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ilONT-L’HERY.
MOXT-L’HERY.
MOXT-L’HERY.
lui la terre et le chäteau de Mont-le-Hery, eten jouit sous le regne de Henri I". Milou ditle Grand, sou lils, lui succeda et excita biendes troubles dans le royaume, ä cause de songrand pouvoir. Ce Milou eut quatre fxls, GuyTroussel, Thibaut la Bote, Milon, vicomte deTroyes, Rainaud, eveque de Troyes, et cinqfdles. Guy Troussel, devenu seigneur deMont-le-Hery apres la mort de Milon leGrand, fut ministre de Philippe I* r , ä qui ilcausa bien des inquietudes. Ce roi avait inuti-lement employe toules sortes d’artifices pours’cmparer de la redoutable forteresse; et, lors-qu’il y pensait le moins, eile fut remise entreses maius pour prix de son consentement aumariage de Philippe, comte de Manles, l’un deses fds, avec Elisabeth, fdle de Guy Trous-sel. Ce seigneur reout en echauge la terre deMeiun-sur-Yevre ; mais, apres la mort du roi,Milon, vicomte de Troyes, frere cadet de GuyTroussel, s’etant presente devant le chäteau deMont-le-Hery avec un grand nomin e de trou-pes, y renlra de force et en prit possession.La femme du seneclial de France, Guy deRocliefort, et sa fille, liancee au jeune Louisle Gros, etaient dans la tour. Le seneclial ae-courut ä la defense du chäteau; et, pendautque les soldats de Milon assiegeaient cettetour, il engagea les Garlandes, ses auxiliaires,ä se departir de l’entreprise , ce qui decou-ragea Milon, lequel fut oblige de se retirer.—Louis le (Jros, s’etant rendu tres-promptementau secours du seneclial, fut fäche de n’avoirpu se rendre maitre des factieux qu’il etaitdispose ä faire pendre; mais, pour empecherque les parents de Guy Troussel lie revinssentdesormais ä la Charge, il lit abattre les forlifi-cations et murailles du chäteau, ä la reserve•d’une parlie des bätiments et de la grosse tour,■qui est encore debout conime pour ältester lapuissance des anciens barons de Mont-le-Hery.— Un oncle de Troussel, Guy le Rouge, sei-gneur de Gournay et comte de Rochefort, avaitlongtemps joui de la faveur de Philippe I er ,donl il etait graud seneclial; ä son retour de laPalestiue, oii il s’etait distingue, il crut pou-voir liancer sa fille Luciaue au prince Louis.Les conditious du mariage furont agreees;mais le pape Paschal II l’aniiula sur la de-mande du prince. Le pere, indigne, se retira dela cour et nnit ses armes ä cclles de Thibaut,comte de Chartres, mecontent comme lui. Ilfut arrete par la mort dans ses projets de ven-geance; mais il laissait un lils capable de lespoursuivre et de les execuler. Hugues deCrecv porta le fer et la llamme dans tous lesdomaines du roi; plus cruel et plus intrepideque tous ses ancetres, il joignit ä la terreur deson nom la force de nombreux allies ; et Louis,desesperaut de le vaincre tant qu’il serait sibien secoude, recourut d’abord ä la ruse : ilmit en possession des ruiues de Mont-le-HeryMilon, cousin de Hugues, pour le detacher duparti de ce seigneur. Ainsi que nous en avonsfait mention ailleurs, Hugues s’empara de Mi-lon, le traina longtemps enchaine de chäteauxen chäteaux, l’etrangla de sa propre main, et
le jeta par la fenetre d’une tour, pour fairecroire qu’il s’etait tue lui-meme. Louis, s’etantsaisi du meurtrier, vouhit le forcer ä se justi—her par le duel, selon la coutume barbare deces temps. Hugues, qui se sentait coupable,n’osa s’exposer ä cette epreuve ; il implora laclemence du roi, lui remit sa terre, et pritl’habit de moine. Le roi devint ainsi maitreabsolu de la tour et de ce qui restait du chä-teau de Mont-le-Hery et de ses dependances.
Plusieurs rois de France ont reside au chä-teau de Mont-le-Hery. Louis le Jeune y donnaune charte en faveur de l’abbaye de Saint-Denis, en 1144, et Philippe Auguste, son fils,l’hahitait tres-souvent.
Au commencement du regne de saint Louis,les comtes de Champagne, de Bretagne et de laMarche, croyant l’occasiou favorable pour re-conquerir l’independance de leurs ancetres ,s’engagerent par serment ä ne recevoir aucunordre du roi tant qu’il serait en bas äge ; maisils cachercnt leurs intentions, et, ahn de s’em-parer de sa personne, ils l’inviterent ä se rendreä Vendöme, lui promettant hommage et satis-faction. Louis s’etant mis en marclie, appritque les rebelles faisaient secretement avancerdes troupes jusqu’ä Etampes et ä Corbeil afmde l’enlever; en ayant ete averti lorsqu’il etaitdejü ä Chätres, il se decida ä revenir sur sespas, et se retira au milieu des ruiues du chä-teau de Mont-le-Hery, oii il se cacha dans unSouterrain dont l’entree est ä quelques pas dela tour. La reine Blanche, avertie de ce danger,anima tellement les Parisiens, qu’ils vinrenten armes chercher le roi dans sa retraite ; et, lerenfermant dans le centre de leurs Bataillons ,ils le ramencrent ä Paris.
