Dieu pour Icquel ils souHVaienl le martyre.Trois femmes scufement, relcnues de force parla noble dame de Marly, merc. du sire Bon-
chard, furent sauvees des Hammes ; la terreuret rabattement nyant succcde ä leur fervetn*enlbousiaste , elles consentirent ä se con-vertir.
Les environs de Minerve sollt on ne peutplus pittoresques; les rives du Brian et de laCesse presetitent d’immenses escarpements.
Deux montagnes percees naturelfemenr, q«
’on
appelle Ponts naturels dans le jiays , et sousliisquelles on passe , sont dignes de l’attentiondu voyageur curicux. De Minerve on n estqu’ä trois quarts d’lieurede distancc de la bellegrotte de Minerve ou de la Coquille , situecdans une des enormes berges de la Cesse. Cd* egrotte est autanl remarqualile par son ctcndiifque par ses concrctions et par les amas i os
fossiles qu’on y a dccouverts reccmmenL