On a vu ci-dessus que la tour du chäteau deMont-le-lfery subsistait toujours. En 1192 et1193 le comte de Mainaut y fut renferme parordre de Philippe le Bel, conlre lequel il s’etaitrevoltc. Ce meme roi y fit aussi renfermer lefils aine de Robert, comte de Flandre, en 1311.
Mont-le-Hery fut pris et repris par les Ar-magnacs et les Bourguignons en 1417 et 1418.Mais l’epoque la plusmemorable de son bistoireest celle de la sanglaute bataille livree sous sesmurs en 1465. Louis XI, en montant sur letrone, deelara la guerre ä la feodalite, dansl’intention de fortifier l’autorite royale ou plu-töt de la rendre absohie. Il fit passer en desmaius obscures les dignites et les cliarges eon-ferees par son pere aux principaux Seigneurs,et montra ainsi son intention d’abaisser lesgrands pour opprimer le peuple saus leurs se-cours. Mccoutents et rebelles, les grands cons-pirerent secretement eontre lui, et formerentla ligue dite du bien public, titre speeieux quia servi de mot d’ordre ä bien des faclions. Leduc de Berry, frere du roi, leva l’etendard dela revoltc, aide des ducs de Bretagne, deBourbon et de plusieurs «utres princes. Lecomte de Charolais, fameux sous le nom deCharles le Temeraire, entra dans la conspira-tion et devint le veritaliie chef de la ligue sousle titre de lieulenant general du duc de Berry, jA la tete de 14,000 hommes il entre en Cham- :
pagne, et marche enseignes deployces, surParis, que protegeait l’armee du roi ; apress’etre empares du pont de St-Cloud, les Bour-guignons prireut position ä Longjumeau; leuravant-garde, commandee par le comte de St-Pol, occupa Moul-le-Hery, tandis que Louis XIvint Camper ä Chätres. L’armee des Seigneursmccoutents etait nombreuse, mais sans ordreni discipline. Celle du roi etait ä peu presaussi nombreuse et aussi mal disciplinee. Lesdeux armees en vinrent aux mains le 16 juillet,Sans que le roi ni le comte de Charolais eussentenvie de combattre; mais quelques troupes duroi qui arrivaient dejä dans Linas, ayant etcrepoussees par les Bourguignons, l’engagementdevint general, le carnage fut horrible, et laperte fut cousiderable des deux cötes. Le comtede Charolais, alteint de plusieurs coups pen-dant la melee, manqua trois fois d’etre tue ;enfin son courage fougueux decida la victoire;le comte du Maine et Jean de Rohan prirentla fuite avec 800 hommes d’armes, el.le roi seretira de nuil il Corbeil; les fuyards de l’armeeroyale courureul jusqu’ä Amboise. Toutefoiscette bataille fut plus sauglaute que dccisive:le comte de Charolais n’eul guere que l’avan-tage de resler maitre du champ de bataille,qu’il se preparait, dit-on, ä abaudonner, lors-qu’il apprit la retraite du roi. — Cette actioneut lieu dans la plaine, au nord de Mont-le-Hcry, oii se trouvenl deux cantons nommes en-core, l’un le Champ de bataille, et l’antre leCimetiere des Bourguignons.
Mont-le-Hery fut pris en 1562 par le princede Coude peudunt les guerres de religion;mais cotte ville rentra peu apres sous la domi-nation du roi.
Cette fameuse forteresse de Mont-le-Hery,l’elTroi des rois de France et des campagnes en-vironnantes, renommec par la tyrannie de sesseigneurs et par la force qu’elle devaitä l’artetä la nature, etait une chalellenie comprisedans la vicomte de Paris. Ln juridiction decette chätellenie s’etendait sur Cent paroisseset sur plus de Cent trenle-trois fiefs. Plusieursseigneurs lieffes etaient tenus de garder le chä-teau pendaut deux mois chaque annee. On lesqualifiait de Chevaliers de Mont-le-Hery. Pourarriver au chatean, dont la prineipale entreese trouvaitdu edle de la ville, il lallait ouvrireinq porlcs, monier par trois terrasses cleveesles unes nu-dessus des aulres, et franehircinq enceintes. Gliaque teiTasse etait soulenuepar des murailles, avait sa porte, ses murs, sestours, et 36 m. de longueur; chaque porteetait flanquee de tours rondes, munies de fosseset de ponts-levis. Dans ln premiere cnceirrte, laplus vaste de toules , et oh l’on voyait unecglise de St-Pierre, etait une porte qui don-nait entree ä la premiere terrasse, puis on mon-tait ä la secoude, enfin ä la troisieme. A cettehauleur se trouvait une porte fortifiee commeles precedelites, a laquelle etait »dossce um“eonstruction qui devart senir de corps degardc ou de logcmenl aux militaires ou Cheva-liers charges de garder In porte; eile etait tiesfortifioe, et s’ouvrait sur la plnle-for" 10 0,1 < s "